Aux Etats-Unis, un producteur de maïs OGM sur quatre ne respecte pas les zones refuges

Aux Etats-Unis, un producteur de maïs OGM sur quatre ne se conforme pas aux règlements prudentiels en vigueur, selon le Center for science in the public interest (CSPI), un groupe scientifique indépendant spécialisé dans la sécurité alimentaire.

OGM : aux Etats-unis, les agriculteurs ne respectent pas les zones refuges

En 2008, 57% de la superficie agricole américaine cultivée en maïs l'a été à partir de semences génétiquement modifiées de type Bt. Ces variétés OGM ont été conçues pour produire leurs propres toxines mortelles pour la chrysomèle et la pyrale, deux parasites du maïs. Pour limiter les risques de dissémination des gènes modifiés dans le milieu naturel ainsi que le développement de résistances aux pesticides dans les populations d'insectes, les agriculteurs doivent respecter des zones refuges : en bordure de champs, ils sont contraints de cultiver du maïs naturel non OGM. Ce sont les règles édictées en 2001 par l'Agence de protection environnementale (EPA).

Chute brutale

Pourtant, ces dernières années, le taux de conformité a brusquement chuté. D'environ 90% entre 2003 et 2005, il est aujourd'hui tombé entre 60 et 80%, selon les cultures. "De toute évidence, les agriculteurs ne font pas le travail comme il le faudrait", a déclaré Greg Jaffe, directeur de CSPI. "Compte tenu de la croissance phénoménale des superficies consacrées aux cultures de maïs génétiquement modifié depuis son introduction, il est intolérable que les agriculteurs ne répondent pas aux besoins des zones refuges", a-t-il déclaré, précisant qu'il faut considérer que les ravageurs "vont trouver un moyen" de s'adapter, et tout faire pour en limiter les conséquences.

Les agriculteurs sous pression

Hi-Bred International, le groupe en charge de la formation des agriculteurs, ne réfute pas ces chiffres. Au contraire, son président Nicholas Storer explique que du fait de la hausse des prix du maïs et des préoccupations relatives à la crise alimentaire, "les agriculteurs ont ressenti une certaine pression pour maximiser la production". Dans le même temps, les producteurs, eux, se plaignent d'une complexification notable des règlements, qui les rendraient difficiles à appliquer.

Dans une lettre envoyée vendredi dernier à l'administratrice de l'EPA Lisa Jackson, le CSPI a demandé à l'agence de cesser tout nouvel enregistrement de nouvelles variétés de maïs Bt jusqu'à ce que les taux de conformité remontent. Le Centre demande en outre que les semenciers (Monsanto, Pioneer, Syngenta, et Dow AgroSciences) soient soumis à de lourdes amendes. Ces sociétés de biotechnologie devraient également fournir aux agriculteurs des incitations à respecter leurs obligations. Et contribuer à la mise en place d'un réseau indépendant d'évaluation du respect de la règlementation.

La publication de cette étude intervient cinq mois après que les conclusions du programme européen Co-Extra ont été dévoilées, qui insistaient lourdement sur l'importance de ces zones refuges, alors que les pollens de certaines cultures peuvent voyager à plus de 30km...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Catégories :

séraliniesque

"Le Centre demande en outre que les semenciers (Monsanto, Pioneer, Syngenta, et Dow AgroSciences) soient soumis à de lourdes amendes."

Les agriculteurs fraudent, mettons les fabricants de semences à l'amende?

C'est de la logique séraliniesque?