Un simple « problème administratif ». Menottes, dortoirs surpeuplés, nourriture périmée. Julien Pereira raconte comment l’administration migratoire états-unienne transforme des vies ordinaires en cauchemar.
Du rêve américain au cauchemar états-unien.
Julien Pereira, Français arrivé aux États-Unis à 17 ans en règle pendant sept ans, se retrouve soudainement déclaré illégal à cause d’un problème administratif relevé par son employeur.
Arrêté à la frontière canadienne (il voulait quitter les États-Unis pour éviter les problèmes), il est menotté « comme un criminel », transféré de centre en centre, et plongé dans des dortoirs surpeuplés où « on n’a plus de nom, on est un numéro ».
Nourriture avariée, lumières allumées 24 h/24, appels hors de prix : en un mois, il perd 7 kilos et le moral, dans ce qu’il décrit comme une « usine à détenus » gérée par le privé.
Libéré sous caution à 3 h du matin, lâché sans argent ni papiers à la frontière mexicaine, il est aidé par une association locale. De retour en France, il prévient : « Ça peut arriver à n’importe qui », et conclut que si l’Amérique lui a donné sa chance, son système migratoire est devenu « inhumain ».