La Poste Scandale Etat retraites complémentaires Agirc-Arrco profit Ircantec L'Etat détourne des milliards d'euros des caisses de retraite du privé scandale ircantec arrco agirc etat 5 milliards euros caisses de retraite du prive la poste 7020

Cinq à six milliards d'euros vont être siphonnés de la caisse de retraite des salariés du privé pour être refourgués à l'Ircantec, le régime des fonctionnaires contractuels et des élus locaux. La raison ? Le changement de statut de La Poste. Un véritable hold-up d'Etat orchestré de main de maître par Christian Estrosi.

Scandale Ircantec - La Poste

La Poste a changé de statut. Et ses employés contractuels, qui dépendaient jusqu'ici de l'Ircantec, relèveront désormais du régime commun des salariés du privé : l'Arrco-Agirc. Conséquence : les futurs embauchés de La Poste devront s'acquitter de cotisations plus élevées que celles de leurs collègues pour, plus tard à l'heure de la quille, toucher des pensions plus faibles. Un gros mensonge du gouvernement qui a toujours affirmé que le changement de statut ne changerait rien pour les employés de La Poste. Mais c'est presque un détail...

Cinq à six milliards d'euros

Car l'Ircantec, dont La Poste représente un tiers des adhérents, se plaint de la diminution attendue de ses recettes. Moins de nouveaux cotisants, plus d'anciens partant à la retraite... forcément. Le manque à gagner est estimé à cinq ou six milliards d'euros, calculé sur... cinquante ans, l'Ircantec réclamant une compensation pour les cotisations d'employés qui ne sont pas encore nés, relève l'association Sauvegarde Retraites qui a alerté la presse. Ubuesque. Théoriquement, c'est l'Etat qui devrait mettre la main à la poche pour remédier au déséquilibre engendré par ses propres décisions. Mais Christian Estrosi a eu une idée détonante : que l'Arrco-Agirc s'acquitte de la douloureuse ! Et les cotisants du régime commun (les salariés du privé) devront donc signer un chèque d'environ cinq milliards d'euros à l'Ircantec (fonctionnaires contractuels et élus). Scandaleux ? Pas pour les sénateurs, qui ont fait passer l'amendement en question... comme une lettre à la Poste.

Spolier les pauvres pour offrir aux riches

L'Ircantec a pourtant une comptabilité équilibrée, le nombre d'élus et de contractuels (collectivités, enseignement, hôpitaux, sécurité...) ne cessant d'augmenter (au détriment des fonctionnaires titulaires). L'Arrco-Agirc, elle, est aux abois. Ses comptes sont dans le rouge. D'où la réforme des retraites annoncée pour cette année, d'ailleurs. Qu'à cela ne tienne, le pauvre devra payer pour le riche. Et puisque le pauvre devient trop pauvre, on lui demande de se serrer la ceinture... C'est devenu la loi, en Sarkozye.

En droit des affaires, cela s'appelle un "abus de bien social". Mais pourquoi ce casse monumental ne fait-il pas scandale ? Tout simplement parce que tout le monde y trouve son compte. L'Ircantec est la caisse des élus locaux, ceux qui élisent les sénateurs, et qui se présenteront devant les électeurs d'ici peu. Il aurait donc été de mauvais goût pour le Sénat de leur refuser cette petite douceur. Le gouvernement ? Il gagne cinq milliards d'euros dans l'affaire, pas de quoi se plaindre. Les syndicats ? Ils sont bien plus représentés dans le public que dans le privé. A part la CGC, le syndicat des cadres, qui assure actuellement la présidence de... l'Ircantec. Et l'opposition dans tout ça ? ... la quoi ?

La retraite : 100% des gagnants ont tenté leur chance... (et les autres se sont fait plumer.)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Qui paie les retraités de La Poste ?

Bonjour,

Je découvre cette polémique en vous lisant, mais reconnais ne pas tout comprendre.
Si La Poste passe au privé, que les actifs cotisent désormais à l'Agirc-Arrco, ne faudrait-il pas que les retraités de La Poste soient également pris en charge par l'Agirc-Arrco aux conditions pour lesquelles les salariés ont contractualisés avec leur ancienne caisse de retraite ?
Est-ce le cas ?
Si Oui, il n'y a pas de polémique mais du vol car l'Agirc-Arrco paierait 2 fois.
Si non, il faut bien que celui qui perçoit désormais les nouvelles cotisations paient les retraites d'une façon ou d'une autre.
Au plaisir de vous lire et comprendre.

Patrick Fournier

Précisions

Bonjour,

[Préalable : il n'est bien entendu pas question d'opposer les salariés du privé à ceux du public. Mais bien de dénoncer une mauvaise gestion du gouvernement]

Effectivement, c'est un peu technique, voire spécieux. Seuls les nouveaux embauchés seront concernés. Les "actuels" cotiseront toujours à l'Ircantec (ou au régime des fonctionnaires pour ceux qui y étaient avant 1990 mais oublions ce point pour ne pas embrouiller davantage).

