Résultats référendum Irlandais Irlande Traité de Lisbonne Traité Européen Europe Résultats du référendum en Irlande : le "Non" gagne, et le cynisme triomphe... resultats du referendum en irlande le non gagne et le cynisme triomphe

Le Traité de Lisbonne est en passe d'être rejeté par les Irlandais, selon la télévision publique irlandaise. Le décompte court toujours, mais l'écart serait important. Anecdotique, car depuis plusieurs semaines, de hauts responsables irlandais et européens ont déjà trouvé des solutions pour contourner un vote négatif, et ainsi appliquer le texte quoi qu'il arrive. En tout état de cause, le Traité de Lisbonne sera appliqué.

[3 Octobre 2009 : Voir les résultats du second référendum]

La démocratie européenne a quelque chose d'étrange. Lorsqu'on demande son avis au peuple, on ne l'écoute que s'il répond "correctement" à la question. Il ne s'agit plus de poser une question aux citoyens mais de leur demander de voter dans un sens précis. En cas contraire, le ciel gronderait si fort qu'il risquerait de s'effondrer... Etrange conception, qui a de beaux jours devant elle, car l'Europe toute entière en a validé le principe.

Résultats du référendum en Irlande - Traité de Lisbonne

Le Non gagnant, le Traité de Lisbonne ne devait pas être appliqué

Lundi dernier, notre Docteur Kouchner national proposait déjà aux Irlandais d'organiser un nouveau référendum. Mais le Daily Telegraph a publié, hier, quelques indiscrétions en provenance directe de Bruxelles. Ces dernières semaines, et à plusieurs reprises, des hauts responsables irlandais se sont réunis à huis clos, pour "débattre de la possibilité d'une application du traité, avec ou sans référendum". Le peuple, c'est bien de le faire voter, ça l'occupe, mais si on pouvait faire sans...

Le diagnostic qui est ressorti de ces réunions n'est pas si mauvais. Si l'application du Traité prendrait un peu de retard, tout n'est pas perdu pour autant. Un "mécanisme de soudure" serait dans les tuyaux. Les plombiers européens réfléchiraient en effet à rayer l'Irlande de la liste des signataires, aussi simple. Le Traité de Lisbonne pourrait ainsi être appliqué à 26 des 27 états européens.

Un amendement tombé du ciel

D'ici un à deux ans, lorsque la Croatie entrera dans l'UE, un "traité d'adhésion" serait soumis sous forme d'amendement aux états membres, y compris l'Irlande. Et au coeur de cet amendement seraient glissés quelques aménagements qui rassureraient les Irlandais sur les points qui les inquiètent : défense, fiscalité... à l'instar des clauses d'exemption (Opt-out) dont dispose actuellement le Royaume-Uni sur la Charte des droits fondamentaux et les questions sociales. Et sous cette forme, l'Irlande n'aurait pas à demander son avis au peuple. Une ratification par voie parlementaire suffirait, le tour est joué. "[Ce mécanisme] n'est probablement pas plus compliqué que les allées et venues qui ont été nécessaires pour transformer le Traité constitutionnel en traité de Lisbonne après son rejet par les Français et les Néerlandais" annonce-t-on déjà de source officielle. Il faut dire que pour faire plus compliqué... ça devient difficile !

Mais Nicolas Sarkozy, "totalement imprévisible" pour le gouvernement irlandais, et prochainement Président de l'UE, n'aurait pas manqué de proposer une autre idée : un "micro-traité", ultra-simplifié. "Il n'y a pas de plan B", disait José Manuel Barroso, avant le vote. Forcément... on en est déjà au plan C !

 

Résultats du vote au référendum Irlandais (mise à jour régulière)  :

 - 14 Juin 2008 08:00 : Les chiffres

    Inscrits : 3.051.278
    Votants : 1.621.037 (53,1% de participation)
    NON : 862.415 (53,4% des votes exprimés)
    OUI : 752.451 (46,6% des votes exprimés)
    NULS : 6.171 (0,4%)

 - 20:45 : Résultats définitifs : NON 53.4%, OUI 46.6%. "Définitifs". Extinction des feux...

 - 20:00 : Résultats (presque) définitifs : NON 53.4%, OUI 46.6%.

