Critiques Rachida Dati Congrès USM Clermont-Ferrand Les magistrats "écoeurés" dénoncent la "lâcheté" et le "mépris" de Rachida Dati congres usm les magistrats ecoeures denoncent la lachete et le mepris de rachida dati 20081014

Une tempête sous les robes... du côté de l'Union Syndicale des Magistrats (USM), réunie en congrès annuel vendredi à Clermont-Ferrand, rien ne va plus. La Garde des Sceaux ayant séché le rendez-vous, c'est le secrétaire général de la chancellerie, Gilbert Azibert, qui s'est pris un vent, plus proche du typhon que de la bise...

Rachida Dati congrès USM

Rachida Dati ne s'est donc pas rendue au congrès de l'Union Syndicale des Magistrats organisé vendredi dernier à Clermont-Ferrand. Elle s'est désisté à la toute dernière minute, sans autre justification qu'un "agenda particulièrement chargé". Un Garde des Sceaux qui snobe le congrès annuel du syndicat majoritaire (62%) de la profession est une première, de mémoire de magistrat. "Un geste de mépris et comme une fuite pour ne pas répondre aux questions", selon le président de l'USM, Bruno Thouzellier. Un "signe de grande lâcheté" pour le secrétaire général de l'USM, Laurent Bedouet. Ambiance...

Le ministère de la Justif'

Quelques mois après la mise en musique de la carte judiciaire et son lot de contestations, ce congrès survenait aussi deux jours après la publication d'un rapport du Conseil de l'Europe, épinglant la mauvaise santé du système judiciaire français. Dans une vaste étude visant à mesurer l'efficacité des systèmes judiciaires des pays européens, l'institution fait apparaitre que la France se situe au 35ème rang sur 43, allouant 0,19% de son PIB à la justice. Et dans beaucoup de domaines, la France est à la traine, ce qui a amené l'USM à intituler son congrès "justice pauvre... pauvre justice". "Il est difficile de comparer des systèmes judiciaires totalement différents", s'est justifié le ministère de la justif'.

Au-delà de ça, les magistrats se plaignent régulièrement du manque de lisibilité de l'actuelle politique judiciaire et d'une politique de réaction "au coup par coup". "Nous sommes coincés entre des injonctions contradictoires : on nous demande d'être répressifs. Et on demande aux juges d'application des peines de faire sortir les prisonniers", explique Nicolas Léger, magistrat à Rennes, qui a ensuite apostrophé Gilbert Azibert : "Vous avez devant vous des serviteurs de l'Etat qui sont écoeurés par le mépris et la défiance. Jamais la situation n'a été aussi dégradée". Une juge des enfants de Châteauroux demande : "quelle loi dois-je violer pour faire mon travail ?", arguant que les faibles moyens alloués à son tribunal l'empêchent de respecter les procédures. Les témoignages se succèdent à la barre...

Des magistrats en kilt...

Les magistrats n'avaient pas besoin de tout cela pour éprouver du ressentiment. Depuis quelques mois, ils se sentent acculés, accusés, en permanence. Un exemple, un seul... Dans un contexte de surpopulation carcérale généralisée, environ 90 détenus se sont suicidés depuis début 2008, sans aucune réaction, ou presque, de la part du ministère de la Justice. La semaine dernière, les médias se sont échauffés après une série de suicides d'adolescents, et Rachida Dati a dû intervenir en urgence... elle a ordonné une "enquête" sur la mise à exécution d'une décision judiciaire, "enquêtée" elle aussi. Et qu'importe que le magistrat ayant jugé l'affaire avait suivi les réquisitions du parquet, donc du ministère... Qu'importe ? Puisque de toutes façons, la ministre a publié un décret à la hâte, imposant avant toute incarcération de mineur sa présentation devant un magistrat du parquet, avant même que le résultat de ces "enquêtes" soient connues... Et qu'importe que le taux de surpopulation carcérale batte record après record ? La faute aux magistrats...

Et les girouettes s'affolent.

"On ne sait plus à quoi se vouer. On reproche à un collègue de faire son travail, en faisant exécuter la décision. Le plus souvent on fait le reproche inverse. Quoique l'on fasse, c'est mal", explique François Thévenot, vice-procureur à Lyon. "Le problème avec Madame Dati, c'est qu'elle fait de la présomption de culpabilité des magistrats", se plaint Pierre-Yves Calais, vice procureur et secrétaire de la section de l'USM au TGI de Paris. "Il y a d'abord eu la loi sur les peines plancher, qui, comme nous l'avions prédit, a rempli les prisons, et aujourd'hui un projet de loi pénitentiaire dont le but est de les vider", relève la vice présidente d'un tribunal de grande instance. "Des prévenus vont donc se voir condamnés à des peines plus lourdes qu'avant pour finalement partir directement en aménagement de peine, sans faire de prison" déplore-t-elle.

