«Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots» (Jean Jaurès)
«L’hôpital l’a mis dehors, à la rue, avec ses deux pieds gangrenés et son fauteuil roulant.» Philippe Toulouse, éducateur de rue à Dunkerque (Nord) auprès des sans-abri, n’en revient toujours pas. Le 3 mai, Henri Dekeister, 58 ans, affirme avoir été mis à la porte de l’hôpital de Dunkerque. Cinq jours plus tard, il revenait dans un tel état aux urgences qu’il a dû être amputé des deux jambes. Il vient de déposer plainte auprès du procureur de la République pour non-assistance à personne en danger. «Ils ont téléphoné à mon neveu le vendredi soir pour qu’il vienne me chercher, mais il ne pouvait pas m’accueillir, alors le samedi matin, ils m’ont foutu dehors», raconte Henri Dekeister, à la cafétéria de l’hôpital maritime de Zuydcoote, où il est en convalescence. Casquette sur le crâne rasé, chemise lilas, il impose encore, même dans son fauteuil roulant, avec sa carrure d’ancien docker. Le neveu, assis à côté de lui, confirme : «J’ai eu un coup de téléphone sur le portable, alors je suis passé à l’hôpital, et le médecin m’a dit "il est sortant". Je lui ai expliqué que je ne pouvais pas le prendre, parce que je suis en studio.» [Article complet : Libération](Article référencé sur le site "Les mots ont un sens")
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