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Humanitaires et journalistes sont dans la même galère. Partout dans le monde, on utilise leur fonction comme "couverture" à des opérations sécuritaires. Dernier exemple en date, mardi 14 juillet : deux agents de la DGSE en mission officielle en Somalie se faisant passer pour des journalistes ont été enlevés par des hommes armés.

Deux agents français de la DGSE enlevés en Somalie se sont fait passer pour des journalistes

Mardi, le Quai d'Orsay a reconnu que "deux conseillers français en mission officielle d'assistance auprès du gouvernement somalien ont été enlevés ce matin à Mogadiscio par des hommes armés". Mais les services de Bernard Kouchner n'ont fourni aucun autre détail sur leur identité et leurs objectifs. Le blog "Secret Défense", toujours bien renseigné, indique que "selon toute vraisemblance, il s'agit d'hommes envoyés récemment sur place par la DGSE [Direction générale de la sécurité extérieure] pour une mission de conseil en matière de sécurité, dans le cadre du soutien de la France au gouvernement légal du président cheikh Charif Ahmed". Donc "en mission officielle".

Faux journalistes, vrais agents de la DGSE

Mardi, un haut responsable somalien anonyme a indiqué que les deux français travaillaient effectivement pour les services de renseignements français. Mais qu'ils s'étaient fait passer pour des journalistes, "pour leur propre protection". Information confirmée par Liberation, qui a interrogé le directeur de l'hôtel. C'est là, le hic. Reporters sans frontières s'est déclarée "choquée". "Être journaliste n'est pas une couverture. C'est un métier. Nous sommes choqués par cette manière de faire. Ces deux conseillers, dont nous souhaitons bien sûr la libération rapide, étaient en mission officielle et n'avaient pas à recourir à ce procédé pour se couvrir. Leur attitude met les journalistes en danger dans une région où ils le sont déjà", a déclaré Reporters sans frontières, mardi.

Le ministère de la Défense, fossoyeur de journalistes ?

Ce n'est pas la première fois que ce genre de critiques est formulé à l'égard du gouvernement. Régulièrement, les ONG humanitaires donnent de la voix, critiquant violemment certaines déclarations politiques assimilant leurs organisations à des organes d'Etat. "Officiellement, nous n'avons aucun contact avec le Hamas mais officieusement, il y a des organisations internationales qui entrent dans la bande de Gaza, en particulier des ONG françaises qui nous donnent des informations", avait notamment affirmé le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, dimanche 5 octobre 2008 à Jérusalem.

La DGSE utilisera-t-elle le drapeau de la Croix Rouge pour sauver nos deux agents... comme cela s'était passé pour la libération d'Ingrid Betancourt ?

NB : La Somalie est plongée dans une instabilité politique profonde depuis 1991. Cinq journalistes y ont été tués depuis le 1er janvier 2009. La journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Geoffrey Brennan y sont toujours retenus en otage, depuis le 23 aout 2008. Idem pour quatre employés de l'ONG "Action contre la faim" et leurs deux pilotes kenyans, enlevés en novembre dernier.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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A messieurs les reporters sans frontières...

Deux blancs en Somalie : valeur 2M€ sur le marché du kidnapping. Quand des blancs arrivent en ville ça fait vite le tour. Rien d'étonnant à ce que cela excite les convoitises. Ils auraient inventé n'importe quelle autre couverture, ils se seraient fait pincer.

Que des agents gouvernementaux se fassent passer pour journalistes serait "choquant". Travailler dans ces services est aussi un métier avec ses règles. Et la couverture fait partie du métier, comme le secret des sources et la liberté d'expression chez les journalistes.

Si les journalistes sont inquiétés dans certains pays, selon vous, c’est à cause des services gouvernementaux qui utilisent ce métier comme couverture. Ce ne serait pas plutôt à cause de la situation de ces pays ? N’avez-vous jamais pensé que ces agents essaient de suivre la situation et son les seuls à même d’informer nos décideurs et suppléer à votre absence sur le terrain ?

Si on envoie des gens des services là-bas, c'est précisément pour que des journalistes puissent un jour retourner y travailler dans de meilleures conditions.

Vous dénoncez à juste titre les crimes commis contre des journalistes, vous militez avec justesse pour la liberté de la presse. Vous avez loupé une occasion de rendre un bel hommage un 14 juillet à ceux grâce à qui vous pouvez exercer votre métier dans certains pays qui vous étaient interdits, après que des hommes courageux aient risqué leur vie pour votre liberté.

Le plus bel hommage rendu aurait été de taire l'information comme quoi ils font ce job. Mais par principe idéologique, il faut dire la vérité n'est ce pas? Même si cela met en péril la vie de deux courageux qui sont partis dans un pays pourri pour tenter de le rendre moins pourri. Qui en ce moment sont quelque part dans une ville où aucun d'entre nous n'irait vivre.

Pourquoi « Reporter Sans Frontière » ne soutient-il pas ceux qui prennent des risques pour la liberté de la presse? Peut-il y avoir une liberté de la presse dans un pays en proie à l’anarchie ? A Mogadiscio, 40 clans s’affrontent pour régner sur des activités lucratives : piraterie, kidnapping, drogue, armes, esclaves. Vouloir mettre fin à ce désordre serait liberticide ?

Pendant que la plupart des français regardent Johnny et le feu d'artifice, quelques français, peu nombreux, dans l'anonymat, mettent leur vie en jeu. Et parfois cela tourne mal. Comme à Uzbin. Comme à Mogadiscio. Ils le font aussi pour vous, pour votre liberté de la presse. Ne l’oubliez pas.

Votre liberté s’arrête là ou commence celle de ceux qui risquent leur vie.

Une pensée pour eux et leur courage.

La défense des intérêts de la France au dessus des corporatis

Ces deux agents en mission officielle, qu' auriez-vous aimé qu'ils inscrivent comme profession dans le registre de l'hôtel, messieurs les plumitifs? Agent de la DGSE (c'est vrai que l'hôtelier moyen du secteur ne sait pas ce dont il s'agit)? Travailleur humanitaire? Missionnaire catholique?
De toutes façons les risques sont à peu près les mêmes. Si on les récupère en morceaux, gageons que certains petits chefs de guerre devront apprendre à vivre dans l'anxiété...