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Un mal qui répand la terreur... la Peste qui tombe du Ciel pour punir tous les animaux. Un seul remède... désigner le moins pardonnable des animaux et le sacrifier, pour expier les autres. Encore faut-il un jugement, un jugement pur et honnête. La justice des hommes... selon Jean De La Fontaine, revu et vulgairement plagié.

Les animaux malades de la peste. Un mal qui répand la terreur...

selon que vous serez puissants ou misérables

En des temps reculés, la Peste tomba du Ciel pour punir les animaux de tous leurs crimes. Tous ne mourraient pas mais tous étaient frappés et amoindris. De ceux qui survivaient, plus aucun ne se nourrissait, le Renard ne faisait plus fuir la Tourterelle, qui restait désoeuvrée et sans joie. Le Lion rassembla alors tous les animaux de la forêt et leur tint un discours sans ambages : "certainement, le Ciel nous punit pour nos péchés. L'histoire a pris le temps de nous faire connaître qu'en pareille situation, le sacrifice du plus coupable d'entre nous pourrait nous apporter la guérison commune. Alors, parlons sincèrement et sondons tous nos consciences sans concession." Et il énumérera ses propres péchés, sans indulgence ni complaisance. Il avoua ainsi avoir dévoré force moutons, accompagnés quelques fois du Berger. Que lui avaient-ils faits, ces moutons ? Rien... et le Lion se proposa courageusement pour le sacrifice. Mais il appela, auparavant, ses congénères à faire de même pour que, selon la plus pure justice, le plus coupable soit sacrifié.

Le Renard prit la parole et s'adressa au Lion : "Sire, vous êtes noble de coeur et d'esprit. Vos scrupules laissent percer la délicatesse de votre âme. Ces moutons, sotte et inutile espèce, pouvaient-ils rêver plus grand honneur que d'être croqués par vous ? Est-ce un péché ? Non, c'est d'attention à leur égard dont vous fîtes preuve, Seigneur. Et ce Berger, qui se fait un empire chimérique sur la peau d'animaux innocents. Ils étaient dignes de tous leurs maux." Les flatteurs de l'assemblée applaudirent. Et ni du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances, personne n'osa approfondir les plus impardonnables offenses.

Puis l'Âne parla à son tour : "J'ai souvenance qu'un jour, alors que je passais sur une prairie bien grasse, la faim, l'occasion et l'herbe tendre me poussant, je tondis de ce pré la largeur de ma langue. Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net". C'est alors que l'assemblée cria haro sur le baudet. Le Loup prouva par sa harangue qu'il fallait dévouer ce maudit animal, ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui... un crime abominable !

Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

 


Toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
(Puisse Jean De La Fontaine me pardonner d'avoir massacré son oeuvre...)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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félicitations

bravo , pour cette "distraction", cher pacha de ce site!
longue vie au site, mais surtout pérennité dans l'expression de la conscience et de l'inconscience , sans quoi ... le site ne vaudrait plus rien !!!

votre réthorique, dans le cas présent, est éloigné de celle de Mr de la Fontaine, mais vous vous en êtes excusés, ... et vous l'êtes, pour ce qui me concerne ...

Bravo encore, et bonne soirée !