90 % du marché, 80 % de la distribution, un droit de vie ou de mort sur les livres. Le problème de l’édition française n’est pas idéologique : il est structurel.
L’arbre Bolloré cache la forêt.
On concentre généralement la critique sur Vincent Bolloré, mais cette focalisation masque un problème bien plus profond et ancien. L’édition française est dominée par une poignée de grands groupes qui contrôlent la production, la diffusion et la visibilité des œuvres et (donc) des idées.
Aucun de ces acteurs ne joue réellement le rôle de contre‑pouvoir, malgré une image d’indépendance soigneusement entretenue. L’extrême droite et les idéologies réactionnaires n’ont pas attendu Bolloré pour être publiées, souvent sous couvert de respectabilité culturelle.
Le scandale n’est pas un homme ou une ligne éditoriale, mais un système verrouillé qui se protège lui‑même.
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