Lehman (blues) Brothers

Lehman Brothers était une des plus grosses banques du monde, avant sa faillite en septembre 2008. Pourtant, quelques mois plus tôt, elle affichait des résultats comptables tonitruants. Peu à peu, le voile se lève sur ce tour de passe-passe magistral, façon Enron...

Faillite Lehman Brothers

Jeudi dernier, c'est un rapport d'enquête de 2200 pages qui a été publié par la justice américaine. Conclusion : la banque utilisait systématiquement la technique du "repo 105", qui lui a permis de faire disparaitre 40 milliards de dettes au dernier trimestre 2007, 49 milliards au premier trimestre 2008 et 50 milliards au second trimestre 2008. Rien que ça.

Tel un Garcimore sortant un lapin de son chapeau, quelques jours avant d'arrêter ses comptes, la banque vendait temporairement ses actifs foireux à un "partenaire" plutôt conciliant, avec promesse de rachat quasi-immédiat. Au passage, Lehman valorisait les actifs cédés à 105% des liquidités reçues. Et une fois les résultats comptables publiés à grand renfort d'autocongratulation boursière, la banque rachetait le tout au même tarif, réintégrant les cadavres dans ses placards. Les spéculateurs n'y ont vu que du feu et l'action se portait comme une charme.

Outre ces "déclarations trompeuses", comme les qualifient aujourd'hui la justice, d'autres faits ont été relevés par l'expert judiciaire : Lehman Brothers a largement surévalué certains de ses actifs (notamment immobiliers), jusqu'à 450 millions d'euros au deuxième trimestre 2008. D'autre part, la banque était insolvable dès le 2 septembre 2008, alors que la faillite n'a été déclarée que le 15. Quant au cabinet d'audit mandaté pour certifier l'honnêteté des comptes de Lehman Brothers ? C'est Ernst & Young qui s'y est collé. Les yeux fermés. Il a systématiquement validé les comptes de la banque. Une "faute professionnelle", selon la justice.

En 2007, Dick Fuld (non, ce n'est pas une contrepèterie, quoi que...), le pédégé du groupe Lehman, a touché 22 millions de dollars de salaire. Après la faillite, environ 70% des dirigeants de la banque ont signé chez Nomura, le repreneur japonais, en échange d'une contrepartie sonnante et trébuchante : tous les bonus de 2008 et 2009 ont été payés au montant maximum, comme si la banque n'avait pas fait faillite... "Faute professionnelle", vraiment ?

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Lehman Bros

Mais qu'est-ce qu'ils attendent pour foutre en tôle tous ces pourris!

Lehman dans le lac

Mais alors, et Goldman Sachs ? N'aurait-il pas opéré le même tour de passe-passe pour éponger des résultats d'opérations foireuses ? Cela pourrait expliquer sa santé apparemment insolente.... Même chose avec d'autres banques, des françaises par exemple. Avec un pareil système personne ne sera plus sûr de la solvabilité d'une banque (nous n'avons pas dit du banquier, bien sûr).

warrant marrant

la video est super!