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Après la tentative avortée de déremboursement des traitements concernant les malades atteints d'ALD, plusieurs déclarations laissent planer le doute sur les suites de l'affaire. Du directeur général de la CNAM à Eric Woerth, en passant par Roselyne Bachelot, on rivalise d'ambigüité sur les mesures à venir. Ce qui semble acquis, c'est que des réductions de remboursement vont être décidées avant la fin juillet...

plan d'économies CNAM

Les mesures concernant les malades d'affections de longue durée (ALD) ont été supprimées du plan d'économies présenté par Frédéric Van Roekeghem, directeur général de la Caisse nationale d'assurance-maladie (CNAM). "Nous n'avions pas perçu l'hypersensibilité de l'opinion aux déremboursements", a-t-il reconnu. Certes, mais si les mots ont un sens, alors cela signifie simplement que le critère décisif est "l'hypersensibilité de l'opinion", et non la justice sociale...

Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, ne s'était pas émue outre mesure de l'annonce de la CNAM, estimant même dans un premier temps que la proposition "méritait d'être étudiée". Elle n'a pas hésité non plus à annoncer que le plan d'économie de Van Roekeghem est insuffisant, qui proposait pourtant une réduction des dépenses de deux milliards et une augmentation des recettes d'un milliard. Il faut, selon elle, réduire le déficit de quatre milliards. Comme s'il en pleuvait...

Eric Woerth, ministre du Budget et "croupion" de l'Etat, a pour sa part annoncé que la mesure explosive "ne changeait rien pour le patient", qu'il s'agissait d'un simple "transfert entre l'assurance maladie et la mutuelle", et que "l'assuré social ne verrait pas la différence"... Une économie de quelques centaines de millions d'euros qui ne coûte rien à personne... il fallait y penser ! Et le même d'enfoncer le clou poser par Roselyne Bachelot : selon lui, il faut réduire les remboursements, et "des annonces sont envisageables avant la fin du mois de juillet".

Résumons... Les trois personnes les plus concernées de France n'ont vu aucun problème de fond au déremboursement des traitements des ALD. Ils souhaitent simplement ménager "l'hypersensibilité de l'opinion", tout en déremboursant toujours plus. Quatre milliards à économiser ! Et pour eux, la meilleure solution est... de le faire entre le 15 juillet et le 15 aout. L'opinion est alors bien moins sensible...

 

Illustration : interview de Patrick Pelloux du 7 janvier 2008

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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l'arnaque à l'ignorance : les complémentaires santé

2008/9/12 Tatard François

Lorsqu'on fait le bilan sur plusieurs années, pour comparer le montant cotisé avec les avantages acquis on s'aperçoit qu'on sera toujours perdant, car la fidélité ne trouve pas de réponse.
Compte tenu du niveau mental moyen des populations il apparait que peu de gens font cette comparaison. Devant l'objection de la dépense médicale la réponse la plus fréquente est :
"je m'en fous j'ai ma mutuelle". En conséquence, il n'y a plus aucun frein à la consommation médicale. La Sécurité Sociale qui couvre à 100% le coup dur est perdante, alors que la complémentaire santé se contente de rembourser le tiers payant hors coup dur. On comprend mal que la SS encourage ces complémentaires santé qui la ruinent.
Extrait du livre "LES GLORIEUSES"
Les assurances sociales.

C'est effectivement le principe juridique qui a été adopté autant pour l'Assurance maladie que pour l'Assurance retraite.

Avant la première guerre mondiale, des organismes très autonomes ont pris en charge ces affaires, sans aucune contrainte ni obligation d'adhérer.

L'Assurance, est une vieille invention qui prétend réaliser un compromis entre la notion mathématique du calcul des probabilités et le principe moral de solidarité.

La Compagnie d'Assurance constitue une activité commerciale qui s'intéresse aux "probabilités" et n'utilise les notions de solidarité que pour placer commercialement sa marchandise.

A l'inverse, la SECURITE SOCIALE est censée donner la priorité à la solidarité.

L'Assurance, en général, a une tendance certaine à l'escroquerie. C'est ce qui arrive souvent chez l'assureur et quelquefois chez l'assuré. Mais la partie n'est pas égale, car la justice est beaucoup mieux manipulée par l'assureur que par l'assuré.

L'escroquerie de l'assuré s'appelle la "baraterie", dans l'Assurance maritime. Elle consiste à détruire volontairement le bien assuré pour une valeur excessive, afin de toucher une juteuse réparation. Elle n'existe pas quand l'Assureur fait son travail de contrôle. Pour les grosses choses, comme des navires, des avions et des immeubles, l'Assureur confie le contrôle à des organismes spécialisés, aux frais de l'Assuré. Dans ce cas-là, l'Assureur se contente de l'engagement de ne rien contester en cas de dommage.

L'Assureur, magnifique escroc, entretient un gros service juridique de contentieux, pour contester systématiquement ses obligations. Le temps travaille pour lui. C'est l'inverse pour l'Assuré. L'Assureur exploite au maximum la lassitude de l'Assuré, peu confiant dans une justice versatile et trop lente.

La faillite de l'Assureur est ce qui correspond au summum de l'escroquerie. Pour limiter les dégâts, la loi lui impose de prévoir des "provisions" sous forme de biens immeubles. En cas d'insuffisance, l'obligation de réassurance conduit l'Assureur à se faire globalement garantir par plus gros que lui.

Une variété d'Assureurs mérite une parenthèse. Les "Mutuelles" sont censées être sans but lucratif. En conséquence, elles prétendent se baser principalement sur la solidarité. En réalité, leur caractère souvent corporatiste, correspond à un calcul de probabilités des risques. Leur clientèle, bien ciblée, est souvent dévouée et peu encline à l'escroquerie.

La MAIF (Mutuelle d'Assurance des Instituteurs de France) a longtemps été exemplaire dans sa gestion économique et dans sa morale solidaire.

D'autres mutuelles professionnelles de "Complémentaire Maladie" se montrent très compétitives par une gestion simplifiée. A l'une d'entre elles, qui remboursait plus qu'on avait dépensé, la question a été posée : pourquoi cette générosité ?

Réponse :

"C'est la garantie qu'aucune contestation ne s'élèvera avec nos adhérents. Nous n'avons donc pas de service de contentieux, avec ses téléphones ses secrétaires et autres dépenses de frais généraux. L'économie réalisée est bien supérieure à notre générosité apparente."

C'est une belle leçon de gestion. Malheureusement, les dirigeants de ces mutuelles rêvent souvent de grandeur. Ils sont à l'image de nos hommes politiques. Ils veulent le maximum de pouvoir, sur de gros bataillons, avec de gros budgets qui font l'admiration des foules et justifient de jolis avantages en nature pour leurs cadres dirigeants.

Alors, peu à peu, la petite Mutuelle ou Coopérative du début grandit comme la grenouille de la fable. On modifie un peu la stratégie pour élargir la clientèle. On fait de la publicité, du marketing comme ils disent. Finalement, on ressemble à une vulgaire affaire capitaliste, avec cet avantage de pouvoir puiser dans une plus grosse caisse pour les besoins du personnel.

Mutuelles et Coopératives, portées au succès par le dévouement et l'honnêteté des fondateurs, finissent toujours par mourir de ne plus servir qu'aux ambitions de leurs dirigeants et aux intérêts de leurs salariés.