Dexia banque toxique Dexia, une banque toxique dexia une banque toxique 14032

Les folles dérives de la finance mondiale ont touché nos communes, nos hôpitaux et nos HLM.

Dexia, l'ex-Crédit local de France, leur a vendu des milliers d'emprunts dits « toxiques », dont les taux d'intérêt explosent - et depuis 2008, la banque ne doit sa survie qu'au soutien des Etats belges et français.


 [Lire l'article complet sur laurent-mucchielli.org]

(Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")

 

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une impartialite a geographie variable

LETTRE OUVERTE A CATHERINE LE GALL ET NICOLAS CORI
AUTEURS DE « DEXIA UNE BANQUE TOXIQUE »

Madame, Monsieur,
Suite à la parution de votre enquête sur la banque Dexia, je vous transmets les informations suivantes qui me paraissent essentielles à la bonne compréhension du sujet traité. Elles sont de nature à compléter, éclairer, resituer et parfois démentir certains de vos propos.
1/SUR LA FORME, DE L’IMPARTIALITE A « GEOGRAPHIE » VARIABLE ?
En amont à toute réflexion, j’ai souhaité m’interroger sur le sens de certains mots et du rôle d’informateur que vous incarnez ; la méthode repose sur l’enquête et les témoignages qui sont censés être par essence le travail du journaliste. Cette remarque est confortée par vos écrits :
« les auteurs de ce livre ont entrevu une partie de l’histoire qui va être relatée ici et ont eu envie d’enquêter pour obtenir des réponses à des interrogations… » : le Petit Robert définit l’enquête comme «une recherche méthodique reposant notamment sur des questions et des témoignages» ;
Je vais plus loin ! Enquêter permet selon Wikipedia « En consultant plusieurs sources et en interrogeant plusieurs spécialistes du sujet ou témoins des événements, le journaliste d'investigation peut trier plus efficacement les informations et découvrir des faits inédits. Sa connaissance des faits tiendra donc mieux compte de la réalité et son analyse sera ainsi de meilleure qualité. La définition du journalisme d'investigation, selon la déontologie du journalisme, implique également une indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques ou économiques, et une profondeur d'analyse qui résiste à la tentation de l'audimat ou à la course à l'exclusivité. »
« nous avons rencontré de très nombreux protagonistes qui étaient au cœur de la machine » : effectivement si vous avez bien pris la peine de retranscrire en partie les témoignages de 46 protagonistes ( cf liste en annexe p.251), ni le Président du Conseil Général de l’époque Hervé Bramy, ni moi-même n’apparaissons dans cette liste. Est-ce à dire que nous n’étions pas au « cœur de la machine » ? Vous consacrez pourtant un sous chapitre entier, soit 3 pages de votre « enquête » à juger de notre action au Conseil Général. Comment « témoigner », c’est-à-dire apporter une contribution à la bonne compréhension de votre argumentaire en tenant a distance grossièrement les personnes concernées ?
Ce sont ces mots qui m’interrogent sur la qualité et le sérieux de votre enquête qui se trouve, maintes fois biaisée par des regards démesurément accusateurs ! Voici plusieurs arguments, concernant notamment la situation du Conseil Général de la Seine Saint Denis qui démontrent comment une analyse entachée de préjugés, très souvent dénuée d’objectivité, sous un style romanesque justifiant un recours quasi systématique à des approximations ou des contre-vérité . Cette forme d’investigation brouillonne mène, et il en est regrettable au regard de l’importance du sujet traité, une partie de votre enquête dans l’impasse :
p107 ; « les emprunts toxiques servent à compenser les difficultés économiques et sociales…le conseil général doit faire face à une demande croissante d’aides sociales, tandis que les recettes n’augmentent pas », nous ne pouvons que regretter que votre analyse se contente de relater une partie de la vérité. Certes, nous sommes confrontés à de très fortes dépenses sociales accentuées par la crise sans précédent que nous traversons depuis 2008. Lorsque vous évoquez « les recettes qui n’augmentent pas », vous n’allez pas jusqu’au bout de votre raisonnement. Je vous apporte donc des informations qui seront de nature à compléter votre analyse. Depuis 2004, le transfert de charges issue de la solidarité nationale ( APA, PCH, RSA) non compensé par l’Etat s’élève aujourd’hui à 1.9 millards d’euros. Ce véritable hold up mis en place par un gouvernement de droite et malheureusement poursuivi par celui du « changement », marque la volonté d’asphyxier financièrement les collectivités et les services publics de proximité ! Je poursuis par une citation et analyse de Michel Klopfer, spécialiste auquel vous vous référez très souvent dans votre ouvrage « Les collectivités qui demain se seront effondrées, ne le seront pas à cause des produits structurés. Il s’agit pour vous d’un effet de ciseaux entre les dotations d’Etat qui vont progresser moins que l’inflation, une taxe professionnelle contrainte, des droits de mutation qui feront peut-être moins dix l’année prochaine, voire pire, et la dérive du social. » Il ne s’agit pas de minorer la place toxique de certains emprunts dans les finances du département ni de la responsabilité de la banque Dexia, mais bien de contextualiser la situation financière dans laquelle se trouve, malgré lui le conseil général et bien d’autres collectivités.
p107 ; « Le département de la Seine Saint Denis concentre à lui seul tous les « maux » des banlieues : …sa population est très jeune, la proportion d’immigrés ou de personnes issues de l’immigration est la plus élevée de France et le taux de chômage y est important ». Je m’interroge sur le regard subjectif que vous portez sur la « banlieue ». Je ne considère nullement la jeunesse et l’immigration comme un mal de la banlieue. Au contraire, la jeunesse et la diversité sont une chance pour notre département, il faut arrêter avec cette image cassante, ces préjugés qui discriminent toujours plus notre territoire. Sur quelles données statistiques et objectives vous appuyez-vous, quelles sont vos sources qui permettent d’établir clairement et effrontément ce lien « banlieue-mal-jeunesse » ? «banlieue-mal-immigration » ?

