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Et une bonne réforme, une ! Réduire la pauvreté, quelques semaines après que l'INSEE ait découvert presque par hasard qu'elle était sous-estimée depuis toujours. Bonne initiative, on ne saurait dire mieux. Mais à y regarder de plus près, il semble qu'il y ait comme un problème... Décryptage.

pauvreté en france rsa

Le RSA comme réforme providentielle

Tout le monde s'accorde à le dire, c'est une bonne réforme qui réduira la pauvreté. Et ce que le commun des mortels en retient, c'est qu'un citoyen ne pourra plus, en se mettant à travailler, gagner moins que quand il se tournait les pouces. Autre info : cette réforme sera financée par un impôt sur les revenus du patrimoine. Il faudra néanmoins des mois voire des années, au rythme actuel de réflexion, pour se rendre compte que le problème est un peu plus complexe, et que le plat qu'on nous sert, un poil trop épicé.

13 milliards d'euros seront nécessaires en année pleine, selon le Haut commissariat aux solidarités actives contre la pauvreté. Le RSA sera financé à 90% par des prestations existantes, qu'il englobera désormais : RMI, prime pour l'emploi (PPE), allocation parent isolé (API)... Reste donc environ 1.5 milliard à trouver, et c'est là que la nouvelle taxe sur les revenus du patrimoine entre en scène. Même si les revenus des plus riches en seront exemptés, bouclier fiscal oblige, pourquoi pas. Il n'empêche que tout n'est pas aussi clair. Aucune étude n'impact ne sera menée avant le vote de la loi, c'est maintenant une habitude. Et tant pis si la loi l'y oblige, depuis quand un gouvernement devrait-il observer la loi ?

Réductions subtiles

 Premièrement. Éparpillées au milieu d'annonces tonitruantes, quelques annonces ne manquent pas de provoquer quelques sueurs froides aux travailleurs sociaux... Baisse de la prime pour l'emploi, qui ne sera plus indexée sur l'inflation. Réduction du plafond des ressources pour cette même PPE, à 1.3 SMIC. Suppressions discrètes d'avantages accordés à la plupart des RMIstes : exonération de redevance TV, de la taxe d'habitation...

Les allocataires de minima sociaux considérés comme des "fraudeurs" potentiels

critique RSA Deuxièmement, et c'est bien le plus inquiétant, un certain "décret sur le train de vie des allocataires de minima sociaux" relevé par le collectif RTO, repris par le Contrejournal. Cette mesure est liée au projet de loi "RSA". Sous le prétexte bien pratique de lutter contre la fraude, le gouvernement crée de fait un nouveau mode de calcul des minima. Jusqu'ici, les minima sociaux étaient calculés en fonction des revenus actuels des personnes. Dorénavant, ils seront calculés aussi par rapport au patrimoine. Cela empêchera à l'avenir Madame Pinot fille de toucher 6 années de RMI, certes, mais le barème proposé empêchera aussi tout propriétaire d'un pavillon Bouygues premier prix de toucher le RMI ! En somme, l'effet contraire à celui annoncé : éviter à tout prix aux citoyens en difficulté de tomber dans la très grande pauvreté. Car il ne restera plus à ces heureux propriétaires qu'à revendre leur maison, pour s'inscrire sur les interminables listes d'attente des logements sociaux. Une France de propriétaires... ?

Aujourd’hui, selon un certains nombre d'enquêtes, le RMI est un passage, plus ou moins long, pour un vaste pan des classes populaires et moyennes. La route est droite, mais la pente est raide, et si en plus on se met à la savonner...

La taxe sur le patrimoine en suspens

décret sur le train de vie des allocataires de minima sociauxTroisièmement, le financement résiduel par la taxe sur les revenus du patrimoine. Personne ne sait réellement l'impact de ces petits arrangements, aucune étude sérieuse n'ayant été menée, ni en amont, ni en aval. Il aurait pourtant été utile de faire le point sur l'expérimentation en cours dans 25 départements. La taxe sur le patrimoine n'est que le dernier pan du financement du RSA, et il n'est pas sûr que celle-ci soit utile, au vu des réductions d'allocations décrites ci-dessus. De l'annonce à la mise en pratique, Sarkozy a déjà montré qu'il savait renier (certains disent plutôt ajuster) ses engagements. Et le dernier coup de fil à Laurence Parisot a de quoi inquiéter. Ils en reparleront. Nouvelle annonce toute fraiche : l'inénarrable Christine Lagarde souhaite encore réduire l'imposition sur la fortune... annonce rapidement démentie par Matignon mais bien peu étonnante. D'un côté, on prélève les classes moyennes (taxe sur le patrimoine) et de l'autre on donne aux plus aisés. Où est la justice sociale tant vantée du RSA ?

RSA RMI Prime pour l'emploiQuatrièmement, enfin, le RSA vient graver dans le marbre un état de fait : le travail ne permet plus, dans nombre de cas, de vivre décemment. C'est en soi terriblement inquiétant, et ça devrait mettre en rogne notre président pour qui "travailler plus", fait "gagner plus". Mais non... le sujet n'a jamais été abordé.

"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça", Coluche

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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tuer tous les pauvres à la naissance : plus rentable ?

Haro sur les pauvres ! Mais ils se garderont bien de nous tuer. Nous sommes si nombreux que nos minimes contributions remplissent bien mieux les caisses de l'Etat (Jules Renard dixit) que l'ISF (le "ballon d'essai" de L'Hagarde sur la suppression de cet impôt inique a été retoqué par Fillon : ce n'est pas le moment ! rétropédalage).
J'apprends quelques mesures qui vont toucher les rmistes. Comment paireont-ils la redevance télé et la taxe d'habitation ? Le pire est quand même la notion de patrimoine étendue à la propriété de logements modestes... Ce que la loi sur le surendettement appliquée aux plus pauvres (vendre le logement) n'aura pu faire dans certains cas, ils y parviendront avec cette disposition !
C'est quand même fort de café que la PPE ne soit plus revalorisée en fonction de l'inflation quand celle-ci devient galopante... Ce doit être cela que Sarkozy entend par défense de notre pouvoir d'achat !...
Notons que nos retraites, en dépit des dispositions de la loi Fillon de 93 ne sont pas non plus alignées sur l'inflation officiellement constatée (1,1 % au 1er janvier 2008 alors qu'elle était déjà de 2,3 %). Dans quelques années les retraités modestes - dont je suis - du régime général auront sans doute des revenus alignés sur ceux du "minimum vieillesse" (qui n'ont pas cotisé ou pas assez longtemps) et du RMI... Progrès social ?