Pensée pour garantir la liberté de conscience, la laïcité est aujourd’hui mobilisée pour contrôler des comportements et désigner des coupables. En quelques décennies, elle est passée d’outil de coexistence à instrument politique. Et ce glissement n’a rien d’anodin.
Faire société… en effaçant les autres.
The Conversation montre que la laïcité, pensée au départ pour protéger la liberté de conscience, est devenue peu à peu un outil de contrôle qui cible surtout certaines populations, en particulier les musulmans.
Depuis l’affaire des foulards de 1989, elle est passée d’un principe juridique discret à une valeur identitaire brandie comme symbole de la « civilisation française », avec des lois comme celles de 2004 ou 2021 qui rompent clairement avec l’esprit initial.
Cette dérive va de pair avec la montée de l’extrême droite, qui utilise la laïcité pour défendre une vision fermée du « vrai peuple » et justifier l’exclusion. La tolérance, au cœur des droits de l’homme, ne consiste pas à renoncer à nos désaccords mais à reconnaître les autres comme des égaux, quoi qu’ils pensent. Ce que la France peine à faire, comme le montre le rapport 2025 du Défenseur des droits sur les discriminations visant massivement les femmes musulmanes voilées.