-P107 ; « Hervé Bramy, militant communiste sans histoires, fait équipe avec un autre élu aux finances, beaucoup plus remuant » Les jugements de valeur font-ils partis du journalisme d’investigation ? Comment entendre le qualificatif de « sans histoire » ? Est-ce employé pour me disqualifier ? Si un réel travail d’enquête avait pu voir le jour, vous auriez sans doute observé que je n’ai JAMAIS ETE ELU AUX FINANCES du Conseil général. Si le temps précieux vous manquait pour me rencontrer, il vous suffisait de vous reporter à mon site internet sur lequel je détaille mes différentes fonctions passées et actuelles. Vous auriez appris, par exemple, qu’entre 2004 et 2008, j’ai été vice président à l’aménagement du territoire, à la politique foncière et aux affaires juridiques du département. Depuis 2008, je suis Président de la Commission des finances, commission, qui comme vous le savez, ne délibère pas sur les affaires du Conseil Général mais effectue un travail de réflexion et d’échanges entre les conseillers généraux.

-p107 ; C’est dans cet esprit accusateur que vous citez un extrait d’un rapport de la commission permanente dans lequel j « explique qu’il faut maintenir le taux moyen prévisionnel de la dette en faisant usage, pour l’atteindre, d’instruments de gestion de taux proposés par les marchés » : il s’agit bien ici de propos calomnieux à mon égard puisque je n’ai pu signer un rapport qui ne relevait ni de ma responsabilité ni de ma délégation. Cette délibération présente-t-elle ma signature ?

-p108 « et voici comment la finance spéculative se trouve mise à contribution pour assurer les objectifs du communisme » ! Toujours à charge et à « géographie » variable, votre analyse, si elle peut nous faire sourire, perd pieds avec la réalité des faits. Pourtant vous expliquez aisément que c’est la financiarisation des budgets des collectivités, et notamment la privatisation et la mise sur le marché de la banque Dexia par le gouvernement Jospin qui a fait plonger les collectivités locales. A Lille « dans les deux cas, l’ancienne dirigeante du PS, n’y est pour rien…tout s’explique par la personnalité des responsables financiers de l’époque » ! Le système libéral et ce qu’il sous tend de privatisations et de spéculation est le seul coupable de ces dérives …Néanmoins, vous expliquez qu’en fonction du contexte politique dans lequel ces emprunts sont passés, la responsabilité pourra varier.
En Seine Saint Denis par exemple, c’est le fait de la gestion des « communistes ».
A Lille Madame Aubry, n’a pas eu de chance, elle s’est entourée de mauvais conseillers ! Quel raisonnement pointu, nuancé, argumenté, qui dessert même l’objet de votre recherche ! Voici ce que j’écrivais et vérifiable sur mon site « On ne peut prétendre analyser la dette de notre département, sans la resituer dans un contexte plus global des finances publiques et notamment en 1986 et en 1991, dates de la privatisation du Crédit Local de France, par deux Premiers Ministres socialistes. Et c’est à ce moment-là que l’on assiste à l’achèvement d’un processus appelé « banalisation des financements » qui n’est autre que la financiarisation des budgets des collectivités locales. »

