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L'air de la RATP est gravement pollué aux microparticules, dues aux frottements des roues des trains sur les rails. La RATP vient de mettre en ligne quelques données relevées depuis le début de l'année. C'est inquiétant, autant sur la forme que sur le fond ! Ces particules fines, toutes petites molécules, provoquent 348 000 décès prématurés en Europe selon un rapport de l'Union Européenne. En France, selon l’AFSSET, elles seraient responsables de 6 à 11% des cancers du poumon et de 9500 morts chaque année. Petites par la taille, mais tellement puissantes...

Voir aussi : "Alertes aux microparticules à la RATP"

 

pollution ratp métro microparticules

Le 26 Juin 2007, le magazine d'enquêtes "Faites passer l'info" de Canal Plus jette un pavé dans la marre et nous apprend que le Ministère de la Santé a relevé la norme à 347 microgrammes de particules par m³ d'air (µg/m³), soit 7 fois plus qu'en surface, considérant que l'usagé n'y passe pas plus de 2 heures par jour. Selon les normes de l'Organisation Mondiale de la Santé, l'exposition ne doit pas dépasser 50 µg/m³ ! Mais surtout, l'équipe de Canal Plus s'est procuré un rapport confidentiel de la RATP. Sans ambigüité : les résultats des mesures effectuées sont affolants, le taux de microparticules dans les couloirs de la RATP est de 25 à 40 fois plus élevé que le taux atteint en surface. Il atteint régulièrement dans certaines stations des valeurs supérieures à 1000 µg/m³.

Le Conseil Supérieur de l'Hygiène Publique a alerté plusieurs fois les pouvoirs publics sur la qualité de l'air dans les enceintes ferroviaires souterraines. En 2003, il avait déjà insisté auprès de la RATP et d'autres régies à Lille, Lyon, Marseille, Toulouse, Rennes, Rouen pour qu'elles mettent en place des systèmes de mesure et, surtout, des systèmes permettant de réduire cette pollution. Mais rien n'a été fait, semble-t-il. Pire, la RATP niait systématiquement, jusqu'au reportage de Canal Plus.

Et depuis cette diffusion, que s'est-il passé ? En octobre, la RATP et la secrétaire d’Etat à l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, promettaient que les chiffres de la pollution de l’air dans le métro seraient mis en ligne en janvier 2008... Promis, craché ! Transparence oblige... Et OUI ! Les données ont bien été publiées... Par contre, pour les trouver, accrochez-vous... Impossible de les trouver directement par le biais d'un lien ou d'une recherche sur le site de la RATP ! Il vous faut faire une recherche via Google, limitée au site Internet d'AIRPARIF (type de recherche inconnu du grand public), et chercher le terme "RATP", pas autre chose... vous ne trouverez rien sinon. Sur cette page d'AIRPARIF, en tout petit, noyé au milieu d'une quarantaine d'autres liens, victoire ! Un lien pointe sur le site Internet de la RATP : http://www.ratp.fr/corpo/air. Où est-ce que je plante mon drapeau ?

Voici ce qu'on peut dire sur cette page :

pollution ratp La page Internet a été mise en ligne au plus tard le 21 janvier (cache Google). Donc la promesse a bien été tenue.

pollution ratp micro particules Trouver cette page relève d'un authentique exploit (dont je ne suis pas peu fier...) ! Question transparence, peut mieux faire !

pollution ratp La page de présentation nous apporte une information terrible : "le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France (CSHPF) a émis, en mai 2001, un avis relatif à l’élaboration de valeurs guides de qualité de l’air dans les enceintes ferroviaires souterraines. Ces valeurs guides concernent les PM10 et reposent sur un principe de décroissance annuelle entre 2000 et 2005 résultant de la prise en compte des valeurs limites journalières en PM10 de la directive européenne. Pour une exposition d'une heure, la valeur guide ainsi calculée pour 2005 est de 671 µg/m³. Il n'y a pas eu d'avis modificatifs depuis". Charabia signifiant : les préconisations internationales sont trop faibles, pas grave... on peut augmenter cette limite car les gens n'y passent pas tant de temps que ça, finalement dans le métro. En fait, "une heure" correspond à la moyenne du temps passé dans le réseau par un client de la RATP. Et pour ceux qui y passent plus d'une heure, dans les couloirs du métro ? Z'ont qu'à pas !

