Journalisme Internet sérieux Mediapart Woerth/Bettencourt : Journalistes sérieux contre adeptes de l'Église de Webologie... journalistes serieux contre adeptes de l eglise de webologie 7624

Empêtrée dans l'affaire Woerth/Bettencourt, la majorité tente de discréditer les médias Internet, Mediapart en tête. L'occasion pour nous de revenir sur la scission évidente qui existe entre journalistes sérieux et adeptes de l'église de Webologie...

[Reprise d'article du 14/09/2009]

Il y a journaliste et journaliste. Qu'on se le dise. Le premier est sérieux, propre sur lui, il vérifie ses sources et recoupe ses infos. Le second passe ses journées sur Youtube, Twitter et Wikipedia, sa bible. Il aboie dès qu'un cheveu dépasse et chercherait des poux à une chauve souris, pour lui soutirer la preuve de l'existence de Batman...

Internet mis en cause dans l'affaire Hortefeux

Les cris, l'écrit, l'écran...

Le microcosme journalistique se fissure. D'un côté le journaliste sérieux, celui qui réfléchit, qui analyse, qui soupèse (indéfiniment) le poids des mots, qui amortit le choc des photos. Ce Pulitzer en puissance se produit en général sur une grande chaine de télévision. De l'autre, les pisse-copies du Web qui se jettent sur chaque chien écrasé dans l'espoir secret d'y découvrir un complot international. Au milieu, la presse écrite... qui se meurt, prise en sandwich entre la rotative et le sablier. Alors, au final, c'est quoi un bon journaliste ?

Attentionné

Un journaliste digne de ce nom se soucie d'abord et avant tout du confort visuel de ses téléspectateurs. Public Sénat et La Chaîne Parlementaire, par exemple, ont refusé de diffuser leurs propres images d'Hortefeux blaguant sur les Arabes. En février 2008, Associated press avait déjà rejeté la vidéo de Nicolas Sarkozy pris en flagrant délit de "Casse-toi pauvre con" au Salon de l'agriculture. Les vidéos de Patrick Devedjian traitant Anne Comparini de salope, de Manuel Valls souhaitant plus de "Blancos" à Evry, et de Jean-Marie Cavada écoutant béatement des propos aux relents homophobes et antisémites... Tous ces films mis en boîte par de mauvais pigistes ont été courageusement refusés par d'authentiques journalistes au motif d'une qualité d'images défaillante.

Profond

Mais, lorsqu'une vidéo dérangeante repoussée par les télévisions fait un tollé sur la toile, mise en ligne sur le site d'un des plus prestigieux quotidiens français (Le Monde), le bon journaliste titre "L'affaire Hortefeux, un nouveau piège tendu par internet aux politiques". Correction oblige, il se sera auparavant permis de faire réagir les défenseurs des personnes impliquées dans l'affaire... avant même de l'évoquer, comme la glorieuse TF1 ou le fulgurant Figaro dans les affaires récentes "Hortefeux - Seignosse", "Sarkozy - Faurecia" et "Woerth/Bettencour".

Courtois

Un journaliste efficace est aussi un hôte courtois. Il s'inquiète du sort de ses invités. Il ne répète jamais la même question, il n'insiste jamais sur les points d'achoppement. Un ministre a été viré par téléphone par un dictateur africain ? Silence radio de l'Elysée, repris en écho par le journaliste attentionné qui se focalisera plutôt sur le fléau de la grippe A. Le vrai problème du moment, qui menace le système solaire tout entier. Le bon journaliste sait mettre ses sentiments en veilleuse, pour jouer le rôle du Bourreau licenciant un salarié réfractaire à ses propres idées.

Diplomate

Un journaliste aguerri arrondit les angles, acceptant après-coup de diffuser des propos non tenus par son interlocuteur. Comme le rédac-chef du Parisien se l'est permis lors d'une interview de Nicolas Sarkozy. Un journaliste authentique publie systématiquement les communiqués officiels, seuls dignes de foi. Il se met à danser sur les tables lorsque le président annonce faussement la vente de plusieurs Rafale au Brésil. Il ne moufte pas lorsque le même président enchaine les incohérences, les imprécisions, voire les mensonges à la cadence d'un Benny Hill accéléré. Il propose en outre une interview fleuve de 10 pages au chef de l'Etat, politiquement équilibrée par une proposition (refusée) de deux pages de questions-réponses à la cheftaine de l'opposition... sur la loi HADOPI.

