Stock options Société Générale Socgen Société Générale : ces stock-options qui démoralisent un capitalisme (pourtant) moralisé societe generale stock options 3776

Quatre dirigeants de la Société Générale ont touché un pactole de stock-options. Devant le scandale, ils ont dû publier un communiqué désopilant dans lequel ils annoncent renoncer à... rien, et que cette attribution est tout à fait conforme au code éthique du MEDEF qui était censé définitivement moraliser le capitalisme. Oups.

Société générale - stock options

Dans le cadre du "plan d'actions et d'options 2009" de la Société Générale, le président Daniel Bouton, le directeur général Frédéric Oudéa, et les directeurs généraux délégués Didier Alix et Séverin Cabannes se sont vus attribuer 320 000 stock-options. Valeur estimée à ce jour : 7,7 millions d'euros. Ce montant peut évoluer de 0 à quelques dizaines de millions d'euros d'ici 2012, c'est le principe des stock-options. Belle récompense (virtuelle) pour des gens qui se sont fait rouler dans 5 milliards d'euros de farine par un meulier de seconde zone (alias Jérôme Kerviel) et dont la survie de la société tient uniquement aux subsides de l'Etat (pour 1,7 milliards) et d'AIG (pour 11,9 milliards) !

"Bizarre", "pas opportun", "indécent", "inadmissible"

"Pas opportun", pour Christine Lagarde, ministre de l'économie. "Bizarre" pour le secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand. "Indécent" pour le porte-parole du gouvernement Luc Châtel. "Inadmissible" pour Nicolas Sarkozy. Et c'est Henri Guaino qui concluait la salve de la majorité de la plus belle des façons : "Il est absolument nécessaire d'être [exemplaire, sinon] on va créer une crise politique majeure [avec un] risque de populisme, de xénophobie, de violence", a déclaré le conseiller (très) spécial de Nicolas Sarkozy. Rien que ça !

Touche pas au grisbi !

Du coup, les heureux gagnants au jeu du Millionnaire de la SocGen se sont résignés, la mort dans l'âme, à publier un communiqué. Ils y déclarent qu'"afin de favoriser un retour à une plus grande sérénité dans le débat sur la rémunération à long terme des dirigeants, les mandataires sociaux du groupe s'engagent à renoncer à lever ces stock options tant que Société Générale bénéficie d'un appui en fonds propres de l'Etat". D'une part, les options n'étant exerçables qu'à partir de 2012, autant dire que le risque pris est proche du zéro. D'autre part, ces sympathiques patrons semblent totalement ignorer le problème éthique soulevé par ce plan, se contentant d'admettre à mi-mots le besoin d'un "retour à une plus grande sérénité".

Respect des codes éthiques du MEDEF

Plus fort, les critères de performance qui leur permettront de récolter le maximum de ces options est basé sur l'évolution de la valeur de l'action de la Société Générale qui devra être "comparable ou supérieure à celle de ses 14 principaux concurrents". Difficile de faire plus flou. Il n'empêche, conclut enfin le communiqué, que ce dispositif "s'inscrit dans le respect strict des règles AFEP/MEDEF". Nous y voilà donc... Comment cet acte "indécent" et "inadmissible" est-il possible alors que les règles du code éthique du MEDEF ont été respectées ? Ces règles qui devaient définitivement assainir le capitalisme le plus débridé ; celui qui nous a mené à cette crise aux allures de fiasco absolu.

Ce n'est jamais que la deuxième fois en deux jours que ce code éthique du MEDEF est battu en brèche... Pas de quoi s'énerver, une charte morale ne devrait pas tarder à régler tous ces menus problèmes...

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

partagez cet article : FACEBOOK partagez cet article : TWITTER partagez cet article : DEL.ICIO.US partagez cet article : GOOGLE partagez cet article : VIADEO 

Catégories :

Salopards...

"les mandataires sociaux du groupe s'engagent à renoncer à lever ces stock options tant que Société Générale bénéficie d'un appui en fonds propres de l'Etat". D'une part, les options n'étant exerçables qu'à partir de 2012, autant dire que le risque pris est proche du zéro."

