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Entre 500 et 1000 milliards de dollars évaporés. Etat, interventionnisme, nationalisation... dans le petit monde de l'ultralibéralisme, les gros mots d'hier deviennent les prières d'aujourd'hui. La crise financière est passée par là, et les apôtres du libéralisme lancent tous les jours d'humiliants SOS à l'ennemi de toujours... la puissance publique.

crise financière et économique mondiale

Première à ouvrir le bal l'été denier, Northern Rock. La banque de Newcastle reçut l'aide de la Banque d'Angleterre. Verdict : nationalisation... "temporaire" s'empresse-t-on de rajouter au pays de la liberté économique. Puis l'impensable ! Aux États-Unis, au coeur de l'église de la "concurrence libre et non faussée", sur l'autel de la cathédrale de la dérégulation, la FED décide de rattraper la 5ème banque d'investissement du pays par le col, avant qu'elle ne s'écrase définitivement. Bear Stearns survivra donc grâce à l'intervention de l'État américain, qui assure le temps de trouver un repreneur. Puis, Citigroup, UBS et Morgan Stanley sont recapitalisés en urgence par des fonds souverains d'État. Et aujourd'hui, Freddie Mac, Fannie Mae sont nationalisés. Merrill Lynch est rachetée in extremis et Lehman Brothers, Washington Mutual et AIG sont en état de quasi-faillite. Les plus grosses banques d'affaire et réassureurs, en somme... Allo, la FED ?

Avis de tempête sur le patronat "banques et assurances". Des mises en examen en série pour "gestion calamiteuse", "mise en danger de l'économie mondiale" et "non respect des règlements bancaires en matière d'emprunts hypothécaires"... ? Que nenni ! Entre 500 et 1000 milliards de dollars se seront évaporés en quelques mois, selon qu'on y ajoute les fonds publics, un minimum, des dizaines de milliers de personnes jetées à la rue, pour cause d'inconséquence économique de quelques centaines de hauts responsables de quelques banques et assurances peu regardantes. Mais au royaume du total-libéralisme, tout va bien. Aucune faute de gestion n'est à signaler... C'est la faute à la crise. Crise économique, crise financière, crise immobilière, appelez-la comme il vous plaira. Il ne s'agit que d'un aléa du sacro-saint Marché. Dont acte !

Qu'est-ce qu'une banque ?

C'est une société qui emprunte elle-même de l'argent pour le prêter, et, au passage, qui prend sa petite commission. Elle vous accueille avec le sourire pour recueillir votre argent, et s'empresse dès que la porte est fermée de le convertir en prêts de 10, 20 ou 30 ans pour votre voisin. Mais aujourd'hui, l'on découvre aussi que la banque spécule, qu'elle joue en bourse ou sur d'autres marchés l'argent du gentil client, qui pensait l'avoir déposé en toute sécurité dans un coffre-fort hermétique. Cette spéculation représente par exemple la moitié des bénéfices de la Société Générale. Pas négligeable ! Les banques seraient-elles aussi intrépides que des joueurs de casinos ? Non, bien sûr, car elles dominent le risque, elles maitrisent les aléas et se prémunissent contre les dangers. Mais finalement... à y regarder de plus près, si ! Les banques jouent à la roulette en investissant des marchés ultra risqués, comme les subprimes. Et lorsque la boule ne s'arrête pas sur leur couleur, elles perdent. Et comme d'autres banques, assurances, ou fonds d'investissement ont parié sur le fait que la première gagne... c'est tout ce petit monde financier qui s'écroule. Quand on perd au poker, on peut finir tout nu, on le sait d'avance. Mais les banques, elles, curieusement, ayant perdu leur dernière chaussette, il faudra leur offrir les vêtements des spectateurs, pour ne pas qu'elles prennent froid !

