Découverte révolutionnaire génétique comment gènes fonctionnent Génétique : retour à la case départ, là où il y a de la gêne... decouverte genetique 94 gene produisent plusieurs proteines blencowe burge 2702

Pas une semaine ne passe sans que de nouveaux gènes soient unanimement pointés du doigt, responsables de l'alcoolisme, de l'éjaculation précoce, du vieillissement... la fontaine de jouvence, en quelque sorte. Sans parler des OGM ou du clonage. Mais deux études américaines sont récemment venues souffler ce charmant château de cartes très théorique, qu'on pensait pourtant sculpté dans le marbre. La génétique s'en trouve bouleversée, mais faut-il vraiment le dire ?

découverte génétique majeure - Blencowe et Burge

La génétique est une technologie qui doit permettre, dans quelques années, de guérir bon nombre de maladies... dit-on depuis une quarantaine d'années. Et depuis une vingtaine d'années, toutes les semaines ou presque, de nouveaux gènes sont rendus responsables de maladies, de malformations, ou même de comportements. Sans l'ombre d'un doute, sans le moindre début de conditionnel. Mais les rêves l'emportent souvent sur la réalité, et ces découvertes qui courent depuis une quarantaine d'années restent le plus souvent sans suite. Beaucoup de bruit pour pas grand chose...

Il y a toutefois une victoire dans le domaine des thérapies géniques qui est à souligner, même si elle reste à confirmer. Elle concerne les enfants-bulle, ces jeunes qui ne peuvent vivre ailleurs que dans un environnement totalement stérile, derrière une bâche hermétique. A Milan, l'équipe de la chercheuse Maria Grazia Roncarolo a en effet réussi à "guérir" sept enfants, traités depuis 2004. Autres avancées efficaces, au niveau de la détection de maladies, les tests génétiques se révèlent relativement efficaces dans un certain nombre de cas.Ce qui ne doit pas faire oublier qu'un certain nombre de déficiences génétiques peuvent être traitées par des remèdes classiques, comme le souligne Arnold Munnich de l'hôpital Necker. D'autres victoires "technologiques" aussi, dans le domaine du clonage ou des OGM.

Comment fonctionne le gène ? On n'en sait rien, selon deux études...

Il faut cependant rester prudents, très prudents. Car si la communauté des biologistes considère globalement la génétique comme l'avenir de la médecine, il reste un point en suspens : comment fonctionne le gène ? Simple, répondra celui qui a courageusement suivi ses cours de biologie en terminale scientifique... Totalement incompréhensible, répondent en coeur deux équipes de chercheurs qui viennent de publier les résultats de leurs études, qui font maintenant référence dans le domaine.

Résumons (synthétiquement) : le corps humain est constitué de myriades de cellules, qui forment tissus et organes. Au sein de chaque cellule se trouve un noyau qui contient la presque totalité du matériel génétique, sous forme de chromosomes. Tous les noyaux de toutes les cellules de notre corps contiennent les mêmes chromosomes. Chaque cellule possède donc la copie intégrale de la totalité de notre patrimoine génétique.

Les chromosomes sont constitués de gènes, qui correspondent à un code... que l'on a cru pendant très longtemps destiné à la fabrication d'une protéine particulière, et une seule. Mais les généticiens ont constaté, il y a une quinzaine d'années, que certains gènes ne se comportaient pas aussi simplement, et qu'ils pouvaient donner naissance à plusieurs protéines différentes, voire antagonistes, selon des mécanismes imprévisibles. Et c'est de là que vient la gêne. Car on a pensé très longtemps que ce phénomène restait marginal. En 2003, une étude montrait qu'au moins 74% des gènes étaient concernés. Et en novembre 2008, deux études très poussées font monter ce chiffre à 94% !

Les gènes se rebellent

Il s'avère donc aujourd'hui que 94% de nos gènes ne répondent plus à la théorie génétique de base, élaborée à partir de constatations faites sur des bactéries ou sur des plantes. Ils ne répondent plus à grand chose d'ailleurs, car les deux conclusions auxquelles sont parvenus les deux chercheurs sont :
   
    génétique découverte sur le fonctionnement des gènes qu'un gène peut avoir des effets totalement différents selon certains mécanismes connus mais imprévisibles (un gène produit diverses protéines)
    génétique résultats de Blencowe et Burge que la nature de ces effets dépend fortement de la localisation de la cellule dans l'organisme (un gène situé dans le foie aura des effets différents que le même gène situé dans le cerveau) 

Ces conclusions contredisent totalement la théorie actuellement admise dans le milieu très fermé des généticiens. Tellement fermé d'ailleurs, que certains n'ont pas encore l'air au courant de ces découvertes. Et il y a fort à parier que de nouveaux gènes vont bientôt être découverts, qui seront tenus pour responsables de pathologies ou d'addictions diverses et (a)variées. Sous les hourras médiatiques.

Un moratoire ? ... Tout de suite, les gros mots !

Une découverte très importante vient d'avoir lieu, qui annule bon nombre d'études génétiques mais qui ouvre de nouvelles perspectives. De quoi mettre un coup de fouet à la discipline, mais aussi de quoi stopper net toutes les productions actuelles qui n'ont pas été évaluées sous cet angle, en attendant d'en savoir plus... ce qu'on appelle un moratoire. Mais ça, ce n’est plus du domaine de la science, malheureusement… ça s'appelle l'innovation économique.