Mais comme Gala.fr le fait si justement remarquer, "gageons que la future maman préfère aujourd’hui à la virulence des échanges, l’assurance des louanges et la perspective des langes"… Bonne chance ma maman...

(Sources : lemonde.fr, maitre-eolas.fr, lemonde.fr, lemonde.fr, france3.fr, usm2000.free.fr, coe.int, afp.google.com)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Crépage d'hermine...

... ne fait pas avançer les choses. Et la profession, ou l'erreur à charge ne devrait quasiment pas exister, s'est tout de même bien fait remarquer ces derniers mois: Depuis Outreau, les nouvelles de gens envoyés en taule de manière pour le moins légère se multiplient et n'ont rien à voir avec l'ère Dati, certes detestable.

Alors je n'aime pas non plus la ministre, mais il ne faut pas que ça empêche la profession de se remettre en cause en mettant trop l'accent sur un alibi qu'elle refuse trop souvent a ceux qu'elle écrase injustement.

A bon entendeur...

sauf que

Si la profession doit se remettre en cause, elle, Dati, encore plus. Et commencer par honorer ce type de rendez-vous. L'attitude de cette femme est indigne.

Certes...

Mais l'accent était mis sur la politique du plus de taule... et la justice n'a pas attendu que Rachida soit là pour y envoyer des gens de manière pour le moins légère, bien plus légère même que ce qui résulte des peines plancher. Quand on voit, encore récemment, un type sorti de taule après des années car on lui avait arraché des "aveux" en garde à vue, sur lesquels il était revenu sans parvenir à se faire entendre... grace aux aveux du véritable meurtrier qui semble s'en être plus voulu que le juge qui a commis l'erreur!

Qu'en plus ce type ne sorte pas de taule immédiatement à cause d'une altercation avec un gardien qui n'aurait jamais du pouvoir survenir si le type avait été écouté!!! Vraiment, la justice n'a pas eu besoin de Dati pour se ridiculiser avec des condamnations olé-olé... et, pire encore, reconnaitre ses erreurs semble vraiment si optionnel pour la justice qu'on la voit mal en tirer les enseignements nécéssaires.

Comment dès lors s'étonner que les politiques encadrent de plus en plus leurs décisions quand on les voit se poser si peu de questions pour condamner, parfois très lourdement, des gens qui n'ont jamais rien eu à se reprocher... et laisser libre des récidivistes sur lesquels les erreurs sont tout de même moins probables?

JUSTICE de CLASSE

La justice de mon pays est une justice de classe.

Si vous pouvez payer : de bons avocats, des détectives, des huissiers... Faire durer les procédures, aller d'appel en cassation... Alors vous ne risquez pas grand chose.
Si en plus vous êtes francs-maçon alors là c'est l'impunité garantie.
Par contre, si vous n'avez pas les moyens financiers de payer tous ces individus, alors là vous allez en prendre plein la tête.

Pour une fois que cette caste subit un revers de fortune, je ne vais pas pleurer sur son sort !

Une caste ? Un revers de

Une caste ? Un revers de fortune??

Jusqu'aux dernières nouvelles, cette profession est ouverte à tous...

Notre système judiciaire, sans être le pire, n'est certainement pas parfait: il est vrai que l'argent aide beaucoup, et il y a des erreurs...
Certes, certes.
Mais est-ce que tu te rends vraiment compte de quel genre de "revers de fortune" il s'agit? Il ne s'agit d'une baisse de leur salaire, pas plus qu'un allongement de durée de travail ou un changement de leur condition de boulot. Les problèmes sont de savoir qui mettre en prison ou non, et d'éviter que les conditions de vie les poussent à se suicider. Et un paquet d'autres détails du genre.
Alors, si on ne décide pas d'éluder les problèmes en partant du principe que "Y z'avaient qu'à pas être méchants, ils seraient pas en prison" (d'autant plus en prenant en compte les erreurs judiciaires), on est obligé de considérer que ce "revers de fortune" n'est pas celui d'une caste, mais celui de notre société.

Laissez moi douter de l'efficacité du silence de Mme Dati contre les erreurs judiciaires.

"Comment dès lors s'étonner que les politiques encadrent de plus en plus leurs décisions quand on les voit se poser si peu de questions [...]"
Venir discuter au congrès, n'était-ce pas une bonne manière "d'encadrer"?

La justice, c'est pas comme la télé: il suffit pas de taper dessus pour que ça marche. L'attitude actuelle des politiques ne va pas (et n'a pas pour but de) diminuer les erreurs ou l'importance de la richesse ou les corruptions...

K.