Lundi noir 10 milliards banques 5 milliards collectivités locales villes départements Lundi à quinze milliards, mardi dans le brouillard crise financiere lundi noir a quinze milliards mardi dans le brouillard 20081021

10 milliards pour les banques, 5 milliards pour les collectivités locales, la démission en bloc de la direction de la Caisse d'Epargne, un budget 2009 pipé et un 21 octobre à haut risque... Mais la planète économico-financière tourne toujours et on se laisse même aller à penser que tout va bien, du côté de certains hauts responsables financiers. Mais alors... pourquoi tout ce ramdam si tout va bien ?

Crise financière brouillard collectivités locales

5 milliards pour les collectivités locales

C'est Fillon qui s'est chargé d'annoncer la nouvelle. 5 milliards d'euros seront affectés au financement des collectivités locales. La moitié sera octroyée par des prêts de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), l'autre moitié par les banques. Les collectivités locales sont en très grande difficulté, à l'image de la Seine-Saint-Denis, dont le président PS du Conseil général, Claude Bartolone, vient d'annoncer que la dette de son département est constituée à 97% d'emprunts qu'il estime "toxiques" ! Les collectivités sont un maillon essentiel de l'économie, puisqu'elles assurent 75% de l'investissement public du pays. Si la machine tombe en panne, la France est potentiellement en banqueroute. Inutile de préciser que les spécialistes ne sont pas de cet avis...

10,5 milliards d'euros pour les banques

Piochés dans la cagnotte de "recapitalisation" de 40 milliards, l'Etat fait un premier geste,. Christine Lagarde a en effet annoncé que 10,5 milliards d'euros seront affectés à très court terme à un prêt destiné à six banques : le Crédit Agricole (3 milliards), BNP Paribas (2,55 milliards), la Société Générale (1,7 milliard), le Crédit Mutuel (1,2 milliard), les Caisses d'Epargne (1,1 milliard) et les Banques Populaires (950 millions d'euros). Concrètement, les banques vont émettre des titres que l'Etat s'engage à acheter, moyennant rétribution selon un taux d'intérêt négocié, ou à négocier. L'Etat ne deviendra donc pas actionnaire de ces banques.

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a souligné que ces six banques n'avaient "absolument pas besoin de fonds propres" ni "d'être recapitalisées". Les "six principaux groupes bancaires concernés par cette injection de liquidités dans leur capital présentent actuellement un niveau de fonds propres tout à fait satisfaisant", a-t-il insisté lors de la conférence de presse. Il y a deux semaines, le Boss du Crédit Agricole déclarait que "le système financier français est un système financier stable, qui a une solvabilité très confortable". Ce qui soulève deux problèmes : le pactole de 40 milliards était destiné à la recapitalisation, il ne s'agit plus maintenant que de "fluidifier" les relations économiques, selon une expression désormais célèbre. D'autre part, comment expliquer que l'Etat prête 10 milliards à des banques qui n'en ont pas besoin ? "Ce n'est pas un cadeau", avait tenu a précisé Nicolas Sarkozy, reste donc à savoir ce que c'est !

Démissions artistiques à l'Ecureuil

En démissionnant de la présidence du directoire de la Caisse d'Epargne, Charles Milhaud a fait dans l'émotion : il a annoncé qu'il renonçait à son indemnité de départ. "Je ne demande aucune indemnité", a-t-il déclaré. Et il ajoute: "Ceux qui me connaissent savent aussi que je ne suis pas un homme d'argent". Pour quelqu'un qui a vu son salaire multiplié par trois en 5 ans...

Un budget 2009 sous pression

Les socialistes s'en sont donné à coeur joie, à l'assemblée, lors du débat sur le budget 2009 calculé sur une base de croissance très contestée de 1%. Il faut dire que les choses sont loin d'être claires. Au moment où les députés se déchiraient sur ce "1% gouvernemental", que l'opposition juge totalement irréaliste, Christine Lagarde annonçait qu'il est "très probable que la croissance en 2009 n'atteigne pas 1%". Et son collègue Eric Woerth, ministre du budget, estimait que "si nous révisons la croissance, le déficit sera plus élevé". Donc, le budget est irréaliste, mais on ne peut pas faire mieux, sinon, ça commencerait à se voir. En termes techniques, cela s'appelle un budget "insincère"... Et ce n'est guère rassurant pour la suite !

