«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» (Jean Jaurès)
Alors que la plus séduisante droit-de-l’hommiste de l’UMP, Rama Yade, était en service commandé le 9 juin dernier à Kinshasa pour remettre une invitation officielle à Joseph Kabila de la part du président de la République, les Nations Unies ont publié le 13 juin un rapport accablant sur la chevauchée sanglante des unités spéciales de la police congolaise au Bas-Congo. Début mars, la PIR (comprendre : police d’intervention rapide, acronyme bien choisi) et l’UPI (unité de police intégrée) ont réprimé un mouvement politico-religieux, le Bundu dia Kongo (expression kikongo qui signifie « royaume du Congo »), qui commençait à en prendre trop à son aise avec les autorités publiques, les policiers, les curés et même les sorciers ! Jusque-là rien de spécial : les NeKongo trouvent tous les 20 ans un nouveau prophète qui se fait le héraut de leurs velléités d’autonomie et échauffe les esprits dans la province rurale du Bas-Congo. Mais cette fois-ci, la police envoyée de Kinshasa pour calmer ce début de rébellion magico-ethnique a eu la main lourde : les enquêteurs des Nations Unies ont conclu qu’environ 100 membres de ce mouvement avaient été tués lors d’exécutions extrajudiciaires, de tortures, pillages, etc, alors que le bilan officiel des autorités congolaises est de 27 morts. La police a systématiquement détruit les églises et maisons des membres du BDK, des cadavres ont été jetés dans le fleuve Congo – la mission d’enquête en a ramené quelques photos – et des fosses communes ont été localisées. [Article complet : Bakchich.info](Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")
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