Exposition Bisphénol A Cancer du sein Le Bisphénol A favorise le cancer du sein... Et alors ? le bisphenol a favorise le cancer du sein et alors 8074

Selon une nouvelle étude scientifique, nous serions exposés à des doses de Bisphénol A huit fois supérieures aux limites autorisées. Et comme une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule, la molécule favoriserait aussi le cancer du sein... Un détail sans importance ?

Bisphénol A

L'Agence Européenne pour la Sécurité Alimentaire (EFSA) vient de pondre un avis plutôt rassurant sur le Bisphénol A (BPA). Elle ne trouve rien à redire sur la "dose journalière admissible" (DJA) de 50 microgrammes par kilo et par jour (µg/kg/j). Pour arriver à cette conclusion, l'Agence (dont la patronne nous avait caché être concomitamment membre du conseil d'administration d'un des plus gros lobbies de l'industrie agroalimentaire) a fait preuve d'une sagacité à toute épreuve : elle a écarté 95% des études scientifiques, dont la quasi-totalité avaient montré l'implication de la molécule dans de nombreuses pathologies (cancer du sein, de la prostate, diabète, obésité, troubles du comportement...). La raison ? L'EFSA ne reconnait qu'un seul type de protocole scientifique, et c'est celui qu'utilise l'industrie chimique depuis les années 1970, selon le Réseau Environnement Santé. Depuis, la science a évolué... pas l'EFSA.

Une exposition huit fois supérieure aux normes !

En août, pourtant, le Canada a classé le BPA sur sa liste noire des substances toxiques. En 2008, le pays interdisait pour la première fois cette molécule dans les biberons. Désormais, plus aucun produit ne devra en contenir. C'est déjà le cas en Australie et dans plusieurs Etats américains.

Publiée le 20 septembre dernier, une autre étude affirme que l'exposition au Bisphénol A est beaucoup plus élevée qu'on ne le pensait jusqu'à présent. Au moins huit fois la dose journalière autorisée par l'EFSA et l'EPA (agence américaine de protection environnementale). L'un des chercheurs, Frederick vom Saal, professeur à l'Université du Missouri, a déclaré que cette étude "fournit des preuves convaincantes" que le BPA est dangereux pour la santé et qu'il n'est en aucun cas besoin d'études supplémentaires pour lancer dès maintenant une action visant à réduire l'exposition des consommateurs.

Le BPA, saboteur de chimiothérapie

Comme si cela n'y suffisait pas, une nouvelle étude est publiée cette semaine dans la revue Environmental Health Perspectives. Celle-ci suggère que le BPA favorise le développement du cancer du sein. L'étude, menée à l'Université de Cincinnati (Ohio), a en effet montré que de très faibles concentrations, du même ordre que celles que l'on retrouve in vivo, réduisent l'efficacité des agents chimiothérapeutiques dans les cellules cancéreuses. Le "BPA, testé à des doses écologiquement pertinentes, réduit l'efficacité des agents chimiothérapeutiques" conclut le rapport. Mais l'EFSA y débusquera peut-être une ou deux fautes d'orthographe disqualifiantes ?
 

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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