«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» (Jean Jaurès)
Uppercut. Auditionnés mardi à l'Assemblée nationale, les dirigeants des six grandes banques françaises étaient invités à s'expliquer sur leur besoin et leur utilisation des plans d'aides de l'Etat. Si Sarkozy se vante en permanence d'avoir sauvé les banques de la faillite, ces dernières se gaussent ouvertement : "tout va bien" et l'aide de l'Etat ne sert à rien. Circulez... Mardi 3 février, les dirigeants des six grandes banques françaises étaient auditionnés devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. L'ordre du jour : donner quelques éclaircissements sur la situation, l'activité et les engagements des établissements bancaires bénéficiant de prêts et d'apports en fonds propres de la part de l'Etat. "Beaucoup de paradoxes" Didier Migaud, président (PS) de la Commission, introduit la joyeuse sauterie : "Les banques françaises sont saines mais il faut renforcer leurs fonds propres. Elles ont besoin de fonds propres mais elles entendent distribuer des dividendes. Elles sont solides, mais elles se méfient les unes des autres au point de contribuer à une certaine paralysie du crédit interbancaire. L'Etat s'endette pour leur venir en aide mais il y gagne. Les encours de crédits augmentent mais il faut un médiateur pour les entreprises". Il aurait d'ailleurs pu ajouter : l'Etat annonce que les Français ont fait "une bonne affaire" en prêtant aux banques, mais ce sont eux qui paieront les intérêts. "Beaucoup de paradoxes"... conclut Didier Migaud, président de la Commission, qui demande aux banquiers de s'en expliquer publiquement. 2 heures et 50 minutes de bonheur à l'état pur, résumées en quelques phrases
... Une attaque en règle contre Nicolas Sarkozy, qui déclare en permanence et à qui veut l'entendre que sans le plan d'aide de l'Etat destiné à "sauver nos banques", "les Français auraient perdu presque toutes leurs économies parce que le système bancaire tout entier se serait retrouvé en faillite". Que sans lui, les Français se seraient rués aux guichets bancaires, les chaussettes à la main. Que ce plan est fondamental pour relancer l'économie du pays, qu'il faut moraliser le capitalisme et éliminer les paradis fiscaux, "ces zones d'ombre qui compromettent nos efforts de coordination". Un ange passe... A noter, une remarque pertinente de Jérôme Cahuzac (PS), au sujet des dividendes : "il faudrait verser un dividende car les actionnaires auraient souffert. S'il s'agit d'actionnaires qui ont vendu leurs actions, la question des dividendes ne se pose plus. S'il s'agit d'actionnaires qui n'ont pas vendu, peut-être craignent-ils de souffrir, mais ils ne souffrent pas encore, la perte étant latente". A moins que le dicton "tant qu'on ne vend pas, on ne perd pas" ne vaille que pour la galerie ? Les banquiers ont préféré esquiver la question... (Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
A lire également :
|
|||







Quand les banquiers virent à l'anti-sarkozysme primaire










