Fouilles, palpations, possibilité de saisies et d’expulsions… Les 4 000 agents des services internes de sécurité de la SNCF et de la RATP ont désormais des moyens d’action renforcés.
À partir du lundi 30 mars 2026, en conséquence du décret n° 2026-216 du 28 mars 2026 ↗, les services de sécurité des polices ferroviaires SNCF et RATP gagnent des « pouvoirs supplémentaires » : fouilles, palpations, saisie d’armes ou d’objets dangereux, patrouilles autour des gares et stations, et confiscation de marchandises (liées à la vente à la sauvette par exemple). Et éjection des « individus indésirables » qui troublent l’ordre public. Avec ou sans élan ?
Prochain arrêt : Calvaire
Ce train de mesures arrive juste après le décret n° 2026-101 du 13 février 2026 ↗, qui autorise le recours à des équipements de contrainte, comme le pistolet à impulsion électrique par exemple. Issu de la loi de Philippe Tabarot, destinée à « rendre les transports collectifs plus attractifs » disent les médias via l’AFP ↗ : attractifs… pour les amateurs de Fortnite IRL ?
Dilution de responsabilité
Tout cela inquiète légèrement Anthony Caillé, policier syndicaliste, sur son blog Mediapart :
« Cette évolution n’est pas neutre. Elle vient fragiliser un principe fondamental de l’État de droit : celui du monopole de la violence légitime exercé par des agents publics, formés, encadrés et responsables devant la loi. »
« La multiplication des acteurs rend plus difficile l’identification des responsabilités […] Plus les pouvoirs de contrainte se diffusent, plus leur encadrement s’affaiblit. La question n’est donc pas seulement celle de l’efficacité. Elle est démocratique. Qui exerce la contrainte ? Au nom de qui ? Et sous quel contrôle ? »
Anthony Caillé rappelle aussi que, dans ces boîtes, les formations « ne sont pas de même niveau » : à la SNCF, elle dure environ huit mois, à la RATP, elle est de moins de quatre mois. Peut-être parce qu’il y a moins de noms de stations à apprendre… ?
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