Notons, pour en finir avec ce lundi, l'analyse de Paul Jorion, qui nous annonce qu'aujourd'hui, 21 octobre, doit avoir lieu le règlement des sommes dues sur les contrats d'assurances (CDS) couvrant la perte de valeur des obligations émises par la défunte banque Lehman. La réplique sismique du premier tremblement de terre...

Il y a décidément des jours où il vaut mieux rester coucher...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Oui mais ...

Une précision de taille sur le paulson à la francaise .

Le Ministre a déclaré que le financement de secours des banques est prêté au taux du marché par l'état .
Point de nationalisation ou d'entrée dans le capital, juste un prêt.

Pour les moins endormis, cela signifie que les banques prêteront ces fonds à des taux supérieurs au prix du marché !
C'est évident que les banques ne feront pas cadeau de leurs frais de fonctionnement et d'attribution de crédit .

L'argent en question leur étant prêté par l'état, ils ne le distribueront pas mieux ni plus facilement qu'avant ce providentiel apport de liquidités .
Ils prêterons même à taux plus élevé que celui du marché !

Il faut sauver les banques oui, mais appelons un chat un chat : Inutile de dire que ce plan de sauvetage des banques sauvera les PME-PMI qui n'arrivent plus à trouver de quoi survivre .

Si le gouvernement ne fais rien pour les PME-PMI en dehors du système bancaire privé, nous allons voir énormément d'entreprises mettre les clés sous la porte .
Chômage, récession, baisse de la consommation, perte de financement des caisses des collectivités locales (décentralisation).

L'économie d'un pays ce ne sont pas uniquement les banques!

Si les collectivités locales sont encore dans un pire état qu'actuellement, nous pouvons nous attendre à ce que les mesures démagogiques et sympa telles que le RSA ne pourront pas s'appliquer .
(déjà à la base le RSA étant prélevé sur un budget régional n'aurait pas été pour tout le monde en fin d'exercice fiscal annuel ! égalité ? Pour les premiers servis uniquement !)

Le bouclier fiscal aura amputé des revenus à l'état sans apporter de pouvoir d'achat .

hold up international

rigolons sur la crise!!
Je vous conseille ce blog!!
Un trader tout jeune qui vous explique comment en tant de crise on peut se faire du ble.. tout ca en video et tres marrant!!!

Just having fun!!

http://warrantmarrant.blog.capital.fr/
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600 millions de pertes = 6 milliards d'engagement

Au sujet de la perte des caisses d'épargne.
D’après les Echos « On ne connaît pas la taille nominale de la position, mais elle était sans doute au moins dix fois supérieure »
soit 600 m € * 10 = 6 M €. Je l’estime plutôt à 3 ou 4 M €, bien que le Canard Enchainé ait indiqué « un trou » de 6.5 M € ce qui devait correspondre peu ou prou à l’engagement...

D’après le Nouvel Obs, la Société Générale et BNP Paribas en ont tiré profit, BNP annonçant 4 à 5 millions d'euros de profit (Kerviel doit bien rigoler) soit entre 8 et 10 millions d'euros au total pour les deux.

On a donc un gain de 10 m € pour une perte de 600 m €, soit un rendement hebdomadaire de 1.67% ce qui donne un rendement annuel de 86% environ.

DONC la CNCE a été engagé à hauteur de 6 M € maximum (soir 1/3 des fonds propres Tiers 1) auprès de deux contreparties et, par voie de conséquences, chacune de ces contreparties étant engagée à hauteur de 3 M € maximum sur CNCE.

On peut donc voire que deux grandes banques Françaises se portent contreparties d’opérations dont le nominal représente 15% des fonds propres Tiers one de la caisse d'épargne.

Même divisant tous les chiffres par 2, on reste dans de très gros engagements.

Mais comme le dit Hervé Catteau (DGD et responsable du contrôle chez Global Equities, broker très souvent consulté pour son professionnalisme) : Si les traders impliqués ont vraisemblablement dépassé les limites autorisées, plusieurs spécialistes se demandent comment personne ne s'est rendu compte du danger plus tôt. «  La rapidité des mouvements de marché fait que, dans certains cas, on n'a pas forcément le temps de vérifier l'ensemble des engagements au cours de la journée ».

Sauf que les faits se sont déroulés sur une semaine....

...

Très intéressant... Merci

On est cernés par des Kerviel, tout partout... Arghh...