En séquençant le génome de ses individus, les scientifiques ont pu reconstruire l’histoire de la population. Résultat : nulle trace de réduction de la diversité génétique, qui aurait été constatée si le nombre d’habitants avait chuté.
Pendant des années, l’île de Pâques a servi d’exemple choc : une société qui se serait autodétruite en pillant ses propres ressources. Problème : ce récit ne tient plus.
Des études récentes, dont une analyse ADN publiée dans Nature, montrent que la population rapanui n’a pas connu d’effondrement brutal avant l’arrivée des Européens. Pas de chute génétique, pas de surpopulation à 15 000 habitants : plutôt une population stable, autour de 3 000 à 4 000 personnes.
Les chercheurs parlent même d’un système de subsistance durable, adapté à un milieu isolé. La phrase qui résume tout : « une population en croissance constante jusqu’au contact européen ». Le vrai drame arrive après : maladies importées, massacres, esclavage. Entre 1862 et 1863, des navires péruviens enlèvent environ 1 400 habitants. Conclusion : l’écocide local est un mythe pratique. L’effondrement, lui, est colonial.