 - 18:00 : LE "NON" donné vainqueur. NON 53.7%, OUI 46.3%. La tendance ne pourra plus être inversée, selon l'Irish Times et RTE. Barroso appelle à poursuivre la ratification en Europe, affirmant que le Traité "n'est pas mort"... Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet a déclaré qu'il fallait maintenant trouver un "arrangement juridique"... Etonnant, non ? ...

 - 17:25 : "Le Traité de Lisbonne est mort et ne pourra plus être ratifié" annonce Eamon Gilmore, chef du parti travailliste.

 - 15:15 : Résultats partiels après dépouillement d'environ 20% des suffrages: NON 53.5%, OUI 46.5%. "Il semble certain que les électeurs irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne", estime la RTE.

 - 15:45 : Résultats partiels, selon l'Irish Times : NON 54%, OUI 46%.

 - 14:45 : Le "non" semble assuré de l'emporter au référendum sur le traité européen de Lisbonne, vient d'affirmer la RTE, prédisant que le "oui" avait des chances de l'emporter dans seulement six des 43 circonscriptions.

 - 13:55 : A la télévision irlandaise (RTE), le ministre irlandais de la Justice Dermot Ahern a affirmé : "il semble que ce soit le non" qui l'emporte.

 - 13:15 : Dans la presse irlandaise

    PARTICIPATION : 50% selon l'Irish Times, 40% selon RTE (télévision publique)
    Première tendance à Dublin : OUI 40 %, NON 60%

    Première tendance dans le reste du pays : OUI 45-50%, NON 50-55%
    Dublin représente environ 25% des votants du pays.

- 12:00 : Dans la presse irlandaise

    PARTICIPATION : proche de 45 %
    OUI : ... %
    NON : ... %
    Déclaration du Ministre des Affaires Etrangères irlandais : "ça ne se présente pas bien pour le Oui"
    La télévision irlandaise annonce que le Non est nettement en tête

 


(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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EN COLERE

Si le NON passe et si les dirigeants européens ont déjà trouvés la solution pour imposer le traiter, ce n'est plus la démocratie, c'est la dictature. On se retrouve au bon vieux temps du communisme où tout le monde était très heureux dans une soit disant démocratie (RDA) (D comme démocratie) mais où les opinons ne contaient pas.
Attention, le retour de flamme pourrait être désastreux, ne prenons pas le simple citoyen pour un idiot.

Le peuple n'a pas son mot a dire

Tout comme pour l'immigration qu'on nous impose. Qui d'entre vous a été consulté? Aucun pays européen, aucun citoyen.
Nous n'avons rien à dire et le premier qui l'ouvre est un raciste*
* insulte recente, désormais au dessus de toutes les autres. Pire que pedophile, assassin, macho...

Immigration

Mais vous êtes un raciste (et peut-être aussi un pédophile, macho et assassin, mais en tout cas un imbécile et un ignorant): oser comparer l'immigration, qui est (ou devrait être) un droit inaliénable de l'être humain (qui êtes vous pour vouloir empêcher un être humain de fuir la misère et de vouloir travailler là où il le désire ?), à un traité totalitaire, militariste et ultra-libéral. Pourtant, ce traité à tout pour vous plaire (et tout pour me déplaire), puisqu'il veut faire de l'europe une forteresse, et interdire aux états membres les régularisations en masse d'immigrés !

Ceci-dit, un grand merci au peuple irlandais pour le rejet de cet immonde traité !

TOUJOURS EN COLERE

Qu'il soit bon ou mauvais, le problème n'est pas là, je m'en tape profondément que ce traité veuille faire de l'Europe une forteresse, ce que je dénonce c'est le fait qu'un peuple souverain se fasse toiser par un soit disant gouvernement suprême qui lui dit ce qu'il doit faire malgré un vote démocratique. Les Irlandais sont assez grands pour savoir ce qu'ils ont à faire, maintenant si les autres pays sont assez idiots pour ne pas agir en souverains, tant pis. En tout cas ce n'est pas peine d'insulter ceux qui veulent donner leurs opinions fussent t'ils d'un autre avis que le votre...

