Laurence Parisot souhaite supprimer la durée légale du temps de travail : la France sortira-t-elle de l'OIT ?  - Code du travail Défenseur des droits Droits de l'Homme Droits humains Économie Laurence Parisot MEDEF Ministère de l'économie Organisation Internationale du Travail (OIT))
| 24/11/2007

Laurence Parisot souhaite supprimer la durée légale du temps de travail : la France sortira-t-elle de l'OIT ?

Image d’illustration © 704417|Pixabay|CC0 or Pixabay

Laurence Parisot, présidente du MEDEF, lance sa deuxième charge contre le code du travail, mais beaucoup moins virulente que la première, contrairement aux apparences. A la fin de l’année dernière, on se souvient que Madame Parisot avait largement condamné… le code du travail, rien que ça ! Elle avait affirmé que le contrat devait prévaloir sur la loi, et que le code du travail devait être abandonné, au bénéfice de la négociation entre le patron et le salarié. Aujourd’hui, sa requête semble donc atténuer sa position d’antan.

Mais le cœur du problème, pour ma part, est ailleurs. Car c’est son rôle, finalement, en tant que représentante du grand patronat, de vouloir casser les règles contraignantes à son égard.

Madame Parisot n’est pas idiote. Elle réfléchit, elle pense, elle raisonne (espérons le tout du moins). Cette sortie sur le temps de travail arrive quelques jours seulement après la dénonciation par l’Organisation Internationale de Travail du CNE (Contrat Nouvelle Embauche), que Parisot avait qualifié de premier pas qui devait être approfondi et généralisé.
 
Or la convention de l’OIT a valeur de traité international et est contraignante. Que dit le premier article de la convention OIT ? Que la durée de travail ne doit en aucun cas dépasser 48h par semaine. Cette limite est aussi inscrite dans la loi européenne.
             

 La seule façon pour la France de supprimer la durée légale du temps de travail serait donc de sortir à la fois de l’OIT et de l’Union Européenne… à moins qu’il s’agisse uniquement de décrédibiliser l’organisme international ? Ou de continuer ce petit jeu de mots entre le patronat et le gouvernement du « je dis que je veux tout, tu ne me donnes que beaucoup, ça passera mieux ».

(Billet rédigé en « complément » de celui d’Olivier Bonnet => ici)

Les mots ont un sens