On n’a jamais autant parlé. Et pourtant, on ne s’est jamais aussi peu compris. Entre algorithmes, indignation et silence stratégique, la démocratie a perdu sa voix.
Un sourire vaut mieux que mille likes.
À Athènes, l’agora garantissait un débat vivant et équilibré grâce à deux règles clés : l’isegoria (égalité de parole) et la parrhesia (le courage de dire la vérité).
Aujourd’hui, nos agoras sont numériques, mais ce sont les algorithmes — pas les citoyens — qui décident qui est vu, entendu ou ignoré. Résultat : on peut parler librement, mais être entendu devient un privilège, les voix nuancées disparaissent et l’indignation cartonne plus que la réflexion.
Dire la vérité en ligne coûte cher (harcèlement, silenciation, réputation), pendant que l’IA brouille encore plus la frontière entre crédible et manipulé.
La solution n’est pas technique mais éducative : recréer des mini-agoras à l’école pour apprendre à écouter, argumenter, vérifier, se corriger — bref, redevenir des citoyens, pas juste des spectateurs.