Je suis heureux que le

Je suis heureux que le peuple Irlandais à pu ,lui au moins,s'exprimé.
Ce résultat sera présenté comme un accident et sera mis en exergue par les médias traditionnels,alors que c'est une grande victoire.Hélas l'Europe des combinards,à toujours de beaux jours devant elle,et cela me dégoute profondément...sans autre forme de commentaires.

NON je n'aime pas cette Europe là

NON je n'aime pas cette Europe là Et je n'aime non plus cette manière
de faire de la politique qui consiste à brandir la menace du chaos
si l'opinion n'est pas dans le sens du vent des dirigeants
NON je n'aime pas ce grouillement technocratique autour
de la Commission européenne qui fait fi des pays
et de l'expression des voix qui réclament depuis
des années une organisation et une expression moins opaque.
-"NON vous entendez là-haut ?? Il y a des gens en bas!! Là-haut,
il y a quelqu'un ??!! "
- "Ecoutez, mais écoutez-donc!" nous
répond l'écho. Un dialogue de sourd... Mais
à force, cet autisme risque non pas de faire passer, mais de casser.

Quelque soit les décisions

Quelque soit les décisions qui seront prises par le nain et ses potes. Il y a quand même un sentiment de joie. Un pied de nez qui ne fait pas de mal.
Nico fera moins le malin le 1er juillet, et ça, c'est deja beaucoup. Merci à vous Irish people.

merci

merci pour les resultats en live

référendum Irlandais

Je suis contente que les Irlandais est pu s'exprimer, et rejeter ce traité que la malorité des Européens ne veulent pas. Un sursaut démocratique, bien peu de chose au vu de la considération que peux avoir l'élite envers le peuple.? Pauvre de nous!!

NON : et de 3

Oui 3 pays à peine ont votés sur ce traité ( celui de Sarco ) ou l'autre de Giscard . C'est presque le meme.
3 seulement l'ont accepté le luxembourg et l'Espagne

http://autrenet.blogspot.com/2008/06/irlande-3ieme-pays-dire-non-au-trait.html

J'aime les Irlandais

J'ai toujours eu un faible pour les Irlandais. Un peuple qui fier qui n'aime pas qu'on décide pour lui.
Tous les peuples, à commencer par ceux de notre vieille Europe, devraient partager cette fierté : avoir le droit et le pouvoir de décider par soi-même, de débattre ouvertement, de faire vivre la démocratie.
La main mise des "élites" européennes devient criante et ne se cache même plus. C'est le règne des politiques décomplexés et ostentatoires : quand les dirigeants (de quoi d'ailleurs ?), les parvenus (toujours), les magnats (gonflés d'orgeuil et d'oseille) parlent, forcément ils savent ils ont la vérité, ils connaissent l'avenir pour le bien de tous (et surtout le leur avant tout) puisqu'ils ont "réussis", qu'ils sont des capitalistes accomplis et "heureux" (tout le monde peut donc le devenir), le peuple doit les écouter sagement. Lorsque son avis est demandé, à ce même peuple, c'est pour le folklore démocratique.
Jusqu'à quand les peuples se laisseront-ils étouffer, jusqu'à quand les femmes et les hommes donneront leur temps, leur sueur et leur vie à ce système et ceux qui le perpétue (nous sommes tous responsables... mais certains en profitent plus que d'autres) qui ne fait que les presser, les écraser et en fin de compte les nier.
La recette est simple, vider les esprits, baillonner les intellectuels (l'autre "élite" qui elle sait vraiment car c'est son métier), cultiver l'individualisme en rejetant les problèmes sur ceux qui ne peuvent pas se défendre (et qui subissent en fait comme les autres).
Pourtant il faut toujours garder espoir, une communauté s'exprime par le biais de site comme celui-ci. Des réseaux de femmes et d'hommes ne voulant pas "se taire" continuent de parler. Les médias qui véhiculent, qui distillent de manière homéopathique la pensée des élites au pouvoir (droite comme gauche) ne sont plus les seules, l'information alternative existe. On ne peut pas tout cacher. Espérons que la démocratie survie quelque part, même si elle paraît exsangue te de pure facade.

