«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» (Jean Jaurès)
L'État a démissionné de ses responsabilités, au profit du Marché, sous la justification d'un prétendu capitalisme social. Mais le libéralisme économique, par définition étranger à toute idée de morale et de justice, a modifié la donne. Et l'État se retrouve aujourd'hui spectateur, contraint de constater que son monde ne tourne plus rond. Quand l'État providence fait place à l'État Pénitence... Les annonces se suivent et se ressemblent
Dérégulation, dérèglementation, désorganisation Ces trois exemples, parmi tant d'autres, sont typiques de la divergence des intérêts des sociétés privées et des collectivités. Et l'État est totalement impuissant... car aussi immorale et absurde que soit la situation économique actuelle, illustrée par ces trois exemples, tout est parfaitement légal. La «dérégulation» à tout-va, tant prônée par les tenants de l'État minimal, les néolibéraux, a plongé les économies libérales dans une situation qui est totalement hors de contrôle. Concernant la baisse du pouvoir d'achat, la hausse irraisonnée des prix... Les ministres de l'Economie, Christine Lagarde, et de la consommation, Luc Chatel, n'étaient pas au courant. La seule directive qu'ils sont en mesure de donner est hilarante : «faire du vélo» et «faire jouer la concurrence»... Concernant les subprimes, quelques belles déclarations d'intention inutiles, sans plus. Sur les licenciements massifs... Nicolas Sarkozy a promis des investissements de la part de l'État, totalement illégaux au regard des accords européens (dont le Traité «salvateur») et internationaux en vigueur. La seule possibilité reste la nationalisation en force, ça peut passer. Mais aujourd'hui, une grande partie des groupes qui licencient sont bénéficiaires ! C'est le cas pour la banque Northern Rock, en Angleterre, qui va être nationalisée, pour éviter une faillite... mais quel message ! «Sociétés privées, faites n'importe quoi, on vous y autorise... Et si vous avez des problèmes, l'État assure». Mais l'État, c'est la collectivité, c'est le peuple. Enfin... L'État français s'est définitivement privé de ses outils pour réguler le Marché. Il en est réduit à l'impuissance des mots inutiles. Il s'est lui-même coupé les bras, et ça ne repousse pas ! Les mots ont un sens, mais finalement... on s'en fout ? (Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
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