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Contrairement aux promesses du gouvernement, les profils ADN d'un million d'innocents britanniques ne seront pas effacés des fichiers policiers, selon le Daily Telegraph.

Grande Bretagne - fichiers génétiques innocents

Actuellement, en Angleterre et au Pays de Galles, les profils ADN des citoyens impliqués dans une enquête sont conservés par la police, indépendamment du fait qu'ils aient plus tard été condamnés ou innocentés. Résultat : 5 millions d'angliches sont fichés... dont un bon million aura finalement été disculpé. Mais c'est un détail.

La Grande-Bretagne, un "des régimes les plus oppressifs du monde" ?

En 2008, la Cour européenne des droits de l'homme avait déjà condamné (à l'unanimité) la Grande-Bretagne à ce sujet pour "atteinte disproportionnée au respect de la vie privée". Du coup, l'opposition britiche d'alors, menée par David Cameron, avait sauté sur l'occasion. En juin 2009, le futur premier ministre (élu en 2010) déclarait : "C'est une situation qui nous préoccuperait dans les régimes les plus oppressifs du monde, mais ça se passe ici et maintenant en Grande-Bretagne ... Et nous allons supprimer les enregistrements de personnes innocentes de la base de données génétique". On allait voir ce qu'on allait voir...

Où y a de la gêne (éthique), y a pas de plaisir...

Et on a vu : les prélèvements physiques des innocents ont bien été supprimés. Hourra ! Mais il y a comme un hic : comme l'a admis le ministre de l'Intérieur James Brokenshire, la police conservera les enregistrements informatiques, sous forme anonymisée, certes, mais le recoupement avec l'identité des individus reste possible. Voire probable. Toutefois, affirme le sinistre, une telle identification "constituerait une violation de la loi sur la protection des données personnelles, et ne serait pas acceptée comme preuve dans une enquête criminelle". Oïez, oïez, gentlemen : vous pouvez désormais laisser les portes de vos maisons grandes ouvertes, jour et nuit, car... la loi vous protège. C'est beau, la naïveté, tout de même...

Pourquoi tant d'ADN ?

Les associations de défense des libertés sont scandalisées. Daniel Hamilton, directeur de l'association Big Brother Watch, a déclaré: "C'est une volte-face honteuse de la part du gouvernement. Détruire des échantillons physiques d'ADN est totalement inutile si les enregistrements informatiques sont conservés". L'an dernier, Sir Alec Jeffreys, pionnier dans le domaine des empreintes génétiques, s'était inquiété du fait que la conservation du profil génétique d'innocents dans un fichier national provoquait d'importants stress, qui ont conduit au moins une personne à se suicider. Selon lui, les individus concernés ressentent une injuste "présomption de culpabilité" lorsqu'ils se retrouvent nez à nez avec un bobby, dans la rue.

Vers un fichage génétique généralisé ?

Le pas est franchi. On conserve les données génétiques des innocents sous couvert d'anonymat. Pour quelle justification ? Aucune, puisqu'on ne peut les utiliser... si ce n'est que la prochaine étape (à l'occasion d'un fait d'hiver horrible, au hasard) permettra la réutilisation légale de ces données. Nous y voilà, lentement, mais sûrement... D'ailleurs, les Emirats Arabes Unis ont déjà commencé : tout citoyen est désormais fiché dès la naissance. Certains Etats zuniens, aussi, s'y sont mis. Mais de façon un brin plus subtile : la base de données serait destinée à détecter d'éventuelles nouvelles anomalies génétiques, à mesure que la science avance. Puisqu'on vous dit que c'est pour votre bien. Souriez... vous êtes fichés.

"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux". Benjamin Franklin.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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