D'autre part, donner des stocks a une valeur de cours ayant largement dévissée... donc qui a un gros potentiel de hausse la crise passée... Il faudrait être assez bête pour l'exercer maintenant!

C'est vraiment lamentable. Et encore n'est-ce pas le pire:
http://fr.news.yahoo.com/71/20090320/tbs-en-faillite-nortel-va-quand-meme-pou-e07aff9.html

Quand on voit qu'on a refusé les indemnités de licenciement aux employés (pour infos, en france, les employés se sont vus signifier qu'il n'y a plus les moyens d'un plan social!)... et qu'une bande d'ordures va se partager 23M$, achevant ainsi de vivre sur la bête achevée, ça donne vraiment envie de donner raison à Guaino.

tant que

"D'autre part, donner des stocks a une valeur de cours ayant largement dévissée... donc qui a un gros potentiel de hausse la crise passée... Il faudrait être assez bête pour l'exercer maintenant!"

Evidemment, cette pseudo-renonciation relevait du gag. Par définition, quand la SG ne bénéficiera plus d'un appui de l'Etat, ça voudra dire que les actions auront fortement remonté et que ce sera le bon moment pour lever ces options.

http://ftalphaville.ft.com/bl

http://ftalphaville.ft.com/blog/2009/03/20/53827/house-passes-90-tax-on-bonuses/

n'est pas Obama qui veut...

Difficile de faire plus flou.

La condition de performance et sont fonctionnement sont decrites tres precisement dans le document de reference 2009 de la SG. Il suffit de consulter l'information publique et de savoir chercher plus loin que le bout de son nez. C'est basiquement la comparaison de la performance de la mediane des TSR. Elle plutot pas mal fichue quand on s'y connait un peu, même si elle est moins sévère que celle utilisée l'année dernière.

Il y a 5 000 beneficiaires de stock-options et/ou d'actions gratuites en 2009 a la societe generale. Pourquoi reagir uniquement sur les quatres mandataires sociaux? Et les mandataires sociaux des Filiales, et les membres du COMEX? Et les cadres beneficiares? Apres la participation ,l'interressemnt.Tous ou personne.
Et les syndicats de la sg dont les represenatants siegent aux conseil d'administration, entre la decision de Janvier et l'attribution de mars, ils étaient où? Au ski grace au CE?

A la fin, tout ce qui n'est pas attribué à ceux qui bossent 80 heures par semaines apres 10 ans d'etudes dans les banques, c'est pour les actionnaires ou les profiteurs du systeme.

Les montants sont astronomiques et indécents, mais je suis autant choqué par que le fait de savoir que le gars qui distribue le courrier dans les etages de la banque à la défense gagne deux fois ce que gagne une infirmiere aux urgences.

Et les honoraires des commissaires aux comptes, des conseils juridiques qui s'engraissent a chaque nouvelle reglementation/norme comptable. Ils n'attendent que la prochaine loi, taxe ou contribution... Ils ne sont publiés nulle part. Pour vivre heureux vivons cachés.

Quant a AIG qui les perfuse, c'est le principe même d'un assureur. Je t'assure contre un risque, (le defaut d'un emetteur) , le risque survient je t'indemnise.

Quels incompetents ces dirigeants ils exigent que leurs operateurs s'assurent aupres des numéro 1 et 2 (AIG et Lehman) mondiaux du defaut de credit contre le fait que leurs clients ne pourraient pas les rembourser.
Quels salauds ils demandent a l'assureur d'honorer son contrat.

Allons plus loin comme INg, rendons toutes les primes.
Et pour les fonctionnaires aussi, vu le deficit il n'y a pas de raison...Et Danyboon, et Gad Elmaleh, et Kezjman au PSG....

Un début de réponse (très

Un début de réponse (très rapide, désolé) :

Effectivement, les conditions sont précises dans le document de ref 2009.

D'ailleurs, les conditions d'attribution du parachute doré de Thierry Morin était aussi très précises : la société devait notamment être en positif en 2008. Elle est en négatif de 200 millions, mais il profite quand même du pourboire...

Concernant les salariés, les options d'achat étaient fixées à 32 euros, contre 24,45 pour les dirigeants. Peut-être une erreur de frappe ? Ou pas.

@micalement