Première publication : le 01/12/2007
Cette petite histoire est rigolote et jolie à la fois...
1. François Soudan, journaliste à la revue "Jeune Afrique", publie le 19 novembre 2007 un billet sur son blog. Un de ses collègues a fouillé dans les archives de la revue et trouvé quelques pépites ; une douzaine de lettres signées de la main d'une lycéenne... Rachida Dati, datant de plus de 20 ans.
Dans cette lettre, Rachida Dati demande à être publiée. Elle le sera. Voici le clou du courrier :
"Est-cela faute de ces étrangers, qui sont venus pendant la prospérité et qui, dorénavant, sont remis en cause quotidiennement ? Alors, je tiens à dire aux Français qui disent aux étrangers : « Si tu n'es pas content, retourne dans ton pays où on crève de faim » qu'ils sont ridicules. Ils ne s'imaginent pas la crise qui pourrait atteindre «leur» pays avec le départ de «ces bougnoules». Quant au slogan des employeurs, c'est :«Tais-toi ou pars !"
La lettre complète a été reproduite sur les sites de latelelibre.fr et de Birenbaum.
2. François Soudan supprime très vite le courrier de son site. Et devant un certain nombre de questions de ses lecteurs s'en explique ainsi :
"A la réflexion, j’ai pensé qu’un courrier des lecteurs aussi personnel, qui correspond à une période précise de la vie de l’intéressée, devait, pour être republiée, recueillir son autorisation. Or, je n’avais rien demandé de tel à l’actuelle ministre de la Justice. Précisons que ce n’est pas elle qui m’a demandé de retirer cette lettre, mais que j’ai pris cette décision de moi-même. "
L'intégralité de la réponse est disponible sur le blog de François Soudan
3. Je pose les questions suivantes à François Soudan. Dès qu'une réponse m'arrive, je complèterai ce billet...
Monsieur François Soudan, je comprends votre raisonnement, mais pourquoi ne pas le mener jusqu'au bout...
- Je vous cite : "Or, je n’avais rien demandé de tel à l’actuelle ministre de la Justice". Alors pourquoi ne pas lui demander ? Dès demain, pourquoi pas ? A moins que la grève des magistrats n'empêche les recommandés d'arriver...
- Il y a plus de vingt ans, vous estimiez que la lettre devait être publiée. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Pourquoi aujourd'hui décider du contraire ? Y aurait-il une date limite de consommation pour Jeune Afrique ? Pourriez-vous me la donner, car j'aimerais savoir jusqu'à quelle date, j'ai le droit de relire vos anciens numéros, ou tout du moins la rubrique du courrier des lecteurs ?
Sacha Guitry disait : "Il y a des millions de raisons pour que les femmes s'habillent comme elles le font : et toutes ces raisons sont des hommes". J'ai bien l'impression qu'aujourd'hui, cette boutade pourrait se voir reformulée en "Il y a beaucoup de raisons pour que les journalistes s'autocensurent comme ils le font, et toutes ces raisons sont des hommes (de pouvoir)"... ou des femmes, dans notre cas.
Même si cette histoire est plus "rigolote" que scandaleuse, que mon courrier est sans grande importance, j'aimerais quand même recevoir une réponse de votre part.
Sachez que j'apprécie beaucoup votre revue.
Cordialement,
Napakatbra
4. Première réponse ...
Returned mail: see transcript for details
----- The following addresses had permanent fatal errors -----
<blogs[ZEROSPAM]jeuneafrique.com>
(reason: 550 Désolé, [ZEROSPAM] (headers) n'est pas autorisé à envoyer du courrier à blogs[ZEROSPAM]jeuneafrique.com)
----- Transcript of session follows -----
... while talking to [81.252.XXX.XXX]:
DATA <<< 550 Désolé, [ZEROSPAM] (headers) n'est pas autorisé à envoyer du courrier à blogs[ZEROSPAM]jeuneafrique.com
554 5.0.0 Service unavailableCa commence mal...
5. Le 5/12/2007 : toujours aucune réponse
En même temps, vu l'innondation de messages qu'il reçoit en commentaires sur son blog... si il répond à tout le monde, on pourrait attendre longtemps.
6. Le 10/12/2007 : toujours aucune réponse, fin de l'histoire
Mon courrier a été publié en commentaire sur le blog de François Soudan. Ca a mis le temps, et je n'aurais pas compris s'il ne l'avait pas été, mais c'est fait. J'aurais bien aimé une réponse, mais devant l'acharnement dont il est maintenant question, je comprends largement le silence de François.
Acharnement : "Arrêt sur Images" relayé par Rue89 + de nombreux commentaires plus ou moins "brutaux"
Franchement, je trouvais cette histoire amusante, pas franchement scandaleuse. Et je pensais que le petit jeu des questions / réponses avec François servirait vraiment à nous apprendre quelque chose.
Il n'y a qu'à lire les "Dossiers du Canard Enchainé" de septembre, spécial censure pour trouver une tripotée de vrais scandales.
Je garde donc ce billet ouvert, simplement pour vous tenir informés d'éventuelles suites. Qui ne seront sûrement pas les miennes.
(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")
Rachida Dati taxe -- avant l'heure -- Sarkozy de "ridicule" ! Mise à jour 















scandale
Votre histoire et votre démarche font sens et personnellement j'y prendrai goût, mais quel besoin de tout gâcher avec ce gros titre accrocheur et , reconnaissez-le, menteur? C'est un titre de journal people, quel dommage de n'avoir pu résister au plaisir du scandale grossier...
Illustration de l'érosion de la démocratie en France.
Cette petite histoire a quand même tendance à illustré le danger que cours la démocratie à travers l'attitude de la presse aujourd'hui.
En effet , je trouve trés inquiettant que la presse que j'appellerais satellitaire ou minoritaire vis à vis des grands médiats nationaux ne tiennent même pas office de contre pouvoir ou tout du moins d'informateur objectif.
Il est tout à l'honneur de monsieur François Soudan d'avoir une déontologie journalistique et citoyenne, mais il aurait dû dans ce cas l'appliquer dés le début.
D'autre part, il me semble que les médiats institutionels n'en ont pas ou trés peu et que celle du gouvernement ne vas pas dans le sens du bien commun.
Dans ce cas, ne serait-il pas préférable d'être moins exemplaires, mais au moins audibles et accrocheurs (Exemple: le titre un peu racolleur de votre article qui n'empêche pas ce dernier d'être rigoureux). Il est temps d'utiliser une partie des méthodes de propagande de ce gouvernement en y ajoutant de la rigueur, afin de rendre audible ses propre contradictions.
Bonne continuation et vive la liberté d'expression mère de toute les autres.
Pierre-alain Magniant
Ps: j'ai ecrit un commentaire sur le blog de François Soudan reprennant une partie de l'argumentation de votre article, j'espére qu'il vat apparaitre sur son blog car pour l'instant il n'y est pas encore et j'espére aussi qu'il sera pris en considération.