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Léonard Aman, Ivoirien, a été adopté en 2002 (*) par une famille française, mais en raison d'un passeport irrégulier, il a été expulsé le mois dernier.

Christian Clair connait Léonard depuis son plus jeune âge et l'aide matériellement depuis 25 ans. Léonard a été abandonné par sa mère peu après sa naissance. Son père étant décédé, c'est sa grand-mère maternelle qui le prend en charge. Elle meurt pendant son adolescence, et c'est son demi-frère de 40 ans son aîné qui s'occupe alors de lui. Mais celui-ci décède, laissant Léonard sans famille. Christian Clair, ami de la famille de longue date, lui propose de l'adopter. Ce sera chose faite courant 2002 (*) par "procédure simplifiée", procédure favorisée lors d'adoptions tardives, à 28 ans en l'occurrence. Sauf que l'adoption après les 16 ans n'entraîne pas automatiquement l'acquisition de la nationalité française. Nos législateurs en ont décidé ainsi. 

expulsion de sans-papiers

A la fin de l'année 2002, pour les fêtes, Léonard arrive en France muni d'un visa touristique. Il ne compte absolument pas s'installer en France. Mais en 2003, au moment de retourner dans son pays, la crise politique ivoirienne redouble d'intensité, les liaisons aériennes sont coupées pendant un bon moment, et la famille de Léonard n'est pas très chaude pour le laisser repartir là-bas. En attendant que les choses aillent mieux, son père essaie à plusieurs reprises de renouveler le visa via le Consulat de Lyon. Mais le visa arrive à chaque fois incomplet ou non valable : sans photo, sans cachet, nom mal orthographié. En parallèle, au vu de la situation de guerre civile dans son pays, il pose une demande d'asile, rejetée une première fois, et dont les chances d'aboutir en appel sont minces.

Depuis 2002, il a été contrôlé plusieurs fois à Lyon, avec ce passeport périmé, mais son adoption étant parfaitement enregistrée en France et en Côte d'Ivoire, personne n'y a jamais trouvé à redire. Mais aujourd'hui, la politique du chiffre semble l'emporter sur les considérations "morales". Léonard Aman, qui a choisi de s'appeler Léonard Aman-Clair après son adoption a été arrêté le 6 novembre et expulsé le 17, soit 47 jours avant la fin de la période de 5 ans de vie sur le territoire national, nécessaire préalablement à tout dépôt de demande de naturalisation pour un enfant légal de parents français..... Aucun délit à son actif, casier judiciaire vierge, il était totalement intégré. Il vivait entre Lyon, La Loire et l'Isère où habitent son père, ses oncles, tantes et cousins, qui le connaissent depuis sa jeunesse.

expulsion de sans-papiers

Léonard n'est toutefois pas interdit de territoire, ce serait illégal selon la convention européenne des droits de l'homme. Il peut donc revenir à tout moment en France, sous réserve qu'il obtienne un visa. Et ce n'est pas chose facile : lenteurs et barrières consulaires, billet d'avion acheté d'avance sans garantie, frais de visa, frais de prise de rendez-vous notamment. Déjà en 2002, il avait fallu que son père se rende lui-même en Côte d'Ivoire pour obtenir un visa pour son fils...

A quoi ça sert d'expulser un étranger adopté par une famille française ? Sachant qu'il reviendra, on lui souhaite de tout coeur en tous cas. Sinon incrémenter le compteur. Et puis rien n'empêchera de l'expulser à nouveau, puisque maintenant sa situation est connue... Attendons qu'il revienne, laissons son visa expirer et puis renvoyons-le. Les chiffres ne connaissent pas les noms. Hortefeux ne connait que les chiffres.

C'est juste une histoire d'expulsion de plus. Une suite de mots bien ordonnés, sur une page sans prétention, ça donne une simple histoire triste comme il en existe tant d'autres. Mais racontée par des membres de son entourage proche, ça donne un vrai drame familial. Philippe, ami de Léonard et porte-parole du collectif des amis de Léonard, m'a signalé le cas et raconté l'histoire. Un article a été publié dans "Aujourd'hui en France" du 28 novembre 2007. Je souhaite du courage à sa famille et son entourage, et un "happy end" à l'américaine, car la "joyeuse fin" à la française, je ne pense pas qu'elle soit réellement souhaitable, vu la tournure que prennent les évènements, aujourd'hui en France...

