On veut protéger les mineurs, mais on construit une machine à identifier tout le monde. Des centaines de chercheurs demandent de freiner : la vérification d’âge à grande échelle, c’est plus risqué qu’il n’y paraît.
371 chercheuses et chercheurs de 30 pays réclament un moratoire sur la vérification d’âge généralisée en ligne, imposée un peu partout sans vrai bilan sur la sécurité, la vie privée, l’égalité et les libertés.
Alors que la France fonce vers l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans (loi votée à l’Assemblée, encore au Sénat) et que le Royaume‑Uni durcit l’« Online Safety », ils préviennent : exiger que tout le monde prouve son âge pour « parler à ses proches, lire l’actu, chercher des infos », c’est un changement massif.
De plus, « mentir sur son âge n’est pas difficile » (VPN, identifiants achetés, faux papiers) et ça pousse vers des services douteux. L’estimation d’âge (biométrie, signaux comportementaux) est jugée intrusive et peu fiable. Et une infra mondiale « de confiance », type HTTPS, ça se construit sur des décennies… avec, au passage, un risque de censure (ex. contenus LGBTQ+).
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