Sous le ciel irlandais

Ah ! ces commentaires des commentateurs patentés sur les vilains Irlandais qu’on eu le toupet de dire Non au traité européen que les chantres éclairés du libéralisme avancé avaient concocté à l’esqueprès pour faire l’Europe tout bien comme il faut !
Non mais qu’est-ce que c’est que ces peuples d’Irlande, de France ou d’ailleurs, qui croient que quand on les interroge c’est pour qu’ils donnent leur avis ! Y z’ont pas compris que le référendum c’est comme quand le maître d’école y vous pose une question : vous devez réciter la leçon que le maître vous a expliquée. Et puis aussi dire Merci.
Velà donc le peuple d’Irlande, après celui de France et des Pays Bas, qui se pique de donner son avis ! Non mais pour qui y se prennent ces gens du peuple !
Si on n’y met pas le holà, jusqu’où ira-t-on ? C’est toujours pareil acque les gens du peuple : on leur donne un doigt et y vous prennent tout le bras. On leur donne le droit de vote et y z’en profitent pour donner leur avis. Encore un peu et y voudront décider !
C’est comme pour la crise de la finance internationale qu’est pas du tout liée à la cupidité et à la voracité des financiers. Non, non, non. C’est, nous expliquent les journalistes salariés de la presse officielle, à cause que les américains pauvres on voulu s’acheter une maison alors qu’y z’ont même pas les pécuniaux pour se la payer. Salauds de pauvres !
Mais y paraît que les zélites intellectuelles et financières du libéralisme avancé ont trouvé la parade : y vont dissoudre le peuple. Comme ça y pourront décider, bien tranquillement entr’eux, ce qui est bon pour la marche du monde… et aussi pour leurs intérêts. Ah ça mais !
Pour moi parsonnellement, je demanderais bien l’asile politique en Irlande. Mais y a un truc qui me tracasse : y paraît que les Irlandais n’ont pas encore inventé les pots de Côtes du Rhône. Y z’en sont réduits à ingurgiter une espèce de buvande à base de grains de seigle qu’y z’appellent le rye et qu’est, à ce que prétend le père Coquard, une sorte de ouiski. Je crois donc que, tout en rêvant à l’Irlande, je m’en vais continuer à faire de la résistance sur les Pentes de la Croix Rousse, où il n’y pas plus d’orangers que sous le ciel irlandais, mais où les pots de Côtes abondent.
Gnafron
http://gnafron.canalblog.com

CONSTRUCTION DE L'EUROPE

EUROPE ET TURQUIE

- Le « Non » au Traité constitutionnelle est encore dans toutes les mémoires. Mais est-ce pour autant l’ « Europe » qui a été ainsi rejetée ? Non, tout le monde en convient ! L’a été une certaine vision, compréhension, conception de l’Europe. Le fameux « sens des mots », trop souvent source d’incompréhension, de confusion …
Et au sein des causes de ce rejet figurent en bonne place la Turquie !

- Alors, ce pays, européen ou pas ?

- Remarquons que répondre par la positive, reviendrait à admettre que l’Iran et l’Irak ont une frontière commune avec le vieux continent... Tout de même estomaquant…

- Décortiquons, autant que faire ce peux en quelques lignes obligatoirement réductrices. Certains mettront en avant le fait que la Turquie est laïque, et que son alphabet est le latin ! Pourquoi donc ne pas l’accepter ?

- Notons d’abord que cette position indique que les frontières (ou leurs absences) ne sont pas que géographiques, elles peuvent également être culturelles.

-Commençons par les géographiques.
La formule de Gaule est connue : l’Europe s’étend de l’Oural à l’atlantique et s’arrête au Bosphore. Cohérent. Mais, en rapport avec notre question, il y a un « hic »… La Turquie se jette sur des deux rives du Bosphore, et les puissances victorieuses du premier conflit mondial qui ont redessinée, avec un trait de plume parfois malheureux, les frontières ont validé cet existant. Aussi, de quel côté faire pencher la balance ? Et si l’ont prenait tout simplement comme unité de mesure le km2 ? Où en trouvent-on le plus ? En Europe ou en Asie ?
Evident, non…