Si vous souhaitez soutenir cette famille, rendez-vous tout de suite sur le site du collectif, créé pour l'occasion. Une pétition y est disponible : http://amisducollectifdeleo.blogspot.com

Merci à Philippe de m'avoir contacté et raconté l'histoire de Léonard. Bon courage !

(*) Correctif du 15/12/2007 14h30 : Léonard a en fait été adopté bien plus tôt, la décision du tribunal de grande instance date du 03/07/98, après une procédure qui a duré 3 ans.

Ajout du 30/12/2007 : cet article est publié dans l'objectif d'être copié, recopié, transféré, retransféré, ..., avec ou sans mention de son auteur ni même du site d'origine.

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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Le racisme est là

Le racisme est là, dans cette France que j’aime tant. Il renaît brutalement. Me serais-je trompé pendant si longtemps, moi, le fils d’un père né en Afrique mais blanc ? Moi qui n’ai jamais vu parmi mes amis, mes connaissances d’ici ou de là-bas, « de bruit, ni d’odeurs », moi qui pensais que la France qui n’est plus grand chose, était encore une lumière. Que de naïveté ! J’étais pourtant né à deux pas de Champagney et fier de mes aïeuls. Mais voilà, tout revient et tout est à regagner : Aujourd’hui à Lyon, on arrête un jeune homme qui sort d’une boulangerie parce qu’il est noir ; on lui met les fers, on l’enferme, puis on l’expulse en moins de dix jours, de nuit. On l’a privé de sa seule famille et de son vieux père, blanc comme le mien….. Et personne au gouvernement n'a honte ?

Jérémy

Le racisme est là

Le racisme est là, dans cette France que j’aime tant. Il renaît brutalement. Me serais-je trompé pendant si longtemps, moi, le fils d’un père né en Afrique mais blanc ? Moi qui n’ai jamais vu parmi mes amis, mes connaissances d’ici ou de là-bas, « de bruit, ni d’odeurs », moi qui pensais que la France qui n’est plus grand chose, était encore une lumière. Que de naïveté ! J’étais pourtant né à deux pas de Champagney et fier de mes aïeuls. Mais voilà, tout revient et tout est à regagner : Aujourd’hui à Lyon, on arrête un jeune homme qui sort d’une boulangerie parce qu’il est noir ; on lui met les fers, on l’enferme, puis on l’expulse en moins de dix jours, de nuit. On l’a privé de sa seule famille et de son vieux père, blanc comme le mien….. Et personne au gouvernement n'a honte ?

Jérémy

C'est possible ça ?

Ouah... j'ai du mal à y croire. Mais tout est possible, aujourd'hui, en France

"Happy end" à la Hollywoodienne

sauf que les scénaristes sont en grève..

Léonard adopté et expulsé.

je ne voudrais pas jouer les rabats joie. Et j'espère me tromper. Par expérience, les préfectures disent que quelqu'un qui est "éloigné" , terme soft d'expulsé n'est pas interdit de territoire. En fait, ces personnes "éloignées" sont en fait interdites de territoire, les consulats trouvant n'importe quel prétexte (qu'ils ne sont pas obligées de justifier) pour refuser le visa touristique ou de longue durée (lequel pour Léonard?) pour revenir en France.

C'est honteux

Pierre. Besançon

Le retour de Léonard

Après son expulsion en décembre 2007 et une longue procédure entachée d'erreurs (?) administratives, le Conseil d'Etat a condamné l'administration française et le ministre de l'intérieur à revoir le cas de Léonard, à lui délivrer un visa en tant que parent de français et à lui verser une indemnité. Léonard est revenu en France en septembre 2010 avec un passeport familial. En mars 2011 a obtenu un titre de séjour de dix ans, encore après des tergiversations de l'administration, et ce malgré le jugement du Conseil d'Etat !

Ceux qui ne connaissent pas leurs droits et ne sont pas aidés auraient baissé les bras depuis longtemps !