Procès Merck Australie fausse revue médicale Procès Vioxx - L'industrie pharmaceutique (à nouveau) sous pression... vioxx merck proces australie scandale industrie pharmaceutique 4346

En Australie se tient actuellement un procès qui oppose un millier de particuliers au groupe Merck. Les plaignants accusent le géant pharmaceutique d'avoir caché les risques d'accidents cardiovasculaires liés à l'utilisation du Vioxx, son médicament phare vendu comme remède miracle entre 1999 et 2004. Un procès riche en révélations...

Scandale Vioxx - Le procès de Merck en Australie

MAJ 20/01/2011 : Lire aussi "Vioxx : Le médoc qui a fait 40 000 morts aux Etats-Unis... et aucun en France ?" qui retrace l'(in)action de l'Afssaps dans cette affaire.

Selon The Australian, rapportant des propos tenus lors du procès, des scientifiques auraient été recrutés par la firme pour signer des publications liées à ses propres recherches, destinées à promouvoir la sécurité de son médicament anti-arthrite Vioxx. Ces documents auraient ensuite été présentés comme le fruit d'études indépendantes pour être finalement relayés par de prestigieuses revues médicales. Par exemple, un article publié dans le journal médical Circulation en octobre 2001 a été rédigé par sept auteurs, dont cinq étaient des employés de Merck, et les deux restant, y compris le Dr Konstam présenté comme l'auteur principal, étaient payés comme consultants.

Fausse revue scientifique

Merck aurait aussi créé de toutes pièces une fausse revue scientifique, "The Australasian Journal of Bone and Joint Medicine", la faisant passer pour une publication officielle et indépendante d'expertise scientifique. La revue se contentait en réalité de reprendre systématiquement les articles scientifiques favorables aux produits de la compagnie. Il s'agissait ni plus ni moins que d'une opération marketing, tellement bien faite que seuls des experts avisés de la presse scientifique pouvaient le comprendre.

Pressions sur la presse

La presse australienne, qui suit ce procès minute par minute, est sous la pression permanente de la cellule de crise déployée par Merck : une équipe impressionnante siège au tribunal tous les jours. Objectif : surveiller ce que les journalistes écrivent, à qui ils parlent et où ils vont pendant les pauses, jusque dans les toilettes ! Les journalistes sont aussi suivis en dehors des tribunaux et régulièrement questionnés. Résultat : avant même que les journaux ne reçoivent les articles de leurs reporters, la firme leur a déjà fait parvenir ses communiqués et lettres d'avocats mettant en avant leur point de vue et avisant les médias d'éventuelles poursuites en cas d'allégations trop violentes.

Les scandales pharmaceutiques se suivent et se ressemblent...

Résumons. Les compagnies pharmaceutiques fournissent elles-mêmes les données nécessaires à l'évaluation des médicaments, en vue d'obtenir les autorisations de mise sur le marché. Elles embauchent des médecins pour réaliser (et falsifier dans certains cas) les essais complémentaires sur les médicaments approuvés. Elles embauchent aussi des pontes de la médecine pour couvrir ses propres recherches et les présenter comme des études indépendantes. Et, enfin, elles inventent des fausses publications médicales pour vanter leurs produits miraculeux. Le tout complété par un démarchage pour le moins agressif auprès des médecins de ville pour leur fourguer leur camelote... Un plan qui se déroule sans accroc, sur le dos de dizaines de millions de patients... accros.

Le Vioxx à l'origine de 27 785 décès

Seule ombre au tableau : chaque année, des dizaines de médicaments sont retirés du marché pour leur dangerosité, alors qu'ils ont passé toutes les étapes des évaluations sanitaires. Au hasard... le Vioxx. La FDA estime que ce traitement largement utilisé contre l'arthrite, a provoqué, entre 1999 et 2004 aux États-Unis, environ 160 000 crises cardiaques et attaques cérébrales. Il serait à l'origine de 27 785 décès. Le médicament a été soustrait des pharmacies en 2004, alors que les rumeurs de dangerosité commençaient à se faire insistantes. En 2007, Merck a conclu un accord amiable avec la plupart des plaignants américains, pour un montant de 4.5 milliards de dollars.

(Sources : theaustralian.news.com.au, theage.com.au, the-scientist.comtheaustralian.news.com.autheaustralian.news.com.au, fda.org)

(Article publié sur le site "Les mots ont un sens")

 

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