Sûr de lui

Un vrai journaliste ne se contredit pas, il n'admet pas ses erreurs... puisqu'il n'en commet pas. Si vraiment il n'a plus d'autre choix que d'expliquer un malencontreux "oubli", il condamnera Internet et ses litanies de "rumeurs" non recoupées (cf. Pernaut dans l'affaire "Woerth/Bettencourt"). Car ses vérifications à lui prennent des jours, voire des semaines, d'où le retard à l'allumage... D'ailleurs, un bon journaliste ne consulte jamais Internet. Non, il pianote ses articles sur sa machine à écrire et les envoie par Telex ou pigeon voyageur.

Déontologue

Un bon journaliste accepte sans sourciller la manne de plusieurs dizaines de millions d'euros que lui propose l'Etat. Il diffuse les publicités gouvernementales comme si de rien n'était. Un moindre mal. Il s'incline aussi quand Nicolas Sarkozy lui intime l'ordre de publier une charte déontologique ou d'enquêter sur ses collègues ayant laissé fuiter une info dérangeante... sur le Web.

"Pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste ?" disait Bernard Tapie... mais il parlait sûrement des adeptes de l'Église de la webologie...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Mmmmmh....comme c'est

Mmmmmh....comme c'est grinçant...comment vous faites ça : grinçant et pourtant bien huilé...c'est ça savoir écrire, surement !! Très bon article...

L'art de la litote

La litote permet "en disant le moins, d'en dire plus" et vous réussissez parfaitement dans ce style parce que vous amenez aussi des éléments consultables de ce que vous voulez critiquer.

Cependant il faut souvent aborder clairement et démontrer "scientifiquement" les collusions des politiques, de l'argent et du pouvoir. Car beaucoup de gens ne comprennent que le 1er niveau informatif et c'est celui-là qui est finalement le plus démocratique puisque le mieux assimilé par le plus grand nombre.

Votre article est cependant réjouissant à lire et je l'apprécie dans ce sens.

C'est du grand art, avec un

C'est du grand art, avec un petit "a" (faut pas abuser tout de même)

Un oubli...

... Le bon journaliste, il a un abattement fiscal à l'heure d'aujourd'hui totalement injustifié par rapport aux autres salariés, de 30% je crois.

Cet abattement n'est apparemment pas remis en cause par les mesures d'austérité fiscales actuelles ou planifiées.

Les étudiants et leurs parents pourront donc se faire de fait priver de l'APL (ça ou la 1/2 part), mis en place pour pallier (un tout petit peu) à l'incurie de l'état pour les logements étudiants (CROUS), les forçant à louer au privé.

Pendant ce temps, les "vrais journalistes" continueront à rester les obligés fiscaux de l'état, leur véritable maitre.

Heureusement, il en reste qquns comme au Canard Enchainé (et encore, c'est pas le canard d'avant les années 80/90), pour ne pas oublier qu'ils ont aussi des lecteurs à satisfaire de leur travail. D'ailleurs c'est les seuls a en avoir encore, des lecteurs assidus... dans la presse classique tout du moins. Une exception qui devrait faire réfléchir!

Allez, sur ce, je file m'abonner à Mediapart... et que crève la Sarkozie, tête au bout d'une pique!

j ai une question

si, "les mots ont un sens", alors un journaliste ou quoi que ce soit d 'autre peut il m'expliquer ce qui est derrière les mots suivant:
c est quoi bleu
c est quoi rouge
violet par exemple, je sais, c est rouge + bleu pour aider un peu....
c est quoi l 'eau . ici les journaliste remplace souvent par H2O bien que jamais je n'ai vu personne faire d'eau que ce soit avec 2H 1O ou quoi que ce soit, et pourtant nous buvons touchons voyons ce que le mot eau veut dire, mais c est quoi alors?
j'en donne d 'autres ou bien les mots n ont aucun sens pas plsu que les journaux et tout le gagaggaa qui fait la vie des bipedes qui se levent pour aller gagner des papiers nommés euros?

le sens des mots est un contre sens? quelle est l'origine du langage? qui a commencé le premier a dire à ceux qui ne parlait pas que le bruit à faire serait tel mot pour telle chose? pas aussi évident maintenant hein.... à moins bien sur de fermer les yeux et continuer comme d'habitude agagagagga.