- Frontières culturelles.
Comme « nous », n’est-elle pas laïque, et si l’écriture est un des éléments constituant la culture d’un peuple, comment ne pas mettre en avant son alphabet, latin comme celui que « nous » utilisons ? Effectivement…
Mais tout cela n’est que greffon au devenir incertain… Un risque réel de rejet par la souche existe…
- Osons aborder à présent un sujet tabou, un sujet qui fâche, l’origine chrétienne de l’Europe, de ses valeurs, de sa culture ! Pourtant, est-ce plus choquant que de souligner le poids de l’Islam dans la culture des pays arabes ?
- A la façon d’une plaque photographique classique qui renvoi une image inversée, la laïcité turque est l’inverse de la notre (occultons le fait que la laïcité française n’est pas la laïcité anglaise etc.…) : L’histoire européenne du XX siècle ne manque pas d’exemples -pensons à l’Espagne de Franco- ou un pouvoir « fort » utilise la puissance de l’armée pour imposer une idéologie religieuse au mépris de la laïcité, alors qu’en Turquie, à partir des années 20, le pouvoir a utilisé la force de l’armée pour imposer la laïcité, au mépris de l’idéologie religieuse dominante… D’ailleurs le mot « laïque » est inconnu du vocabulaire arabe et le terme turc utilisé est emprunté au vocabulaire occidental… Car au delà du mot, le concept même véhiculé par « laïcité » est extérieur à l’Islam radical où le rejet de la foi (islamique) ne peut conduire l’ « apostat » qu’à la mort physique ordonnée par un corps social qui en agissant ainsi se purifie… En français cela s’appelle un meurtre, un assassinat, tout comme le sont tout également les « crimes d’honneur », coutumiers en Turquie…
- Revenons en France. La sérénité et le recul que donne l’écoulement du temps, permet de dire que, paradoxalement, et au-delà des déchirements consécutifs à la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, et à l’opposition des « culs bénis » et des « bouffeurs de curés », la laïcité est aussi fille de la célèbre parole christique « Rendez les choses de César à César et les choses de Dieu à Dieu »… Dans la même veine, pourquoi les « Droits de l’homme » peinent-ils tant à s’imposer et à prospérer en pays musulmans ? Car ils ont été conceptualisés sur le terreau fertile des valeurs chrétiennes, de l’humanisme chrétien, pour devenir l’expression d’un christianisme déchristianisé, d’une foi chrétienne désacralisée, laïcisée…
- Ouvrons une parenthèse. Ne confondons pas tolérance et laïcité.
Nous parlions à l’instant de « bouffeurs de curé », terme né à une époque ou le paysage religieux français métropolitain était majoritairement occupé par le catholicisme. Aujourd’hui existe toujours des « Talibans de la laïcité » qui prônent l’athéisme comme Vérité révélée et rêvent de marginaliser les citoyens qui ont pour défaut d’être croyants et de le dire !
Espagne mauresque : L’arrivée des arabes en Espagne au VIII° siècle mit fin à la persécution dont les juifs étaient victimes de la part des Wisigoths qui avaient abandonnés l’arianisme pour le catholicisme. Et pendant de nombreux siècles sous domination musulmane, l’Espagne a été une terre de paix et de tolérance pour les trois religions monothéistes ! Comme quoi, Islam n’est pas toujours synonyme de fanatisme et d’intolérance…
- Fermons la parenthèse.
- Quand-à l’alphabet latin, il est entré en Turquie à la même époque que la laïcité et lui aussi au forceps, l’Empire ottoman utilisant l’alphabet arabe, c'est-à-dire il y a moins d’un siècle. Alors que « chez nous », déjà avant les premiers écrits en « français » du XV° siècle, les lettrés qu’étaient les clercs, écrivaient évidement et depuis « toujours » en latin !

- Aussi, tant pour des raisons géographiques que culturelles, il me semble difficile de prétende que la Turquie puisse avoir vocation à intégrer l’Europe ou la communauté européenne, notions qui sont différentes (La Suisse appartient à la première mais pas à la seconde). Et, pour prétendre le contraire, que l’on ne mette pas en avant un quelconque partenariat économique ! L’Europe peut commercer si elle le souhaite avec l’Afrique du sud sans pour autant que ce pays entre dans l’Europe ! Identique pour la Turquie !

- Prétendrais-je que ce rejet affirmé, que cette position est vérité, réalité objective ? Non...

- Pour prendre conscience de la relativité des certitudes, également des certitudes géographiques, transportons-nous au temps de Rome.