-p108 « la Chambre régionale des comptes passe alors complètement à côté de l’existence des emprunts structurés se contentant de noter que le département a bénéficié de la baisse significative des frais financiers »…toujours dans cet esprit de porter des accusations pour « rendre coupable », il s’agit ici de remettre en cause les compétences de l’institution juridique que représente la Chambre Régionale des Comptes, les experts des finances publiques qui y sont associés, les magistrats et même l’autorité des préfets ! Ces personnes ne sont pas passées « à côté de », elles ont composé, en connaissance avec ce que la loi du marché autorise, celle de la spéculation financière et de la libéralisation malheureuse du budget des collectivités locales.
-p.108 « selon Daniel Guiraud, le successeur de Jean Pierre Beck »…effectivement Jean Pierre Beck a bien été le Directeur des affaires budgétaires du Conseil Général…Quant à Daniel Guiraud, actuel Maire des Lilas et 1er Vice Président aux finances du Conseil Général, il sera certainement ravi d’apprendre sa nouvelle fonction de directeur des Services.
-p.109 « En Seine Saint Denis, le responsable financier n’était pas le maître de la stratégie, nous a expliqué Sandra de Pinho. C’est l’élu aux finances qui décidait ».. Je me suis longuement interrogé sur l’identité de cette personne, souscrivant l’idée qu’un tel témoignage émanerait d’une employée de nos services, d’un membre du cabinet…en vain. J’apprends dans les pages qui suivent, que Sandra de Pinho est directrice du service financier de la ville de …Lille ! Malgré 8000 agents que compte le Département, il vous a fallu chercher un témoignage extérieur afin d’étayer au mieux votre stratégie de culpabilisation et d’enquête à charge!
-p109 « Et malgré (ou à cause de ?) sa formation marxiste, Jean Jacques Karman, l’adjoint aux finances, à l’air de ne rien comprendre aux produits structurés ». Cette phrase, à elle seule, est un concentré de malhonnêteté intellectuelle, si intelligence il y a ….En m’accusant de jouer avec la finance, vous chercher à accuser le mouvement marxiste (à cause de ?) et au-delà, la gestion communiste dans les collectivités. Mais cette affirmation repose sur une méconnaissance profonde des faits et des institutions. Comme expliqué précédemment, je n’ai jamais été élu aux finances du département. J’ai appris que vous collaboriez avec la Gazette des communes, qui est la revue de référence du secteur des collectivités locales. C’est à ce titre, qu’une information déterminante vous a pourtant manquée : le statut « d’adjoint » ne se trouve qu’au niveau d’une municipalité, on dit « adjoint au maire » ; à l’échelle du département, il s’agit d’un poste de Vice Président. J’ai été effectivement adjoint aux finances du Maire d’Aubervilliers. …je vous renvoie donc le jugement de valeur que vous me portez sur ma méconnaissance des produits structurés, à celle de votre ignorance profonde du fonctionnement des collectivités locales.
-p109 « le rapport établi par Karman à la commission permanente du juillet 2005 ». Outre le ton familier et méprisant que vous empruntez pour me nommer, je vous demande de me transmettre tout rapport que j’aurais établi et donc signé sur les emprunts, n’étant pas, je vous le rappelle, l’élu référent aux finances ! Je précise d’ailleurs, que la Commission permanente a délibéré sur tous ces contrats d’emprunts. Tous ont été adoptés unanimement par les membres de la Commission permanente : communistes, socialistes, et droite.
- Les copains de Dexia « Des politiques des 2 bords bénéficiaient du système », les jetons de présence sont plus que symboliques ; en moyenne les élus touchent 20 000 euros par an, pour 4 ou 5 réunions par an » « François Rebsamen, maire de Dijon, présent au CA de 2003 à 2008, Claudy Lebreton, président de l’ ADF…un ancien membre de la direction de dexia évoque les réseaux franc maçonnerie « c’est un élément essentiel pour comprendre les relations entre Dexia et le monde des collectivités »
Quelle est donc cette stratégie de déstabilisation qui consiste à trouver à n’importe quel prix, un coupable quitte à recourir à la calomnie ? Pourquoi ce deux poids deux mesures alors que tous s’accordent pour affirmer que les collectivités locales de gauche comme de droite ont été piégées par le système ? Il y a manifestement de votre part la volonté de me nuire, d’apporter du discrédit à ma fonction politique, ceci est d’autant plus fort lorsque j’observe les qualificatifs employés pour définir le personnage central du roman, le chevalier Claude Bartolone !
- Gloire à Monsieur Bartolone « Ce livre doit beaucoup au combat de Claude Bartolone », « il a mené l’offensive » « il multiplie les interventions pour dénoncer le rôle des banques » « CB a été le premier à prendre les armes » « cet homme au verbe haut et au franc parler » « il a lancé une première offensive et ne s’arrêtera plus » « après avoir lancé un ultimatum »« CB donne l’exemple en récidivant» « combattant de la première heure » « mais la plus grande victoire de CB est la création d’une commission d’enquête parlementaire » « CB sous les feux de la rampe » « comme CB se réserve le titre de Président… » « Jean Pierre Gorges destiné à tempérer la fougue de CB »
Vous concluez votre enquête en abordant un regard critique sur les financements sous forme des PPP (partenariat public privé).
Savez vous que Claude Bartolone en a fait l’élément fort de sa mandature en signant des contrats avec les majors du BTP pour la rénovation de 7 collèges et la construction de 5 autres pour un total de 350 millions d’euros ? Ces contrats PPP, pourtant largement décriés sur tout le territoire en raison des risques financiers énormes qu’ils font courir aux collectivités locales et de l’attaque contre le service public qu’ils représentent n’ont pas empêché votre chevalier à Privatiser le Patrimoine Public.
Savez que les 13 élus qui composent le groupe Communiste Front de Gauche ont voté contre ces contrats ?
Savez vous que le PS et la droite, étonnamment rassemblés dans la même logique, ont voté pour ?
Le recours au Partenariat Public/Privé , tout comme l’absence de volonté de mettre en œuvre un pôle public bancaire capable de sécuriser les finances des collectivités, sont finalement l’aveu d’un renoncement et d’un échec devant le libéralisme.