Les "employés actuels" continueront de cotiser à l'Ircantec et en retireront plus tard leur retraite. Comme les "retraités actuels" continueront de toucher leur pension de l'Ircantec. Retraite par répartition oblige, les pensions des retraités sont payées par les salariés cotisants.

1/ Pourquoi les employés de La Poste, même sous son nouveau statut, ne continuent pas de cotiser à l'Ircantec (caisse des contractuels d'Etat) ? Puisque le gouvernement n'a de cesse d'affirmer que le changement de statut ne changera rien pour les salariés et que l'Etat n'a en aucun l'intention d'ouvrir le capital au privé ? Mystère.

2/ Pourquoi l'Etat ne verse pas le complément ? Comme c'est le cas par exemple quand une nouvelle loi de défiscalisation réduit les recettes de la Sécu ?

3/ Le rendement de l'Ircantec et celui de l'Arrco et de l'Agirc sont sans commune mesure : Cotisation de 5,63% (Ircantec) et 9,50 % (A-A) pour un rendement de 12,18% pour l'Ircantec contre 6,7% pour l'A-A. En clair, un salarié du privé paie beaucoup plus pour toucher beaucoup moins qu'un contractuel d'Etat (ou un élu d'ailleurs). D'où la saignée brutale et inique de l'A-A pour compenser les pertes de l'Ircantec.

4/ Le calcul des pertes est effectué sur 50 ans ! C'est à dire qu'on considère que les employés actuels de La Poste toucheront encore leur retraite dans cinquante ans. Autant dire qu'on demande de compenser les cotisations de personnes qui ne sont pas encore nées. Calcul totalement biaisé puisqu'on sait qu'une réforme des retraites va venir modifier la donne d'ici l'an prochain !

Un peu comme si on licenciait des fonctionnaires en leur autorisant de toucher des indemnités du pôle emploi, alors qu'ils n'y ont jamais cotisé.

Et tout cela sachant que La Poste représente le premier employeur français, après l'Etat, et que l'Ircantec a des finances saines alors que l'A-A est aux abois ! Résultat : le bilan de l'A-A sera présenté comme étant catastrophique d'ici cet été, histoire de mieux faire passer la pilule de la réforme à venir...

En espérant vous avoir éclairé...

@micalement

Bonjour, Merci pour cet

Bonjour,

Merci pour cet éclairage. Toutefois des zones d'ombre demeurent.
Si je comprends bien: les salariés actuels continueront de cotiser et de percevoir leur pension à l'IRCANTEC et les nouveaux embauchés cotiseront et percevront leur pension à l'A-A.

Au fil du temps, l'Ircantec se trouvera donc avec de plus en plus de retraités et de moins en moins d'actifs, alors que l'A-A percevra les cotisations des nouveaux embauchés et ne paiera de pension que lorsque ceux-ci seront à la retraite. Il ne me paraît donc pas absurde de concevoir que l'Ircantec réclame une partie des recettes de l'A-A.
- Dans quelle proportion ? Celà mériterait d'être précisé. Il faudrait en effet tenir compte, dans un premier temps, d'une augmentation progressive du nombre de retraités de l'Ircantec, puis avecle temps d'une reduction progressive au fur et à mesure des décés non remplacés par de nouveaux retraités.
- Pour quelle durée ? à priori 50 ans. Là encore cela me paraît plutôt raisonnable. En effet, cette période couvre non seulement les actuels retraités de La Poste, mais également les retraites des salariés actifs d'aujourd'hui qui, pour certains, ne la percevront que dans 40 ans, et jusqu'à leur mort. Ce qui peut mener bien plus loin que 50 ans !

La logique eu été :
- soit que l'Ircantec conserve la gestion de tous les salariés,
- soit que l'A-A reprenne la gestion des retraites de tous les salariés actuels aux conditions de l'Ircantec, et éventuellement les futurs embauchés aux conditions A-A.

Il me semble, dès lors, que ce n'est pas le public qui pille le privé, mais l'A-A a fait ses comptes, et considére qu'il est plus rentable ou politiquement non souhaitable (ne pas créer un précédent) de ne pas prendre en charge les salariés actuels aux conditions de l'Ircantec.

Merci de votre analyse.
Cordialement
Patrick Fournier

Voilà.

Voilà.

Sauf que ce n'est pas l'Ircantec qui décide. C'est bien l'Etat.

- Transférer tout le monde à l'A-A : impossible (et même peut-être illégal, à voir) sans réduire les pensions promises au "postiers". Pas du meilleur effet en ces temps socialement agités.

- Laisser tout le monde à l'Ircantec aurait été de loin la meilleure solution. La plus logique aussi. Sauf qu'une entreprise priv(atis)ée ne peut pas souscrire à l'Ircantec. Hmmm...

