28 places, 67 détenues : à Perpignan, la surpopulation ne « tend » pas le système, elle le tord. Et quand tout craque, ce sont les femmes qui encaissent : activités annulées, déplacements impossibles, dignité grignotée.
À la maison d’arrêt pour femmes de Perpignan, un univers « pensé par et pour les hommes » laisse les détenues sur le bas-côté : 28 places… pour 67 femmes, soit 240 % d’occupation.
Résultat : matelas au sol, insalubrité (jusqu’aux bassines posées à même le sol pour des infestations), règles du code pénitentiaire zappées (même la séparation prévenues/condamnées).
Pour tenir la cocotte-minute, on calme à coups de « cachetons » ; et les activités, censées aider à survivre mentalement, deviennent un privilège, parfois au bon vouloir des surveillantes.
Le plus violent se joue sur le corps : pas de sous-vêtements féminins, protections hygiéniques rationnées (parfois bricolées avec des masques Covid), fouilles à nu y compris pendant les règles. Et plusieurs ex-détenues accusent un médecin de palpations mammaires injustifiées — l’administration, elle, répond par le silence.
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