- Si l’Empire romain prétendait à l’universalité, dans les faits, des frontières se sont imposées :
Au nord, l’Ecosse (le mur d’Hadrien).
A l’ouest, évidement l’atlantique.
Au nord/est le Rhin et le Danube.
Au sud l’Afrique noire (les pays de Maghreb étaient partie intégrante de l’Empire -neutralisons Carthage-)
Au sud/est le Tigre et l’Euphrate.
Cela pour souligner que si la géographie peut dire ce qu’est l’Europe, cette définition ne vaut que pour « aujourd’hui » (au sens de l’Histoire).
Si nous demandions à nos contemporains européens où se trouve le centre géographique de l’Europe, qui citerait la capitale de l’Italie ? Personne !
Mais l’Empire s’est construit autour de la Méditerranée avec en son centre cette ville, Rome, elle même située sur cette péninsule, cet appendice pénétrant ce « centre du monde » qu’était la « Grande mer », comme on l’appelait alors.
Toujours à cette époque, le civilisé, était logiquement de type méditerranéen, c'est-à-dire pas très grand, brun et basané. Et le barbare, lui était grand, blond et à la peau très blanche…
Relativité des concepts, disions-nous…
Et parmi ces barbares, il est des tribus germaniques qui allaient nous devenirs « chers » à nous français, celles des Francs…

- Le rapport avec notre sujet ? Dans le monde romain, la région nommée de nos jours Turquie ne posait pas de problème : elle appartenait à l’Empire, tant pour des raisons géographiques que culturelles ! Et elle n’était même pas en zone frontière ! Et le latin, comme ailleurs, y était aussi la langue officielle, administrative !
Mais cela était il y a « deux milles ans »…

- Certitudes, avez-vous un socle digne de ce nom ?

- Pour conclure, maniant le paradoxe, clin d’œil à Edmond Wells et à son Encyclopédie du savoir absolu relatif, je dirais que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe et qu’il s’agit là d’une position objective élaborée au sein d’un concept qui lui, ne l’est pas…
Cette affirmation découle d’une prise de conscience selon laquelle il n’y a pas une vision du monde mais plusieurs, indissociables de grilles de lecture, parfois inconscientes, qui sont autant de filtres. Et la pseudo objectivité de la de la stricte géographie s’efface devant le poids de la géopolitique qui elle-même s’efface devant celui de la géoculture, autant de réalités subjectives dans leurs valeurs.

COLPIN Didier

A quand la raison pour le peuple?!

Non, non, et toujours non, quelle leçon de vie! Heureusement que ce ne sont pas des gens comme vous qui nous gouvernent. Une opinion publique qui comme toutes les autres préfèrera toujours écouter le non, discours alarmistes, tellement plus simples et plus faciles à comprendre que les discours raisonnés du oui. Et d'ailleurs, je ne pense pas que les partisans du non aient précisé dans leur campagne que l'Irlande était en pleine croissance depuis l'Europe, et faisait l'objet de plusieurs centaines de millions d'euros de subventions par l'Europe chaque année (environ 600 millions) pour aider au développement économique. Les irlandais ont tout simplement suivi un non toujours aussi alarmiste et vide de raisons, à l'image de notre gauche française. Quand est-ce que les gouvernants arriveront à prendre leurs responsabilités à deux mains plutôt que de suivre une opinion publique, changeante à chaque heure et surtout incompétente sur un sujet aussi lourd?! On parle d'institutions là quand même, pas de faits divers! Il ne s'agit pas de dire oui ou non à l'Europe, ça trop tard le oui l'avait emporté. Il s'agit de ne pas laisser l'Europe bancale. 18 pays ont déjà fait ce qu'il fallait faire, et savent au combien ce texte est nécessaire. Evidemment avec autant de pays y en aura toujours un pour se dégonflé!