- Reste donc : le transfert d'un équivalent équitablement calculé en fonction des taux de cotisation et de rendement, et des effectifs concernés, comme vous dites. Sur ce point là, le calcul est biaisé d'office puisque les cotisations A-A sont supérieures à celles de l'Ircantec, tandis que les pensions sont moindres. De plus, les négociations sont plutôt mal engagées puisque l'Ircantec revendiquerait tous les employés de La Poste, alors que seuls les contractuels ayant été embauchés entre 1990 et 2010 sont concernés. Avant, ils dépendaient du régime d'Etat. Après, ils dépendront de l'A-A.

@micalement

Les retraites des traitres

ca parle de social, ils sont fonctionnaires, elus et ca se la joue perso.. individualistes.. elitistes!
La monarchie republicaine prend place et s'enracine en france!

Votez a gauche c'est comme la messe du dimanche matin.. ca sert a rien mais c'est bon pour la conscience.

D'autres disaient:
"c bon pour le moral"

Au moins ces boulets face a dieu pensent a leur prochain pendant 5 min/semaine... c un bon debut!

Ya les retraites et y'a l'assurance vie aussi... on va bien se marrer quand l'Etat (le roi sarko et ses troupes) va dire:

Mes biens chers freres,
Mes biens cheres soeurs,
repetez apres moi tous en coeur
Vos assurance vie on va vous les pomper pour la gloire,
pas de bougie woogie
pas de bougie woogie
Et vos retraitres vont disparaitre pour les elus et l'espoir.
Pas de boogie woogie
pas de bougie woogie

Maintenant que l'amour est devenue peché mortel!

Priez pour nous!

http://www.youtube.com/watch?v=RC2_Lq-nn34

mon dieu, quelles tronches...

j'ai du mal à te suivre, Anonymous, là où tu dis que la monarchie républicaine "prend place et s'enracine", en France : en fait elle n'a jamais cessé d'exister. Et, en espérant ne pas te couper l'appétit, je te poserai cette simple question : as-tu jamais (comme cela m'est arrivé, hélas) eu un "bon français" très-haut-placé, en face de toi ? Eh bien, je te le dis tout net : tout ça, c'est d'la racaille. Non pas, de la racaille ordinaire, mais de la racaille grandiose. C'est : salopards et compagnie, bien contents d'empocher le poignon de la République (tant qu'elle est là), mais fondamentalement nostalgiques de l'Ancien Régime.

...

...nostalgiques de l'Ancien Régime, mais en oubliant le fait qu'ils y auraient pour la plupart été, au mieux, palefreniers ou bien, pour les plus proches du Pouvoir, porteurs de seaux...

du côté d'la place Vendôme...

d'accord avec toi concernant les porteurs de seaux, Anonymous. Mais, en ce qui concerne les garde-seau (proprement dits) on ne m'enlèvera pas de l'idée qu'il y en a qui auraient passé un sale quart d'heure, en 1793... Mais bon, ça sert à rien de s'faire du mal.

Le riche, quel riche ?

"Le pauvre devra travailler pour le riche" : remarque ambiguë qui amène à opposer le "petit fonctionnaire non nommé" (contractuel) au "petit travailleur du privé". Cette conclusion serait simpliste alors que vous montrez bien que c'est l'Etat qui se sucre sur le dos de tous les petits.

Pauvres VS riches

Bonjour,

"L'Ircantec a pourtant une comptabilité équilibrée", "L'Arrco-Agirc, elle, est aux abois", "Qu'à cela ne tienne, le pauvre devra travailler plus pour... faire gagner plus au riche".

Pauvre = Arrco-Agirc
Riche = Ircantec

Rien à voir avec les adhérents de ces caisses, qui n'ont rien demandé à personne, ni d'un côté, ni de l'autre. Mais je reconnais bien volontiers que la référence au "travailler plus" n'est pas très fine, placée à cet endroit là. Je modifie donc :

"le pauvre devra travailler plus pour... faire gagner plus au riche" devient "le pauvre devra payer pour le riche"

@micalement

Aveladenn

Bonjour,
S'il n'y avait pas autant d'écart sur le rapport entre les cotisations payées et la pension de retraite réelle servie entre ces caisses, ce problème ne se poserait pas.
Le principe « à cotisation égale, retraite égale » correspondant dans l’esprit exact d’égalité à la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 semble bafoué en permanence maintenant. Peut-on y revenir ? (et comment ? car il s’agit d’un acte de gouvernement, et celui-ci ne semble pas avoir compris, à moins que des influences sectorielles ...).
D'autre part les variations d'effectifs cotisants et de retraités sont à prendre en compte depuis les décennies passées et à extrapoler correctement en fonction des catégories sociales correspondant à ces caisses de retraite. Le nombre de fonctionnaires augmente, même s'il doit diminuer au niveau Etat, il augmente gravement au niveau territorial ...
Je n'ai pas trouvé ces courbes d'évolution détaillées.
Mais en fin de compte qui créera et devra créer la nourriture et logements …, pour tous ?
Cordialement.
Aveladenn