Un livre qui n’est plus en rayon, mais une librairie perquisitionnée. À Paris, Violette and Co fait l’expérience brutale d’un État qui préfère fouiller plutôt que débattre. Et pose une question simple : jusqu’où ira le soupçon politique ?
La librairie féministe et lesbienne Violette and Co, à Paris, s’est fait perquisitionner le 7 janvier 2026 par cinq policiers et un procureur adjoint pour un livre de coloriage pro‑palestinien… qu’elle n’avait déjà plus en stock.
Le livre, From the river to the sea, est accusé par les autorités d’inciter à la haine, sur la base d’un avis administratif confidentiel dont la librairie et l’éditeur n’avaient pas été informés.
Résultat : fouille complète, caméras-piétons, audition prévue, zéro livre saisi, mais un gros choc pour les salariées, qui parlent d’un dispositif « inédit et disproportionné ». La librairie dénonce clairement une manœuvre d’intimidation politique : « surveiller, intimider, dissuader », et rappelle qu’elle vendait ce livre sans bénéfice, au profit d’ONG à Gaza.
Pour beaucoup de libraires et de syndicats, cette affaire marque un cap inquiétant : les librairies indépendantes deviennent une cible directe dans une dérive autoritaire assumée.