JO Chine déclarations hommes politiques JO en Chine : Au bal des hypocrites, la France est médaille d'or chine l imbroglio sportivo politico commercial ou le bal des hypocrites

Tout le monde est d'accord, les sportifs doivent faire du sport, les sociétés commerciales doivent faire du commerce et les hommes politiques doivent faire de la politique. Et tout le monde de répéter en choeur que les droits de l'homme en Chine sont une affaire uniquement politique. Le problème, c'est que les politiques ne sont pas au courant...

Les Jeux Olympiques en Chine, une grande leçon de diplomatie...

Les sportifs ne sont pour rien dans cette affaire de droits de l'Homme, ils font du sport, un point c'est tout. Les sociétés commerciales n'y sont pour rien non plus, elles font du commerce, elles produisent ou vendent en Chine. Tout le monde en convient, les droits de l'Homme en Chine sont une affaire purement politique, qui ne doit pas rejaillir sur les intérêts économiques et commerciaux français. Alors tout le monde se tourne vers les hommes politiques. Mais les hommes politiques repoussent le problème, arguant du fait que brusquer les Chinois n'apportera rien, alors personne ne fait rien.

Pourtant, les déclarations étaient belles...

Jeux Olympiques 2008

sarkozy JO Chine "Ne pas sacrifier l'homme à la mondialisation (...) La mondialisation ne peut en aucune manière justifier que l’homme et l'environnement soient sacrifiés aux intérêts de l’économie et du commerce (...) Il ne peut pas y avoir de libéralisation des échanges avec des pays qui ne respectent pas des conditions minimales de dignité des salariés". Cette "devise" est toujours écrite noir sur sur blanc dans le programme présidentiel du candidat Sarkozy.

Kouchner JO Chine Bernard Kouchner a fait bien pire, lui, qui critiquait la classe politique qui ne bouge pas face au drame de la "purification ethnique" en référence à la situation au Tibet, qui parlait de "devoir et de droit d'ingérence", et qui concluait "le Tibet meurt de nos silences".

jacques Rogge JO Chine Jacques Rogge, président du CIO, déclarait en 2002 au sujet des Jeux Olympiques, "si les droits de l'homme en Chine ne s'améliorent pas, alors nous agirons..."

La Realpolitik a pris le dessus

Aujourd'hui, que se passe-t-il ? Nicolas Sarkozy est suspendu aux 20 milliards d'euros de contrats dont l'encre des signatures n'est toujours pas sèche et qu'un simple coup de chiffon suffirait à effacer. Alors il se contente, pour seule déclaration, de demander à la Chine de "continuer à progresser vers l'Etat de Droit". Bernard Kouchner avoue clairement que l'économie passe avant les droits de l'Homme et Rama Yade refuse de qualifier la Chine de dictature.

Plus tard, après le trajet mouvementé de la flamme olympique, la Chine rappelle tout le monde à l'ordre, et tout le monde s'écrase... La France sort la "diplomatie CAC 40". Une tripotée de grands patrons sont envoyés là-bas en urgence pour arrondir les angles. Mais Raffarin aussi... qui annonce glorieusement que "la Chine a quitté la route de la dictature", et qui critique la seule action politique, la nomination du Dalaï Lama en tant que citoyen d'honneur de la ville de Paris, en la qualifiant de "très grave erreur politique".

Quelques sportifs décident d'arborer un badge "pour un monde meilleur" ? C'est le Comité Olympique qui l'interdit et qui demande, dans la foulée, aux puissances occidentales de "cesser de harceler la Chine sur les Droits de l'Homme à l'approche des jeux Olympiques de Pekin" par la voix de Jacques Rogge. Et tant pis si au moment du choix de Pékin, tout le monde se bousculait pour annoncer que les Jeux Olympiques seraient une chance pour les Chinois de gravir les échelons de l'Etat de Droit.

Solution : il ne faut rien dire, absolument rien, à part encenser le régime, quitte à s'asseoir sur les rapports effrayants d'Amnesty International. Ne rien dire. Laisser faire, sinon les Chinois se vexent, c'est contreproductif. Continuer de faire tourner les usines qui emploient des jeunes enfants dans des conditions indignes... Soit ! Si c'est la seule solution, croyons en nos élites... mais alors pourquoi y a-t-il aujourd'hui un blocus contre Cuba, ils ne se vexent pas les cubains ? Pourquoi avoir tenu un blocus de plusieurs années contre l'Irak, qui a fait presque un million de morts... ? N'y aurait-il pas, pour paraphraser Nicolas Sarkozy, "deux poids, deux mesures"... ?

Être à cheval sur ses principes ne veut pas dire s'asseoir dessus. Les mots ont un sens.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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