Les grèves risquent d'être dures, et longues. Elles semblent pourtant légitimes, mais elles handicapent une grande partie de la population...
Que disaient les syndicats, avant le premier mouvement ? "Nous perdons une partie de nos avantages, il nous faut des contreparties". Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant là-dedans. La retraite fait partie des avantages d'une fonction, ou d'une société. Au moment de choisir d'entrer dans cette société, il faut peser et soupeser les avantages et les inconvénients. Si, au bout d'un certain temps, on vous dit que certains avantages doivent être supprimés... alors les choses changent. C'est ce qu'a négocié et obtenu le syndicat FGAAC des agents de conduite.
Que disent aujourd'hui les syndicats ? "Nous voulons obtenir les mêmes contreparties que la FGAAC", c'est à dire principalement une hausse de salaire en fin de carrière. La SNCF répond "Pourquoi pas ?". Le gouvernement rétorque "Non". Du coup, les syndicats refusent de négocier avec la SNCF. Et le gouvernement, ainsi qu'un certain nombre de médias reprennent en cœur : "Ils ne veulent pas négocier". C'est comme ça que ça se passe.
Sur le fond de l'affaire, peut-on reprocher à des syndicalistes de demander la même chose que leurs collègues ? Il s'agit ni plus ni moins d'un principe d'équité, cher à qui vous savez. Sur la forme, c'est là que ça se gâte. Comment accepter qu'une corporation bloque une partie d'un pays ? Malheureusement, aujourd'hui, le gouvernement décide dans son coin, et les populations concernées se retrouvent avec comme seule possibilité de contester. Réforme de la Justice, réforme des retraites, ..., aucune concertation réelle, de simples discussions sans lendemain. N'est-ce pas la CFDT (pourtant peu enclin à la révolution) qui commence à bouillir de ne jamais obtenir de réponse du gouvernement à ses propositions ?
Il n'empêche que ceux qui en pâtissent d'abord sont les plus fragiles, les moins aisés. Et là, le problème se pose. Faut-il inventer un nouveau type de grève. Une grève de la gratuité par exemple ? La SNCF prend systématiquement de lourdes sanctions contre les imaginatifs. Quoi que... la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a jugé en juillet dernier que la "grève de la gratuité" est licite. Les syndicats se démènent pour pouvoir se reporter sur ce type de grève, mais le gouvernement et les entreprises se démènent... en sens inverse !
Alors... va-t-il falloir faire grève pour obtenir la reconnaissance de la "grève de la gratuité" ?
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
Grèves : comment peut-on leur en vouloir... ? 














