Corvéables à merci et livrés à eux-mêmes, les internes sont devenus la variable d’ajustement d’un système de santé à bout de souffle.
L’hôpital public craque, et ses internes paient le prix fort.
L’art d’achever les soignants.
Elise, 23 ans. Brillante, elle rêvait de chirurgie. « Bébé interne », des semaines de dingue frôlant les 100 heures, des gardes où l’on n’a « même pas le temps d’aller aux toilettes ». Balancée en première ligne face à la mort sans filet de sécurité, la pression est ingérable.
Sa mère raconte comment les gardes traumatisantes ont eu raison d’elle. Le patient décède, l’interne trinque, livrée à elle-même. Décompensation brutale et boîte de médocs avalée, qu’elle s’était elle-même prescrite.
Aujourd’hui, les carabins (étudiants) tiennent la baraque pour des clopinettes (moins de 2000 balles/mois). Mais le (vrai) prix est bien plus cher. Un quart des internes sont hantés par le suicide.
Un suicide d’interne tous les 18 jours.
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