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Alors que le Japon est à deux doigts d'une catastrophe nucléaire majeure, que le monde entier retient son souffle, Nicolas Sarkozy n'a pas résisté à la tentation de vanter la technologie française... à tort !

Sarkozy centrales nucléaires les plus sûres

Atomes crochus

"Si on a perdu des marchés et des appels d'offres, c'est parce qu'on est les plus chers. Et si on est les plus chers, c'est parce qu'on est les plus sûrs !" s'est vanté notre président lors d'une réunion à huis clos des dirigeants UMP à l’Élysée.

"L'EPR, je connais bien le chantier, j'y suis allé plusieurs fois. Je suis désolé de dire ça, mais on a la double coque ! Le principe de la double coque, c'est que si un Boeing 747 s'écrase sur une centrale, le réacteur n'est pas touché", s'est-il félicité. Cocorico !

L'enfer du décor

Actuellement, aucun EPR n'est en activité. Trois sont en projet ou en tout début de construction, un à Penly (Seine-Maritime) et deux en Chine. Deux sont en construction avancée, en Finlande et à Flamanville (Manche). Le premier accuse quatre années de retard. Oups. Son coût, initialement estimé à 3 milliards d'euros, atteindrait finalement le double... il y a d'ailleurs tout lieu de penser que la différence sera à la charge du contribuable français ! Le second chantier de Flamanville, commencé fin 2007, compte déjà un an de retard et 2 milliards d'euros de dépassement. Sans parler du coût du démantèlement, totalement occulté jusqu'à présent. Autant dire que l'EPR est un gouffre financier qui coûtera cher, très cher... mais c'est pour plus de sécurité, dixit Nicolas Sarkozy.

A "double coque", double coquille...

En 2003, le Réseau Sortir du nucléaire a pourtant publié un rapport "confidentiel défense" d'EDF, d'où il ressort... que l'EPR ne résisterait probablement pas au crash d'un avion de ligne. 2003, c'est loin, et Nicolas Sarkozy a eu le temps d'oublier. Nous ne pouvons pas lui demander d'être parfait, non plus.

Un peu plus récent. Le mois dernier, EDF a annoncé avoir découvert une inquiétante "anomalie" de série sur 34 de ses réacteurs. En cas de fuite importante du circuit primaire, le circuit de refroidissement d'urgence pourrait s'avérer incapable d'empêcher la fusion du coeur. Exactement ce qu'il se passe actuellement au Japon ! Mais Nicolas Sarkozy n'a pas encore dû être informé. L'erreur est humaine... et la catastrophe, nucléaire.

Aux États-Unis, l'EPR a d'ailleurs été temporairement recalé pour cause de... sécurité défaillante. En cause, une faille structurelle dans le système de sécurité du réacteur détectée par l'autorité de sûreté nucléaire... britannique. En France, personne n'avait rien vu.

Bref, un cocorico qui tombe à brûle-pourpoint !

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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USA...

J'espère que les amerloques ont une explication sur le fait que sur des réacteurs de leur conception l'enceinte de confinement, censée pallier ad-vitam à une fusion du coeur, se soit ouverte en 2 jours sur 2 réacteurs et potentiellement 3?

Il est sain pour eux de poser des questions, mais il ne faut pas perdre de vue que tout ce qui est possible de leur côté sera fait pour bloquer l'adoption de technologies non nationales...

Pour ce qui est de l'avion de ligne... sans doute qu'une bonne batterie de missiles couplée à un radar sachant estimer le potentiel energétique (masse/vitesse) d'une trajectoire de collision, afin d'éviter trop de tirs sur un pilote du dimanche perdu dans le brouillard, serait plus sûr.

Pour le reste, aucune catastrophe nucléaire dans un pays démocratique avec un opérateur étatique.

La question à se poser est: Faut-il continuer à évoluer, comme l'Europe veut l'imposer, vers plusieurs fournisseurs d'electricité privés soumis à des contraintes de couts rendues plus fortes par un actionnaire à gaver... et une concurrence?

Au Japon, on a désormais le tristement célèbre TEPCO (Tokyo), KEPCO (Kobe, Osaka), Tohuku Electric Power (Osagawa), Chubu (Nagoya).

Pour ne citer que les plus gros, opérant tous des centrales nucléaires.

C'est à dire qu'on a peu près un fournisseur, privé, par région industrielle: Tout se petit monde se tirant la bourre sur les couts de production afin d'attirer l'industrie près de ses centrales, tout en devant satisfaire l'actionnaire.

J'aimerais bien voir les ecolos poser le problème en ces termes, vu qu'il est impossible de remettre la production nucléaire en cause.

+1 pour #1

D'accord avec vous.

C'est bien un non-sens complet de confier le nucléaire à des sociétés privées ! J'irai même jusqu'à dire criminel compte tenu de ce qui se passe actuellement au Japon :(

Les États et leurs citoyens doivent assumer et donc surveiller toutes les filières "vitales" sur leur sol et se responsabiliser sur leurs choix plutôt que de laisser faire ou de déléguer sans attention.

Plus globalement on constate la même folie pour les biens communs de la nature : l'eau, la terre, la nourriture, les plantes, l'ADN...

Ici la question n'est pas de détruire le nucléaire ou l'industrie chimique ou l'agroalimentaire, tous impliquant les plus grands risques potentiels pour tout le monde, mais de rendre les citoyens responsables donc agissants sur leurs usages et sécurités !

Nous vivons sur la même planète, aucune étiquette politique ne changera ce fait ;)