La (vraie) crise mondiale couve

Oubliez les déclarations couéiennes de Madame Lagaffe Lagarde, la sphère économique mondiale est atteinte d'une crise très grave. Car aujourd'hui, la sphère économique... n'existe plus, en tant que telle. Les Etats-Unis ne dépendent plus d'eux-mêmes. S'ils nationalisent en catastrophe, c'est aux dépends des finances publiques, et le déficit budgétaire américain (pour l'instant) augmente, qui profite... à la Chine, aujourd'hui possédant plus de 21% des réserves de change mondiales, et qui est ainsi devenue le premier créancier des États-Unis ! En un coup de dé, la Chine peut balayer la première économie mondiale. Pour l'instant, elle préfère venir s'immiscer discrètement dans le capital des plus grands groupes mondiaux, sans remous. Sans parler de la Russie ou de pays comme le Venezuela qui s'incrustent dans le petit jeu énergético-militaro-économique. L'eau dort... et l'on s'aperçoit que la finance est finalement l'affaire de tous, pas seulement de quelques spécialistes. Elle est un des outils modernes du partage du monde.

Et l'Europe, est-elle protégée ? C'est le credo actuel de la classe politico-économique du vieux continent, mais rien n'est moins sûr. Le montant des dépréciations d'actifs déclarés à ce jour est à peu de choses près du même ordre de grandeur des deux côtés de l'Atlantique. La crise se ressent jusque dans nos campagnes, dont les collectivités locales se sont laissé bercer par le doux chant du "crédit structuré"...

Avis de tempête libérale...

Le libéralisme nous a toujours bercé de saintes intentions et d'un équilibre tellement "naturel" qu'il était implacable. Le genre d'erreurs ou de fautes que l'on constate aujourd'hui devait se résorber "naturellement", le marché devait se réguler de lui-même, et l'État devait à tout prix rester en dehors de tout ça, pour ne pas déséquilibrer ce système infaillible. Alors pourquoi aujourd'hui, faut-il que les collectivités financent des entreprises privées cupides qui se sont elles-mêmes enfoncées, provocant la crise mondiale ? Ces sociétés qui, depuis trente ans, se gavent de bénéfices... et qui au premier couac, se retrouvent toutes nues ! Parce que l'équilibre mondial est en jeu, et c'est vrai ! Malheureusement... Faudrait-il encore le dire...

Cette crise est en plein développement, malgré les déclarations de Christine Lagarde (entre autres) qui annonçait pendant l'été 2007 que le plus dur était passé et qui remet ça aujourd'hui... Les dominos se retrouvent en équilibre instable. Aujourd'hui, c'est l'investissement qui trinque, et l'investissement étant le bras armé du capitalisme, c'est toute l'économie qui s'en ressentira. Pas de bras, pas de chocolat !

Dicton américain : 99% des banquiers donnent une mauvaise réputation à tous les autres

Lire aussi :
- L'État providence est mort, vive l'État Pénitence
- Un Tchernobyl financier, un nuage... Tout va bien, citoyens !
- Crise financière - Crise alimentaire : le cynisme comme philosophie officielle

 

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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"Aux États-Unis, au coeur

"Aux États-Unis, au coeur de l'église de la "concurrence libre et non faussée", sur l'autel de la cathédrale de la dérégulation..."

Alors là, je m'insurge! Les USA sont l'église de la libre concurrence... tant qu'ils gagnent!

Il n'y a qu'a voir le marché des ravitailleurs US gagné, forcément haut la main vu l'enjeu, par Airbus... et purement et simplement annulé depuis!

La "libre concurrence" a la mode amerlocque a parlé. Et pourtant Boeing n'a rien d'autre en magasin qu'un vieux machin mal adapté avec des problèmes de flutter de l'aile... dont la seule parade est de diminuer les vitesses opérationnelles, ce qui fait tousser tout militaire, même US pour qui la préférence nationale n'est pourtant pas un vain mot: Mais quand il devient urgent d'avoir un avion qui marche...

Pour le reste, un principe de base du capitalisme reste "privatisation des bénéfices, nationalisation des pertes"... Et la fameuse "main du marché" est plutôt un doigt tendu bien haut aux cochons de contribuable d'un jeune trouduc en Ferrari faisant profession de trader et qui sera bien content de trouver l'hopital public dans qq années, pour soigner ses problèmes d'ulcère ou cardiaques...

Excellent !

Excellent !