300 millions de grévistes, ce n’est pas une « journée d’action » : c’est un avertissement. L’Inde urbaine et rurale se met d’accord sur un point : les réformes du travail et les privatisations sentent la casse sociale.
Jeudi 12 février, l’Inde s’est pris un énorme coup de frein avec le mouvement « Bharat Bandh » (« Fermez l’Inde ») : selon les organisateurs, près de 300 millions de travailleurs et de paysans ont fait grève.
Banques, services publics, transports, usines… tout a tourné au ralenti, avec manifs et barrages. Dans le viseur : les quatre nouveaux codes du travail de Modi, accusés d’organiser la casse (licenciements facilités, syndicats fragilisés, grèves rendues quasi impossibles, et même la journée qui peut monter à 12 heures…). Les syndicats dénoncent aussi la privatisation de secteurs stratégiques.
Côté campagnes, les organisations paysannes rejettent l’accord commercial provisoire Inde – États-Unis, vu comme une porte ouverte à des produits agricoles moins chers qui pourraient plomber les petits producteurs et la souveraineté alimentaire. Le gouvernement vend ça comme de la « modernisation ». Eux y voient surtout l’austérité au profit des gros.
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