pollution ratp Une autre info : les "actions d’amélioration de la qualité de l’air" se feront "au fur et à mesure du renouvellement de matériels roulants". Ça couterait trop cher de faire quelque chose maintenant, mais plus tard, on va améliorer les choses, promis !

pollution ratp Et une petite dernière : "Des études menées sur les réseaux de métro toulousain et lyonnais font apparaître des valeurs maximales horaires en PM10 comprises entre 200 et 500 µg/m³. Sur le réseau souterrain londonien, les mesures ponctuelles en PM10 font apparaître des teneurs variant entre 500 et 1 120 µg/m³". Pas de problème... les autres sont aussi mauvais que nous ! Alors il est où le problème ?

Sur les données publiées :

pollution ratp Seules trois stations (Auber RER A, F. Roosevelt Ligne 1, Châtelet Ligne 4) "représentatives des espaces souterrains de la RATP" ont été étudiées et les chiffres publiés ne correspondent qu'aux relevés effectués depuis le 31 décembre 2007. Ces stations ne correspondent pas aux stations citées par le dans le "rapport confidentiel" évoqué par les reporters de Canal Plus. Aucun moyen donc de comparer les données publiées aujourd'hui avec les données révélées par le reportage de Canal.

pollution ratp Le rapport est publié en format PDF, mais "non exportable", donc impossible de copier/coller les données dans un tableur pour les analyser. Pas touche !

pollution ratp Il s'agit de "données provisoires pouvant faire l'objet d'invalidations techniques ponctuelles". Pour des mesures qui sont censées être en place depuis 2003, un peu léger...

pollution ratp Les données "sont la propriété exclusive de la RATP. Tout usage de ces éléments doit faire l'objet de l'autorisation expresse et préalable de la RATP". Aïe, la lecture, c'est un "usage" ? Que de précautions, pour des données censées être publiques !

pollution ratp Sur les trois lignes, les moyennes des valeurs récoltées sont, en µg/m³ : Châtelet 36, Roosevelt 63 et Auber 240. En heures "ouvrées", les moyennes passent à 42, 72 et 288 et en heures de pointe, elles montent à 45, 80 et 300. Le maximum horaire (moyenne des valeurs relevées à une heure donnée) : 57 à Chatelet entre 18h et 20h, 95 à Franklin Roosevelt entre 18h et 20h et 360 à Auber entre 10h et 11h du matin. Sur la période de 3 semaines couverte par les relevés, le seuil de 347 µg/m³ a été atteint 83 fois, le seuil de 50 µg/m³ a été atteint 850 fois, sur une liste de 1600 relevés ! Le maximum ayant atteint 990 µg/m³ à Auber.

pollution ratp Les chiffres relevés à Auber sont largement supérieurs aux autres. S’agit-il d’une exception, ou le réseau RER est-il systématiquement plus pollué ? Impossible d’en dire plus.

pollution ratp Inutile de préciser que cette analyse est "provisoire" et qu'elle peut faire "l'objet d'invalidations techniques ponctuelles". Je ne révèle aucun chiffre "confidentiel', je me contente de donner mon avis, bien personnel, sur les chiffres publiés. Si toutefois, malgré le soin et l'attention que j'ai porté à la lecture de ce document public, il s'avérait que j'ai commis une erreur, je corrigerais immédiatement sur simple demande.

En conclusion...

