Pas de gratte-ciel, pas de feux tricolores, mais un policier qui danse au carrefour. Le Bhoutan ne refuse pas la modernité : il l’encadre, la tempère et la remet à sa place.
Le Bhoutan est un pays qui refuse la précipitation. Dès l’atterrissage à Paro, spectaculaire et sans droit à l’erreur, le ton est donné : ici, rien n’est fait pour aller vite.
Thimphu, la capitale, compte 115 000 habitants, pas de feux rouges, pas de gratte-ciel, un policier qui danse pour réguler la circulation. Modernité discrète, traditions visibles : smartphones d’un côté, gho traditionnel de l’autre.
Le pays avance guidé par le « bonheur national brut », né dans les années 1970, qui privilégie gouvernance, culture, nature et durabilité plutôt que la seule croissance. Résultat : tourisme contrôlé, urbanisme encadré, 70 % de forêts et une empreinte carbone négative.
La religion bouddhiste structure tout sans jamais s’imposer, ponctuant le quotidien. Historiquement, le Bhoutan s’est unifié autour de forteresses-monastères, les dzongs, toujours centrales aujourd’hui. Longtemps isolé par choix, il s’est ouvert à petits pas : routes en 1962, télé et Internet en 1999, démocratie parlementaire en 2008. Un pays qui progresse, mais à son rythme, sans lâcher ce qui le tient debout.