Les politiques d'austérité sont fondées sur... deux erreurs de débutant !

Après une erreur flagrante du FMI, reconnue en octobre dernier, c'est au tour de deux éminents professeurs d'économie de Harvard, et anciens chefs économistes du FMI, d'admettre une boulette déflagrante dans leurs calculs... ils ont sélectionné de mauvaises cellules dans leur tableau Excel. C'est ballot !

Erreurs de calcul du FMI - austérité

A l'automne dernier, deux économistes en chef du FMI (Fonds monétaire international) ont reconnu la première boulette. Dans un moment d'égarement, sans doute, ils ont simplement sous-estimé l'impact négatif des politiques d'austérité sur la croissance. Pour faire bref, les meilleurs économistes du monde pensaient que pour chaque euro économisé par l'Etat, le produit intérieur brut (PIB) ne chuterait "que" de 0.5 euro. Las, maintenant, on estime ce facteur compris entre 0,9 et 1,7 point. C'est à dire que l'austérité est tout bonnement... une erreur grotesque !

Du FMI au RMI...

Rebelote (et dix de der ?). En 2010, deux éminents professeurs d'économie de Harvard, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, anciens chefs économistes du FMI, avaient publié des travaux qui ne laissaient pas la moindre place au doute : quand un pays laisse filer sa dette publique au-delà des 90% du PIB, une récession s'ensuit irrémédiablement (-0.1% de croissance en moyenne). Publiée en plein coeur de la crise, cette étude a été abondamment commentée et utilisée politiquement pour justifier les mesures d'austérité les plus violentes.

Austérité - Erreurs du FMI

Des économistes EXCELlents...

Problème. Une poignée d'étudiants de l’Université Amherst du Massachusetts a tenté de reproduire les calculs. En vain. Ils en ont donc informé leurs enseignants, et tout ce beau monde s'est mis à chercher la faille... Patatras ! Les renommés économistes se sont juste trompés dans la sélection des cellules Excel pris en compte dans les calculs : ils ont oublié 5 pays (Australie, Autriche, Belgique, Canada et Danemark). Re-patatras ! En réintégrant les données de ces 5 contrées (en deux ou trois clicks), il s'avère que, plutôt qu'une récession, les états s'endettant à plus de 90% de leur PIB vivent en fait par la suite une période de croissance de l'ordre de 2.2% ! C'est à dire que l'austérité est tout bonnement... une erreur grotesque (bis repetita) !

Sans parler de la BCE qui s'escrime depuis des lustres à combattre l'inflation... dans le vide.

L'austérité est morte ! Vive l'austérité... !?

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Dans "austérité", il y a un

Dans "austérité", il y a un OS...

L'austérité en Grèce a fait exploser le nombre de suicides et de meurtres
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/04/19/l-austerite-en-grece-a-fait-exploser-le-nombre-de-suicides-et-de-meurtres_3162603_3234.html

Si c'est vrai c'est vraiment

Si c'est vrai c'est vraiment incroyable ... mais alors dans ce cas la : Ou sont les sources ?

Bonjour vous pouvez cliquer

Bonjour

vous pouvez cliquer sur les liens présents dans le texte. Ou prendre 10s pour tapoter quelques mots sur gogole (pour une fois qu'un sujet intéressant est repris par la presse, il ne faudrait pas se gêner) :

mot-clé : austérité.

http://www.challenges.fr/economie/20130419.CHA8574/avoir-trop-de-dettes-empeche-t-il-d-avoir-de-la-croissance.html

http://www.20min.ch/ro/economie/news/story/L-aust-rit--serait-le-fruit-d-une-erreur-de-calcul-28189706

http://www.bloomberg.com/news/2013-04-17/reinhart-rogoff-paper-cited-by-ryan-faulted-by-umass-economists.html

http://www.rue89.com/rue89-eco/2012/10/11/le-fmi-decouvre-que-lausterite-est-bien-plus-nocive-que-prevu-236111

@micalement

Ne vous inquiétez pas. Ça

Ne vous inquiétez pas. Ça fait toujours ça : d'abord on prend Napakatbra pour un fol dingue. Et puis ensuite, on vérifie. Et puis ensuite... vous en êtes là, sûrement.

on en est pas à une erreur près

Si on ajoute à cela que la croissance du PIB tel qu'il est calculé n'est certainement pas souhaitable, je ne vois pas trop pourquoi on l'utiliserais pour fonder une quelconque decision politique.
Il faudrait commencer par changer d'indicateur.

Plus grave qu'une erreur

Plus grave qu'une erreur à mon avis, c'est le choix des pondérations qui conduit à ce résultat. Le choix des pondérations lui-même dépend d'un postulat de base. Or les deux économistes sont de farouches opposants à la dette publique.

Ce n'est donc plus seulement une erreur, mais une tromperie!

D'autres réflexions sur le sujet et quelques liens (en anglais)