Les normes de l'OMS sont largement dépassées. Toutefois, les moyennes quotidiennes relevées sur les 3 stations ne dépassent les "valeurs guides" du CSHPF. Le problème avec ces "valeurs guide" c'est qu'elles sont biaisées. A partir du moment où l'on considère que le taux de particules fines acceptable peut-être augmenté selon le temps de présence dans le lieu pollué, alors tout devient permis ! Et on peut multiplier par 5 ou 10 toutes les normes de pollution existantes. De plus, relevons une très grosse "erreur d'interprétation" de la part de la RATP et/ou du CSHPF : si on calcule une "valeur guide" en fonction de la durée d'exposition moyenne du public, alors cette valeur guide ne peut être comparée qu'aux valeurs relevées dans les périodes moyennes d'exposition du public, donc les périodes d'affluence. Or, la RATP se contente de comparer les valeurs moyennes quotidiennes à ces valeurs guide. Enfin, cette façon de ramener des taux d'exposition acceptables à une durée d'exposition est purement et simplement inacceptable vis à vis des personnes travaillant dans les enceintes concernées : agents RATP, commerçants, techniciens de surface... s'ils ne rentrent pas dans la moyenne, tant pis pour eux ! Et puis finalement, quelques mois ou quelques années d'espérance de vie en moins...

Il y a donc clairement un problème de pollution dans les enceintes ferroviaires souterraines, à Paris mais pas seulement. Que ce débat ait été éludé pendant 7 ans (ou plus ?) est un manque de respect absolu envers le public et un manquement aux règles élémentaires de santé publique. Qu'aujourd'hui, les chiffres soient publiés, même sous la pression médiatique, c'est bien ! Mais le fait que la RATP et le Ministère de la Santé contournent les préconisations de l'OMS et de l'Union Européenne, que la RATP annonce, comme nous le montre le reportage de Canal Plus, qu'elle ne peut pas faire beaucoup mieux, qu'elle ne publie que les données de 3 stations dont on ne connait rien, faisant en sorte que ces données ne soient pratiquement pas accessibles, c'est inquiétant ! En espérant qu’il ne s’agisse que d’un début, que des données plus exhaustives et détaillées seront fournies par la suite, et que des mesures seront prises rapidement.

Faites passer l'info !

 

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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"Le rapport est publié en

"
Le rapport est publié en format PDF, mais "non exportable", donc impossible de copier/coller les données dans un tableur pour les analyser. Pas touche !
"
c possible: la preuve:

Station SQUALES Châtelet L4
Température
ambiante Humidité relative
NO NO2 PM10 CO2
3 3 3
Date heure μg/m μg/m μg/m ppm °C %
21 janvier 2008 1:00 ND ND ND 474 19 42
21 janvier 2008 2:00 ND ND ND 433 19 43

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Effectivement, je vois ça... mais je dois supprimer la suite pour éviter qu'on puisse dire que j'ai "publié" les données...

Aïe, je censure... ?

Napakatbra

la page est accessible en deux clics de souris

1) en allant sur le site de la ratp.fr
2) puis en haut dans le bandeau à droite: "nous connaitre"
3) puis à gauche, "qualité de l'air"

je ne sais pas si c'était le cas au moment de la rédaction de l'article, mais à début mars il faut deux clics.

--
Xandrex

Qu'en pensent les fumeurs, qui se gèlent comme des parias ?

Bon, alors on applique la même législation que sur le tabac: interdiction des rames de métro à l'intérieur des tunnels et à moins de 50 mètres d'un quai de métro!

A trouver difficile?

La preuve quand on remonte l'arborescence:
Portail RATP > Nous connaître > La qualité de l’air

et après vérification on peut la descendre cette arborescence, il n'y a que 3 niveaux. C'est peu il faut l'avouer.
Mais effectivement, placer une telle documentation sur la qualité de l'air dans la rubrique Nous connaître, c'est plutôt inappropriée mais très certainement volontaire.

Merci en tout cas pour ce nouveau focus sur un problème de Santé Public passé à la Trappe par l'équipe Borloo-NKM.
Si seulement on avait une opposition politique audible... ;-((

Emachedé,
Blog Cpolitic : Actualités Politiques traitées avec Humour via des affiches de cinéma détournées
http://cpolitic.wordpress.com

Effectivement...

Mais à la date de publication de l'article, le lien était introuvable. Bakchich s'y était essayé et avait fait chou-blanc.

@micalement