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Les Etats-Unis ont jusqu'ici refusé tous les accords internationaux contraignants sur la réduction des gaz à effet de serre, l'administration Bush misant sur des mesures volontaires des entreprises. Mais une étude universitaire a montré que lorsqu'une société cotée en bourse annonçait qu'elle allait faire des efforts pour réduire ses émissions, elle voyait son action chuter en bourse. C'est pas gagné !

Karin S. Thorburn et Karen Fisher-Vanden, de l'université de Dartmouth (New Hampshire), ont mené l'enquête. Le cours des actions de 46 sociétés a été étudié, avant et après qu'elles ont annoncé de rallier le programme Climate Leaders, un partenariat volontaire entre gouvernement et industrie au sein duquel les entreprises s'engagent à réduire à long terme leurs émissions de gaz à effet de serre.

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La punition à 16 milliards de dollars

En prenant en compte les fluctuations de l'ensemble du marché, les actions suivies perdaient en moyenne 1.5% dans les 5 jours suivant l'annonce. Représentant un montant de 16 milliards de dollars ! Ces sociétés ont ensuite réalisé une étude détaillée de leurs émissions et ont défini un objectif de réduction de 17% en moyenne. Le cours de l'action a de nouveau chuté au moment de l'annonce. Il est aussi remarquable de constater que plus l'objectif était agressif, plus le cours baissait.

Moins de 2% des entreprises cotées en bourse aux Etats-Unis ont adhéré au programme Climate Leaders. Ces entreprises étaient, en majorité, déjà sensibilisées aux problèmes environnementaux. Elles étaient également moins soumises aux contraintes des actionnaires que leurs concurrents, occupant le même secteur économique. De plus, le ralliement au programme se fait plutôt dans des périodes où le public s'inquiète particulièrement des problématiques de réchauffement climatique.

La conclusion de cette étude suit malheureusement la logique de la plupart des mesures non contraignantes. Même si Nicholas Stern prévoit que le coût (économique) du réchauffement climatique sera au minimum de 5500 milliards d'euros, même s'il prévoit que des pans entiers de l'économie mondiale s'effondreront, même si le programme Climate Leaders permettrait de réduire cette facture, les actionnaires n'y trouvent pas leur compte. Les investissements induits sont trop importants, pour un amortissement trop lointain. Et les actionnaires n'aiment pas ça. Et puis peut-être sont-ils actuellement trop occupés... à spéculer sur les denrées alimentaires...

La citation du jour : "La Bourse je m’en fous, j’ai choisi la vie" (Guy Bedos)

Détails de l'étude sur ssrn.com, synthèse sur latribune.fr

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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