Pendant des années, le pétrole libyen s’est échangé dans des circuits parallèles, loin des majors et de la transparence. Avec l’accord TotalEnergies–ConocoPhillips, Tripoli tente une rupture nette : moins d’intermédiaires, plus d’institutions.
La Libye signe un méga-deal pétrolier de 25 ans avec TotalEnergies et ConocoPhillips : 20 milliards $ d’investissements, + 850 000 barils/jour : un retour en force des majors.
Mais le vrai tournant, c’est la fin progressive du système de troc opaque, qui permettait à des intermédiaires douteux, souvent basés aux Émirats, de siphonner la rente pétrolière. Huit sociétés sorties de nulle part, dont BGN à Dubaï ou Arkenu liée au clan Haftar, ont brassé des milliards en dehors du monopole officiel de la NOC.
Sous pression, Tripoli coupe le robinet : le troc est officiellement stoppé en mars 2025, et la NOC impose désormais des ventes directes, sans courtiers, avec des partenaires tenus à la transparence.
En toile de fond, les États-Unis reviennent dans le jeu — « le système de troc était l’outil », résume un ancien conseiller — et la Libye pourrait bien servir de modèle pour d’autres pays comme le Soudan du Sud.