Ils ne manifestent pas. Ils ne font pas de bruit. Mais à Bruxelles, des réseaux religieux ultraconservateurs travaillent patiemment à remettre en cause le droit à l’avortement, au plus près des institutions européennes.
De Trump à Bruxelles : l’internationale anti-avortement
À Bruxelles, pendant qu’on parle droits et libertés, un lobby religieux ultra-conservateur avance masqué pour attaquer le droit à l’avortement au cœur même de l’UE. Symbole de cette offensive : le prédicateur américain multimillionnaire Franklin Graham, proche de Trump, venu prêcher… mais surtout rappeler que « nous vivons dans un monde politique » et qu’il faut utiliser les lois pour riposter.
Derrière lui, un réseau bien huilé de think tanks et groupes de pression (Opus Dei, Heritage Foundation, ADF, MCC hongrois…) arrosés de centaines de millions d’euros, très proches des droites et extrêmes droites européennes, et souvent invisibles mais ultra-actifs.
Résultat : divisions profondes au Parlement européen, votes contre l’accès à l’avortement, arguments démographiques bidons, alors même que deux tiers des Européens y sont favorables et que l’initiative « My Voice, My Choice » a dépassé le million de signatures.
L’exemple polonais montre à quelle vitesse un droit peut sauter, et ces acteurs parient désormais sur un « renouveau religieux » en Europe, persuadés que le continent est « mûr pour la moisson ».