2/SUR LE FOND, UNE CHARGE CONTRE DEXIA QUI DECHARGE LES MEFAITS DU LIBERALISME (CAPITALISME FINANCIER)

Créé en 1987 sous les auspices de la caisse des dépôts et consignations, le Crédit Local de France, destinée à financer les collectivités locales, connaît sa première introduction en bourse en 1999
(Dominique Srauss Khan)
L’ébranlement actuel du système bancaire est l’aboutissement programmé de la frénésie de privatisations, de déréglementations et de spéculations.

Cette faillite de Dexia montre que le maillon faible de la chaîne de la crise de la dette est constitué par les banques privées alors que les gouvernants et les médias dominants mettent l’accent sur la crise de la dette publique.

Si un réel gouvernement de gauche avait été élu, voici les premières mesures de justices sociales et fiscales qui permettraient de sortir les collectivités de ce gouffre :

1/Suspendre le versement des intérêts comme la loi l’autorise… Oui, en Seine Saint Denis, il fallait assigner les banques en justice, oui, il faut refuser de payer les intérêts de ces emprunts structurés…mais il faut aller plus loin !
Je fais mienne la proposition d’ATTAC qui préconise aux Etats français et belge d’annuler les 85 milliards d’euros de garantie consentis à Dexia et à ses créanciers. Il faut mettre un terme au sauvetage à répétition ; Dexia a déjà été sauvée 3 fois depuis 2008 grâce à de l’argent public, sans contre partie et c’est ce qui explique l’augmentation de la dette publique, prétexte pour imposer l’austérité et des coupes budgétaires dans les services publics !

2/création d’un pôle public bancaire dont les missions d’appui au développement des projets d’intérêt général soient clairement affirmées. L’idée de la création d’une Agence de financement de l’investissement local doté de moyens ridicules nous interroge sur le cap emprunté par le « gouvernement du changement » qui sert les intérêts des banques et de la finance au détriment de l’intérêt général et du secteur public.

3/prendre des mesures pour empêcher les institutions financières de continuer à nuire : nationaliser les banques (sans indemniser les actionnaires) en le plaçant sous le contrôle des citoyens et modifier les statuts de la Banque Centrale Européenne.

Au regard de ces compléments d’informations, vous comprendrez que j’attends de votre part, la publication d’une mise au point.
Il me paraît plus que légitime de rectifier certains de vos propos car beaucoup d’entre eux relèvent du diffamatoire ; je suis tout à fait disposé à vous rencontrer et à collaborer en vue de cette mise au point dans les meilleures conditions et délais possibles.
Si malheureusement je restais sans retour de votre part, je me réserve alors le droit à toute autre intervention.
Veuillez recevoir, Madame, Monsieur, l’expression des mes sentiments respectueux.

Jean Jacques Karman
Conseiller Général d’Aubervilliers Ouest

Contact- Brenda JORIOZ HADJ Collaboratrice
Tel 01 43 93 92 26- 06 13 51 37 98 / brenda.hadj@wanadoo.fr