«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» (Jean Jaurès)
Que le Dalaï Lama ait une quelconque influence sur l'évolution des équilibres internationaux peut prêter à sourire. Cependant, il vient lui-même d'annoncer qu'il pourrait nommer son successeur avant sa mort. Et c'est peut-être bien une première déclaration de guerre. La Chine avait auparavant laissé entendre qu'elle envisageait de nommer elle-même le Dalaï Lama. Ce n'est certainement pas une boutade, car c'est bien la Chine qui, aujourd'hui, nomme le Panchen Lama, au tirage au sort parmi les enfants des membres éminents du Parti. Le "vrai" Panchen Lama, désigné comme tel par les autorités religieuses, est emprisonné depuis 1995, il avait 6 ans. La réincarnation est le pilier de la religion bouddhiste. Et le Dalaï Lama est la réincarnation du "premier" Bouddha. Le symbole est donc fort ! Le Dalaï Lama est prêt à renoncer aux symboles les plus hauts de sa religion pour ne pas tomber complètement et définitivement sous la coupe de la Chine. Il ne s’agit certainement pas d’abandonner le principe de réincarnation. Il y a fort à parier que les réincarnations du Dalaï Lama continueront d’être recherchées, protégées et choyées. Il s’agit par contre d’une réelle action de protestation. Et la protestation dans le monde bouddhiste étant très rare, il ne faudrait pas la sous-estimer.
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
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Le Dalaï Lama changera-t-il la face du monde ?









