Médicalisation émotions La médicalisation des émotions aboutit à une société sans sagesse medicalisation emotions aboutit societe sans sagesse 4122

Les émotions sont des maladies comme les autres, et traitées comme telles. Situation cocasse, dans une société médiatique qui court en permanence après les sensations fortes et, si possible, anxiogènes. De fait, bien-être et sagesse sont relayés au rang d'antiquités.

les émotions médicalisées

La timidité, la tristesse liée à un deuil... des émotions bien naturelles à priori, mais scientifiquement classifiées aux côtés des pathologies les plus graves, notamment dans le "Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux", véritable bible de la psychiatrie internationale élaborée par l'American psychiatric association (APA). Bien sûr, une fois la "pathologie" caractérisée, le traitement médicamenteux en découle, le plus naturellement du monde. Et la consommation d'antidépresseurs et d'anxiolytiques explose littéralement.

Effacer les souvenirs dérangeants

Même topo pour les souvenirs traumatiques ou simplement déplaisants. Cachés dans les recoins les plus sombres de nos cerveaux, il faut les supprimer d'urgence. Une pompée de propanolol y suffira, selon les résultats d'une étude de l'université d'Amsterdam, publiée le mois dernier dans la revue Nature Neuroscience. Pourtant, les souvenirs modèlent nos personnalités et nos émotions, au coeur de nos consciences. Une façon de nier notre propre nature.

Aujourd'hui, les médicaments et autre compléments alimentaires envahissent nos vies, comme si le bonheur pouvait sortir d'une pilule. Disons plutôt que le sentiment d'agir pour améliorer le quotidien permet d'occulter le manque de considération de notre société pour le bien être de l'individu. Chacun sa galère. Une situation ubuesque où le mythe médico-pharmaceutique d'une vie sans souffrance et sans émotion côtoie la recherche médiatico-politique permanente des sensations les plus anxiogènes.

Une société schizophrénique

Mais cet état de fait quasi-schizophrénique ne se limite pas aux seuls troubles psychologiques. C'est toute la société qui va dans ce sens. D'un côté, la "science" justifie la diffusion massive de dizaines de milliers polluants dans l'environnement, ne pouvant fournir de preuve absolue de toxicité. Tandis que de l'autre côté, et sans plus d'arguments, elle met en place un carcan médico-agro-alimentaire totalement hygiéniste. D'un côté, le système actuel (depuis une trentaine d'années) favorise la pauvreté, les inégalités, l'exclusion, le stress... De l'autre, les autorités instaurent en permanence de nouvelles dispositions toujours plus répressives à l'encontre des revendicateurs. Idem dans le domaine de l'urbanisme, de la culture... Aucune tête ne doit dépasser, et les cagoules sont interdites.

La politique du fait divers

Mais comment peut-il en être autrement, dans un monde bipolaire régi par les intérêts financiers et les émotions populaires suscitées ? Le pouvoir doit à la fois répondre aux nécessités économiques (moins de régulation et moins de prévention, trop couteuses et bridant l'économie) et combattre les réactions revendicatives (et violentes) d'une population qui s'angoisse et qui s'énerve.

Il y a deux possibilités à l'expression d'un malaise anxieux : l'extériorisation et l'intériorisation. L'extériorisation est de plus en plus réprimée par des Etats qui tolèrent de moins en moins la contradiction. D'aucuns proposent même de détecter les comportements "déviants" dès le berceau. La seule expression "autorisée" des peurs réside donc dans l'introversion, qui aboutit presque mécaniquement aux troubles anxieux. Qu'il faut traiter de toute urgence, vive la médecine ! De fait, la sagesse est devenue une notion archaïque, et la recherche du bien-être une tendance contreproductive. Rien de plus.

"Je n'ai jamais rien entendu d'aussi absurde que la phrase de Socrate : Connais-toi toi-même" (Nicolas Sarkozy, cité par Michel Onfray)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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sans sagesse et sans réactions

ni d exigences à part celle d'être toujours plus "assommé". Si les medocs peuvent être necessaires ils doivent ne l etre qu un temps, celui de se recuperer soi meme et de recuperer nos propres forces à vivre. Cette histoire d effacer les mauvais souvenirs ne laisse pas de m inquieter depuis que j en ai entendu parler ; sans compter qu'on ne peut que se demander ce que l on effacera ensuite et sur quelles autres manipulations de l esprit la science se penchera.

D'ailleurs je me suis toujours dit que le peu de cas qui est fait de la consommation de drogues et de ses trafics s explique par les avantages qu en tire le pouvoir : un être qui se came ne vote pas, ne veut pas autre chose que sa came. Tout bénef pour les politicards.

A quand le fameux soma

A quand le fameux soma d'Aldous Huxley ?

Le bizz du médoc ...

Bravo, très bel article, qui exprime tout haut ce que je pensais tout bas, mais sans arriver à le formuler d'une manière aussi claire et directe
Merci !

En réalité, les médocs sont contre productifs, la sagesse aus

Les médocs ne sont pas rentable à la société de consommation; un individu éveillé, dont le corps reste en mouvement mais dont l'esprit est en veille, est bien plus intéressant pour la société; l'empire de la conso contre attaque!

Ainsi, le corps reste en mouvement, contracte des crédits, achète des choses sans savoir pourquoi, se baigne d'Emotions fabriquées par les médias, tout le temps, à chaque seconde, et "bâtit" son quotidien, imprègne le modèle de sociétal vendu: politique (force de persuasion- scandales), faits divers (indignations, peurs, pseudo compassion, transposition des faits dans la vie personnelle de chacun - vente de quoi se protéger contre ces craintes (dispositifs sécuritaires - assurances etc..)).."on a tout intérêt à avoir des gens qui mettent la merde dans notre société! qui font peur aux gens!"

Mais aussi, outrance du monde du show business, rêves de tout ce qui est nouveau..écrans 16/9 par exemple, rêves de voyages, de grande maison, de grand jardin, une vie de clichés, de concurrence, de paraître, de loisir (sport, modélisme, lecture, culture, tricotage, pêche, chasse, équitation, philatélie..du tout pour tous), une vie de communication de consommation: il faut consommer, consommer, consommer..quelque soit la nature de cette consommation mais bien retenir à chaque instant qu'il faut consommer..autant de pages de pub qui, avant tout, dictent et entretiennent l'acte de consommation dans la tête des gens, dans les foyers, comptent sur l'interactivité entre les gens; la com de la télé (la mode, la tendance) est toujours "la voix, la voie de la raison"; l'entretient de l'élan de consommation avant de vanter une marque, un produit.Les médias (journaux - politique - publicité) oeuvrent tous dans le même sens - seul mot d'ordre: l'Emotion suscitée(indignation puis réconfort vendu ensuite, exutoires( sport(consommation de produits pour le sport)), ou consentement pour les élections!

Les médocs ne sont pas assez rentables...la sagesse non pluis! logique!

dsl pour mon écrit à la hâte..

rentables.. ..un individu prétendument éveillé... ..la sagesse non plus...

la médicalisation des émotions

Cette contribution pratique l'amalgame et la confusion dans le but de discréditer les TCC, c'est lamentable !