(liens en anglais : web.mit.edu, itvnews.tv)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Attention, le cours de

Attention, le cours de sciences du secondaire est volontairement simpliste : on sait depuis un moment qu'un gène code pour plusieurs protéines, et je pense que votre affirmation sur le "monde très fermé des généticiens" est pour le moins biaisée...

Je ne comprends pas votre phrase sur le fait que les mécanismes d'actions d'un gène sont "imprévisibles". Ils sont prévisibles dans la mesure où la recherche les a élucider...

Je vais vous donner un exemple ( simplifié) pour comprendre comment un gène peut donner plusieurs protéines : une séquence d'ADN dans le noyau peut être transcrite en un brin d'ARN par un complexe enzymatique. Ce brin est immature et doit être remanié par un autre complexe enzymatique. En gros il y a des bouts qui codent pour des protéines, les exons, et des bouts qui ne codent pas, les introns. les introns sont coupés mais tous les exons ne sont pas forcément recollés : certains sont sélectionnés de façon à coder pour une protéine bien précise. Ce phénomène s'appelle l'épissage ( ou splicing dont il est fait référence dans une de vos sources). Bien entendu, le complexe enzymatique est régulé par une série de facteurs qui dirigent l'épissage de manière à synthétiser la protéine attendue à tel endroit et sous telles conditions.

Tout cela pour dire qu'il n'y a aucunement retour à la case départ, les chercheurs travaillent activement à élucider les mécanismes de régulation des gènes depuis longtemps. Enfin, il arrive que l'on entende parler de gène impliqués dans certains cancers : il est évident qu'un gène n'est pas prédestiné à former un cancer, mais il peut être impliqué dans la multiplication cellulaire et donc des mutations de ce gène peuvent entraîner des anomalies d'expression et donc peuvent favoriser des proliférations incontrôlées ( une tumeur).

...

Merci pour votre commentaire

- "le cours de sciences du secondaire est volontairement simpliste"... cet article aussi, et son titre encore plus. Mais comment faire autrement ?

- "mécanismes connus mais imprévisibles". Si on sait comment ça se produit (épissage alternatif), on n'en connait pas le déterminisme, ce qui amène une cellule à produire une protéine plutôt qu'une autre, et dans quelle proportion.

- Et ce qui m'amène à parler (abusivement) de "retour à la case départ", c'est ce chiffre de 94%. Il y a cinq ans, on pensait que le phénomène était marginal. Aujourd'hui, le rapport s'est inversé. Il s'agit d'une découverte majeure. L'épissage (un des phénomènes les plus importants en génétique) alternatif est devenu la règle, alors qu'on le voyait comme l'exception. Il est donc naturel, dans ces conditions que la génétique appliquée en soit bouleversée. Ou alors, on a un très, très gros problème...

Un exemple : on pense qu'un gène puisse être à l'origine d'un dysfonctionnement parce qu'ayant muté, il s'exprime de manière aberrante. Soit. Mais comment peut-on dire qu'il s'exprime vraiment de manière aberrante, puisque d'après les chercheurs évoqués dans l'article, un gène peut s'exprimer de façon différente selon des règles que nous ne connaissons pas (localisation dans l'organisme, environnement...).

- Que des chercheurs "travaillent activement à élucider les mécanismes de régulation des gènes", je n'en doute pas une seconde, la preuve, cet article.

@micalement

J'ai des craintes

Oui, j'ai la crainte que la SCIENCE ne soit détournée, comme tout le reste d'ailleurs, dans le but de cautionner les décisions politiques les plus abominables. Je crains que ce ne soit qu'un nouvel outil de discrimination générale en venant justifier que les pauvres sont nés pour être pauvres et que les requins ont le gène supérieur !

L'Homme est doué pour pervertir.

Utiliser l'ADN comme moyen répressif, comme excuse légale et enfermer le monde dans cette imbécilité statique alors que l'évolution perpétuelle des gènes engendre différences et évolution, changements et adaptations relève de la plus grande escroquerie morale ou de la plus belle imbécilité de la nature humaine.

Voilà ce que m'inspire mon expérience parmi les êtres humains. A mon humble avis, nous n'aurons pas besoin de météorite pour voir votre espèce disparaître, nous allons faire ça nous-même, comme des Dieux !

Fidèle lectrice.
Marie

Dernier exemple en date

Une sensibilité génétique au placebo

Des chercheurs ont pour la première fois identifié un variant génétique impliqué dans l’effet placebo. Une donnée qui pourrait être importante pour l'organisation des essais thérapeutiques.
Pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, un médicament doit prouver qu’il est plus efficace qu’un placebo –un faut médicament donné au cours des essais cliniques sans que le volontaire sache s’il prend le principe actif ou une pseudo pilule. La comparaison serait-elle dans certains cas faussée par l’ampleur de l’effet placebo? Une nouvelle étude suggère que chez certains patients des variantes génétiques rendent l’effet placebo aussi efficace que le vrai traitement.

Etc...

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/sciences/sante/20081204.OBS3962/une_sensibilite_genetique_au_placebo.html?idfx=RSS_sciences