Baudouin Prot Commission finances Sénat bonus-malus traders leurre Quand Baudouin Prot flingue le bonus-malus des traders... baudoin prot flingue le bonus malus des traders 5595

A se taper la tête contre les murs. Mercredi dernier, devant quelques sénateurs incrédules, le président de la Fédération bancaire Baudouin Prot a totalement dézingué le système des bonus-malus des traders, triomphalement imposé par Nicolas Sarkozy pour dégonfler les scandales à répétition.

Baudoin Prot devant la Commission des finances du Sénat

Ça deviendrait presque une habitude. Le 3 février 2009 déjà, les dirigeants des six grandes banques françaises étaient auditionnés devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Nicolas Sarkozy se vantait alors d'avoir sauvé les banques françaises d'une faillite certaine. Interrogés sur ce plan de sauvetage, les argentiers avaient alors tenu un discours hallucinant, détruisant méthodiquement les uns après les autres les arguments du chef de l'Etat. L'outrage n'avait guère trouvé d'échos dans les médias...

Sarkozy tape du poing sur la table (basse)

Rebelote. Mercredi dernier, c'est devant la commission des Finances du Sénat que s'est produit Baudouin Prot, président de la Fédération bancaire française (FBF) et Directeur Général de BNP-Paribas (voir la vidéo). Quelques semaines plus tôt, sa banque était au coeur du scandale des bonus exorbitants des traders. Nicolas Sarkozy avait alors tapé du poing sur la table. On allait voir ce qu'on allait voir... Le chef de l'Etat venait d'imposer aux banques le système de bonus-malus étalé dans le temps et tenant compte des risques individuels pris par les traders, ainsi que leurs résultats réels à long terme. Une véritable révolution (même si le système existait déjà depuis 6 mois) !

Bonus-malus gagnant-gagnant

Les sénateurs ont voulu en savoir plus sur le système. Ils n'auront certainement pas été déçus. Finalement, si les bonus seront bien versés en deux ou trois fois (sur deux ou trois ans), "ce qui est versé la première année ne peut pas être repris" a déclaré Baudouin Prot, devant une assemblée médusée, qui reposera la question à plusieurs reprises. A chaque fois la même réponse : "ce serait extraordinairement complexe en droit du travail français d'aller reprendre du salaire". Exit le malus, donc... il ne s'agira que d'adapter le bonus aux performances du trader. Ce qui existe déjà, en fait.

Evaluation au doigt levé (hmmm...)

Et concernant les méthodes d'évaluation, qui devaient être individuelles, étalées dans le temps et fonction des risques ? Rien, nada, walou... "Nous n'avons aucunement les moyens de suivre sur trois ans les opérations individuelles d'un trader. C'est économiquement et comptablement totalement impossible" a affirmé Baudouin Prot, un brin nerveux. Interloqué, Jean Arthuis, président de la commission, insiste : Mais alors, "comment moduler la rémunération des traders sans suivre les contrats de chacun d'entre eux ?". Réponse sans appel : "La rémunération variable de chaque opérateur de marché est décidée par la hiérarchie en fonction des performances appréciées globalement. Ce n'est pas une formule mathématique". Traduction : les traders font ce qu'ils veulent, nous les rémunérons comme nous voulons, et bonjour chez vous.

Si on s'en doutait un peu, ça va mieux en le disant. Et dire que ce système des bonus-malus sera la principale mesure décidée au G20... ça laisse rêveur.

(Au passage, Baudouin Prot a aussi affirmé à plusieurs reprises que le volume des crédits accordés par les banques françaises était plus que satisfaisant, alors que l'Association française des sociétés financières parle d'une contraction "d'une ampleur historique", de -16 à -26%).

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Récupération de rémunération

"ce serait extraordinairement complexe en droit du travail français d'aller reprendre du salaire"

Je n'ai pas se sympathie particulière pour les traders et le monde de la banque (ni d'antipathie non plus d'ailleurs) et suis assez pour que les rémunérations soient réévaluées à l'aune de l'utilité du travail effectué. Ceci étant cette phrase prononcé fait tout de même réfléchir : créer un système permettant de reprendre de la rémunération à un employé créerait un précédent qui risuquerait, si l'on n'y prend garde, au fil de lois favorables aux employeurs plutôt qu'aux employés, de devenir une généralité.

Je ne suis pas persuadé qu'il faille déteriorer le droit du travail sous prétexte de frapper une profession aujourd'hui frappée d'opprobre

De toutes manières...

... Sarkozy a été un médiocre étudiant en droit, expliquant sans doute sa profonde nullité en droit du travail pour ne pas voir que ce qu'il propose est inapplicable: Reprendre ce qu'on a donné... et puis quoi encore?

A moins que ce ne soit un effet de manche voulu, tellement c'est gros cette fois: On a beau être convaincu de sa profonde inadéquation à sa fonction, là quand même, c'est assez gros pour se poser en

Encore un fois, pour lui comme pour bien d'autres, on peut dire que c'est l'armée qui aura su utiliser au mieux ses compétances: Un service de corvée de chiottes à Balard! Ce que ses histoires de tout à l'égout du Cap Nègre, pour plaire à belle maman, ne démentent pas.

Car il eu été possible d'encadrer les primes sur une base annuelle, en fonction de critères lié au travail accompli comme c'est déjà le cas partout. Il aurait suffit de forcer à faire prendre en compte les risques pris. Alors pourquoi ce bordel de plusieurs années au suivi impossible??

Surtout quand en droit du travail un manquement ne peut pas être retenu au delà 2 mois des faits... Ni aucune aggravation sur répétition au delà de 3 ans, cette durée, reprise par le nabot, résultant sans doute du souvenir imparfait de cet âne oubliant qu'il s'agissait en réalité de récidive! Pour un obsédé des récidivistes et autres peines planchers, c'est vraiment tâche.

"extraordinairement complexe en droit du travail"

Et une petite incitation à la modification du code du travail, glissé en passant,l'air de rien, drapé dans la défense de l'esprit des lois...Tartuffe !!!
Il faut déjà payer pour travailler, mais bientôt à nous des dettes potentielles avant même d'embaucher. C'est tout de même beau et téméraire la pensée responsable du banquiers de haut vol.