À la RATP, une barbe de quelques jours peut suffire à déclencher une convocation. Des agents racontent comment la laïcité est devenue un outil de surveillance ciblée. Et comment le soupçon s’est installé partout.
Le 16 septembre, la RATP a diffusé une note interne qui pousse les managers à traquer tout ce qui ressemble de près ou de loin à une pratique musulmane, sous couvert de « laïcité ».
On en est à chasser les bouteilles d’eau dans les toilettes, les cartons pliés, les tapis, et même à surveiller les horaires de prière affichés sur le site de la Grande Mosquée de Paris.
Des agents racontent des situations absurdes et humiliantes : l’un a été sanctionné pour avoir prié hors temps de travail, un autre a dû se justifier pour « une barbe de quelques jours ». La note encourage aussi la délation, avec une adresse mail pour signaler tout « soupçon de radicalisation », créant un climat de suspicion généralisée.