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| 29/01/2026

Interpol détournée par les régimes autoritaires pour traquer leurs opposants

Image d’illustration © Arte|Capture YT

Interpol promet « un monde plus sûr ». Mais pour des milliers d’opposants, militants et journalistes, l’organisation est devenue un piège mondial. Une fuite de documents révèle comment la police internationale sert, en réalité, la répression politique.

Interpol : un monde plus sûr… pour les autoritaires.

Interpol, censée traquer les pires criminels, est en réalité massivement détournée par des régimes autoritaires pour pourchasser opposants, journalistes et militant·es partout dans le monde.

Grâce aux notices rouges, souvent secrètes et très mal contrôlées, des États comme la Russie, la Chine, la Turquie ou le Tadjikistan provoquent arrestations arbitraires, fichage abusif et harcèlement transnational, parfois jusque dans des pays démocratiques.

Les garde-fous existent sur le papier, mais ils sont débordés : en 2024, près de 50 % des dossiers russes examinés étaient illégitimes, et les services de contrôle reconnaissent être sous pression permanente.

Même quand Interpol corrige le tir, c’est souvent trop tard, comme pour Paul Watson, bloqué pendant 13 ans par une notice japonaise : « À cause d’Interpol, j’ai manqué les funérailles de mon frère et de mes meilleurs amis. »

Pire encore, les abus ne se limitent pas aux notices rouges : messageries internes, bases de données secondaires, faux signalements… Interpol est devenue, selon les documents fuités, une arme d’oppression politique clé en main.

Interpol affirme avoir renforcé ses contrôles pour éviter les abus des notices rouges, mais face aux questions concrètes, sa direction reste floue, sans mesures claires ni engagement chiffré, ce qui rend ces promesses largement insuffisantes.