La gigue irlandaise

Alternative Vierge ou, kif-kif, libérale, la fille retrouvée d'Adam Smith, éviscéré, et d'Eve Future, grosse d'une liberté déterrée et profanée à chaque fois que nécessaire, est politiquement légère, légère, ultra-light. Elle promet d'apprendre à danser la gigue à tous les mauvais sujets politiques et ils sont nombreux en France, ce pays « sclérosé d'hypocrisies ». Toujours cette même charmante métaphore organique qui dégage comme une odeur seulement connue des terres d'allégresse. Ni socialiste, c'est-à-dire, selon Staline-le-dérouillé, un composé rouge typique de la vieille terre russe, progressiste, ni conservatrice, c'est-à-dire, au sens des Von, Von, Von e tutt' Hayek qui déménagent à la cloche de bois lorsque sonne le glas fasciste de leur haute idée de l'humanité enfin reconstituée, libérale, elle est la dimension cachée de la France sphéricole. Sous l'image des apparences, enfin une profondeur où actionner le manche, conduisant à « une société de libertés, une démocratie véritable, une justice au service des citoyens, une prospérité partagée ». C'est riche, comme au pied de l'arc-en-ciel de la liberté, et beau comme un panel d'enluminures, et en plus ça sent bon le barbecue américain et la peinture de guerre pour rire. Guten Tag Fraülein! Faisons ça vite! Sorry! Mais c'est la guerre!
Alternative Vierge aime la spongieuse Irlande, son péché mignon où flottent toutes sortes de poissons, requins, morues, maquereaux, dans l'eau miraculeuse des subventions européennes. Mais sur son site, son berceau, son lit, sa barrique et demain sa place, son trou, aucune analyse approfondie de cette vieille terre aux landes fumées au malt et aux « chiens crevés d'Irlandais », depuis que le biblique Cromwell a inversé le cours naturel des eaux. Il a fait remonter la libre mer anglaise jusqu'aux sources des rivières celtiques. De ce jour, en plus d'être assoiffée comme diable, toute l'Irlande a su le sens contractuel empirique de l'expression « danser la gigue » et compris simultanément le sens national chaleureux de la haine envers l'occupant qui met libéralement en mouvement les occupés à rien faire. La meilleure des justifications guerrières, en régime primitif capitaliste. Pareille à la France ciro-flexible qu'elle ne hait point, cette vieille catin paralytique qu'elle serre contre son coeur de jouvencelle, afin qu'un miracle napolitain la tire de son étrange catatonie, -que le sang coule! Que la vie reprenne ses droits lâchement distribués à d'affreux sybarites prolétariens-, les mots pour elle sont des chiffons héraldiques qui se suffisent à eux-mêmes. A quoi bon expliquer ce que tout le monde sait. Comme dans une bataille japonaise, les bras, en gesticulant, indiquent le sens du mouvement. Et quand Alternative Vierge bouge délicieusement la bouche, c'est la liberté chérie en personne qui crève l'écran. Comme une sensation érotique de bocal à poisson qui nage indifférent au baiser sanglant du monde réel.
L'accompagne dans ce périple, cette odyssée qui remonte le temps à l'envers et ressuscite les morts, l'horreur des médias pour le non irlandais, un mélange de libéralisme bien compris et de dénonciation des inégalités. C'est le grand orchestre des choeurs pimpants et sursautants de la boeuvitude. Leurs chants de pions du capital associent le national-délirium à la soumission nauséabonde au capital. C'est en tremblant qu'ils voient partout des monstres surgir du Mur. Mais eux trouvent ça normal puisque ça rapporte, au final. Ces déclassés que le conformisme enchante, cette impériale pourriture, trop occupée par son propre boulevard culturel, confond référendum et plébiscite. Mais comment un référendum pourrait-il être autre chose qu'un mélange des genres, une conjonction d'intérêts que tout sépare socialement? En Irlande, les pauvres n'ont pas voulu être plus pauvres et les riches ont voulu continuer à s'enrichir. L'Europe n'est-elle pas cette merveilleuse vache à lait, enrichie par un fameux orage d'acier, grâce à laquelle la précieuse Irlande des ploucs capitalistes de la libre industrie, de la prospère agriculture et du commerce fraternel pratique un dumping fiscal devant lequel tous les veaux libéraux se prosternent? Cette méthode rationnelle d'enrichissement, France-Amérique l'a fait sienne. L'impôt qu'elle ne paie pas, le prolétaire le lui offre, en souvenir du bon vieux temps. Aussi en souvenir du bon vieux temps, prolétaires, violons la démocratie libérale! N'est-ce pas elle qui dit que non, c'est oui! Non? Mais alors vite! Il y a tant à faire contre la misère capitaliste.